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COGNITION : Les cerveaux plus gros sont-ils forcément plus intelligents ?

Actualité publiée il y a 1 mois 1 semaine 4 jours
Psychological Science
La taille du cerveau, c’est 2% de variabilité aux tests cognitifs

Mieux comprendre les facteurs biologiques liés aux performances cognitives pourrait permettre aussi d'identifier les circonstances environnementales dans lesquelles nous pouvons le mieux maintenir notre santé cognitive. En combinant un ensemble de données plus large que toutes les études précédentes sur le sujet, les chercheurs de l’Université de Pennsylvanie identifient ici, dans la revue un lien étroit mais significatif entre la taille du cerveau et les performances cognitives.

 

L'idiome anglais "highbrow" (plus couramment : « intellectuel »), dérivé d'une description physique d'un crâne sur mesure pour contenir le cerveau, découle d'une croyance ancienne de l'existence d'un lien entre la taille du cerveau et l'intelligence. Depuis plus de 200 ans, les scientifiques recherchent la preuve une telle association. Cette quête, commencée sur la base de mesures approximatives, telles que l’estimation du volume du crâne ou du tour de tête, est devenue plus complexe au fil du temps, en particulier avec l’avènement de l’IRM qui permet une évaluation extrêmement précise du volume du cerveau. Cependant, en dépit de l’IRM, la relation est restée peu précise, de nombreuses études n’ayant pas pris en compte les facteurs de confusion possibles, comme la taille et le statut socio-économique. De plus, les auteurs de cette nouvelle étude font état d’un biais de publication, suggérant que n’ont été publiés que des résultats plus remarquables.

 

L’étude, la plus importante sur le sujet, menée par des chercheurs de la Wharton School de l'Université de Pennsylvanie et de la Vrije Universiteit (Amsterdam) fait avancer la recherche et clarifie le lien. Cette analyse de données d'IRM de taille du cerveau mises en relation avec des résultats aux tests cognitifs et les niveaux d’études de plus de 13.600 participants montre, dans la continuité e précédentes études, une relation positive entre le volume du cerveau et la performance cognitive. Avec néanmoins des réserves importantes.

 

« L'effet est là », déclare l’auteur principal, Gideon Nave, professeur de marketing à Wharton : « En moyenne, une personne avec un cerveau plus gros aura tendance à mieux réussir aux tests de cognition qu'une autre avec un cerveau plus petit ».

 

La taille du cerveau, c’est 2% de variabilité aux tests cognitifs : mais la taille ne représente qu'une petite partie de l'image et n’explique qu’environ 2% de la variabilité de la performance aux tests. « 100 cm2 de cerveau augmenterait le nombre d'années de scolarisation d'une personne moyenne de moins de cinq mois ». Ainsi d’autres facteurs sont très majoritairement responsables de (98%) la variation de la réussite aux tests cognitifs. Cependant, l'effet taille du cerveau-cognition, reste, même « à 2% » statistiquement significatif et pour bien faire, les tests à venir devraient contrôler le volume cérébral total. La taille est également en corrélation avec des performances cognitives car elle l’est aussi avec une taille plus élevée du cerveau.

 

La question de l’héritabilité : les conclusions à tirer de ces données pourraient être plus complexes : un cerveau plus volumineux, est un trait très héréditaire. Sous cet angle, l'association entre un cerveau plus volumineux et la performance d'un test pourrait simplement refléter l’influence de la parentalité sur la cognition ?  

 

La question du sexe : l'une des conclusions notables de l'analyse concerne les différences entre hommes et femmes. Tout comme c’est le cas pour la taille, il existe une différence significative entre le volume du cerveau des hommes et des femmes, qui pourtant ne se traduit pas par une différence de performances cognitives. Un examen plus fin des scanners du cerveau peut expliquer ce résultat : chez les femmes, le cortex cérébral, la couche externe de la partie antérieure du cerveau, a tendance à être plus épais que chez les hommes. Cela pourrait expliquer le fait que, malgré des cerveaux relativement plus petits en moyenne, il n'y a pas de différence réelle de performances cognitives entre les hommes et les femmes…

 

 

C’est donc une contribution modeste mais tout de même importante qu’apporte cette étude à la compréhension des différences en matière de santé cognitive. D’autant que sa méthodologie est optimisée avec une bonne prise en compte des facteurs de confusion possibles (le sexe, l'âge, la taille, le statut socio-économique et la génétique du participant-UK Biobank). Mais là encore, certains facteurs autres, dont la parentalité, l'éducation, la nutrition ou encore le stress sont des contributeurs probables et qui n'ont pas été spécifiquement testés dans l'étude. Bref, ces conclusions marquent une petite étape vers une meilleure compréhension des fondements biologiques de la performance cognitive et des facteurs environnementaux qui y contribuent.

Comme concluent les chercheurs, « nous n’avons fait que gratter la surface de l'iceberg ».

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