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CICATRISATION : Ce qu’il faut savoir pour la diriger, même à domicile

Actualité publiée il y a 2 mois 3 semaines 5 jours
Soin de plaie
Les plaies ponctuent les évènements (accident, chirurgie, chute), les âges (ex : ulcères du sujet âgé ou escarre du patient alité) et les maladies (ex : plaie du pied diabétique) et toute personne sera « porteuse de plaie » au cours de sa vie (Visuel Adobe Stock 169945454)

 

 

Les plaies ponctuent les évènements (accident, chirurgie, chute), les âges (ex : ulcères du sujet âgé ou escarre du patient alité) et les maladies (ex : plaie du pied diabétique) et toute personne sera « porteuse de plaie » au cours de sa vie.

Le soin de plaie, appelé aussi « soin de pansement », fait ainsi partie de l’exercice quotidien des soignants, en ville ou à l’hôpital mais échoit aussi aux professionnels de la santé scolaire ou de la santé au travail, aux aidants naturels et parfois aux proches.

 

En dépit de l'augmentation des connaissances et du développement de nouvelles techniques (thérapie par pression négative ou TPN par exemple) et de dispositifs de pansement innovants (pansements modernes, bioactifs ou intelligents), les professionnels de santé rencontrent chaque jour des plaies difficiles à cicatriser. Ce type de situations, de plus en plus fréquent, entraîne une augmentation du stress et de l'anxiété pour tous les acteurs, patients et soignants et génère un fardeau considérable pour les systèmes de santé.

 

Si certaines plaies sont complexes à gérer, si le vieillissement des populations accroît la prévalence de ces plaies, il est essentiel de revenir toujours, lors de leur évaluation, de leur soin et de leur surveillance aux grands principes qui doivent conduire à leur cicatrisation.

Ces connaissances de base constituent une condition à la « cicatrisation dirigée »,

un concept de soin ayant pour objectif de respecter et de favoriser le processus spontané de réparation cutanée. Bien que visant un processus naturel, ce protocole de soin nécessite à la fois une bonne connaissance des différentes étapes de la cicatrisation, des grands types de plaies et des grandes familles de pansements disponibles sur le marché.

 

Quelques rappels de base sur la physiopathologie des plaies et leur processus de cicatrisation pour mieux maîtriser la réalisation de ces soins.

 

Les 3 phases de la cicatrisation : la cicatrisation dirigée ayant pour objectif de créer les conditions optimales d’une cicatrisation naturelle de la plaie, elle passe par une reconnaissance et une surveillance des différentes phases de la cicatrisation. 3 phases se succèdent ainsi au cours d’une cicatrisation spontanée :

  1. la détersion, qui vise à éliminer les tissus morts ou nécrosés et se produit en théorie naturellement via l’action d’enzymes protéolytiques (leucocytes, macrophages et bactéries de la peau). Cette phase devra parfois être « aidée » par une détersion mécanique (curette par ex.) ou autolytique (pansement) ;
  2. le bourgeonnement, une étape de comblement de la perte de substance, permise par la croissance de nouveaux vaisseaux combinée à la migration des fibroblastes. Cette étape est favorisée, on le sait aujourd’hui, par le maintien d’un milieu humide de la plaie ;
  3. l’épidermisation ou épithélialisation, dernière phase avant la fermeture, recouvre « le bourgeon », grâce à un mouvement centripète des kératinocytes des berges jusqu’au lit et au centre de la plaie.

 

La connaissance de ces 3 étapes, dont la durée peut différer en fonction de l’étiologie, la localisation, l’étendue de la plaie offre des repères indispensables au suivi de la cicatrisation.

 

Les grands types de plaies sont également déterminants dans les soins à apporter. Ainsi si les plaies aiguës cicatrisent selon la séquence décrite précédemment, les plaies chroniques ou à retard de cicatrisation ne suivent pas la séquence de réparation normale. Les soignants, face à ce type de plaies, doivent alors

immanquablement se poser la question des causes et facteurs de la plaie,

pour pouvoir les corriger et réunir ainsi à nouveau les conditions nécessaires à une évolution normale de la plaie. Les facteurs possibles sont multiples (état général du patient, présence de corps étrangers, prise d'un médicament, tabagisme ou dénutrition) et le soignant et l’aidant devront au préalable prendre le temps d’identifier ces causes du retard de cicatrisation.

 

Plusieurs types de plaies (plaie sèche ou plaie exsudative, plaie cavitaire, plaie infectée) coexistent au sein de ce groupe de plaies complexes. Identifier ces caractéristiques va déterminer, tout autant que le stade de cicatrisation, la prise en charge thérapeutique et le choix du dispositif de pansement.

 

Toute une gamme de pansements "ciblés" : des progrès considérables ont été accomplis dans le domaine de la cicatrisation et il est impossible de proposer un tableau exhaustif des dispositifs médicaux, différenciés en classe, forme et taille et en fonction de leurs indications. On rappellera néanmoins que le soignant doit choisir le pansement en fonction du type de plaie, et après une évaluation clinique très précise. Quelques grands principes peuvent néanmoins être rappelés :

 

  • pour les plaies sèches, on préfèrera les pansements hydrocolloïdes disponibles sous forme de plaque adhésive, de poudre ou de patchs ; les pansements tulle ou interface qui limitent le traumatisme et la douleur au moment du retrait ; les pansements à l'acide hyaluronique sous forme de crème, compresses ou spray; les hydrogels en cas de nécrose ou de fibrine sèche, sous forme de plaques, de compresses imprégnées et de gel, peuvent permettre l'humidification de la plaie ;
  • pour les plaies exsudatives, les alginates, les pansements en fibres à haut pouvoir d’absorption (fibres de CMC ou hydrofibres), les hydrocellulaires pour les exsudats modérés à importants, peuvent permettre d’absorber les exsudats tout en maintenant un milieu humide sur la plaie ;
  • pour les plaies infectées, outre le cas échéant, un traitement antibiotique après un prélèvement local, les pansements au charbon actif, disponibles sous forme de plaques et de compresses vont absorber mauvaises odeurs et les pansements à l'alginate de calcium vont absorber les germes de la plaie.

 

Les dispositifs de pansement, parce qu’ils sont aujourd’hui bien « ciblés » sur un type de plaie et un stade de cicatrisation, permettent d’apporter au patient porteur de plaie, un soin personnalisé et au soignant un bon niveau de qualité des soins.

 

Mais, en contrepartie, leur bon usage nécessite une formation et une actualisation continue des connaissances de la part des soignants.