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COINFECTION GRIPPE et COVID : Quand les 2 virus se rencontrent, quels effets ?

Actualité publiée il y a 2 mois 1 semaine 2 jours
Journal of Virology
Si l'hôte contracte le virus de la grippe A en premier, la réponse à cette infection peut supprimer de manière significative la virulence du SRAS-CoV-2 (Visuel Fotolia 206195874)

On aurait pu craindre un effet démultiplié d’une co-infection par le virus de la grippe A et le SARS-CoV-2, responsable de la maladie COVID-19, mais cette recherche de la New York University se veut rassurante : elle suggère, « au contraire », que la co-infection par la grippe A semble inhiber la réplication du coronavirus dans l’infection à SRAS-CoV-2. En d’autres termes, si la coinfection du SRAS-CoV-2 et du virus de la grippe A ne modifie ni la trajectoire ni la gravité du virus de la grippe A, quel que soit le moment, si l'hôte contracte le virus de la grippe A en premier, la réponse à cette infection peut supprimer de manière significative la virulence du SRAS-CoV-2, selon ces données publiées dans le Journal of Virology, une revue de l'American Society for Microbiology.

 

Plusieurs études cliniques se sont penchées sur la coinfection par le SRAS-CoV-2 et d'autres virus, mais sans pouvoir préciser les processus viraux en jeu et les conséquences chez l’Homme.

 

« Pourtant la recherche est primordiale à quelques mois de la reprise de la saison grippale et de la circulation de 2 virus à ARN respiratoires à fort potentiel pandémique, le SRAS-CoV-2 et la grippe A. Alors que ces 2 virus infectent les voies respiratoires et peuvent entraîner une morbidité et une mortalité élevées, il était impératif que nous comprenions mieux les conséquences de la coinfection ».

Le virus de la grippe A interfère avec la réplication du SRAS-CoV-2

L’étude : des expériences menées in vitro, sur des cultures cellulaires et in vivo sur un modèle animal exposé aux 2 virus simultanément et examiné aux jours 1, 3, 5, 7 et 14 après l'infection, révèle :

 

  • une interaction entre les 2 virus, constatée notamment dans les poumons et de manière durable, durant plus d’une semaine après l'élimination de la grippe A ;
  • cela suggère qu’il existe des facteurs intrinsèques ou induits par le virus de la grippe A qui viennent limiter la croissance et la réplication du SRAS-CoV-2, sans que le rôle de ces différents facteurs sur la non-sévérité de la maladie COVID soit parfaitement identifié ;

Ces conclusions forment ainsi

un exemple de la façon dont la réponse immunitaire à un premier virus peut fournir une protection contre le SRAS-CoV-2 (immunité croisée).

De manière plus immédiate et plus pratique, ce sont des résultats rassurants suggérant que la coinfection n'entraîne pas une aggravation de la maladie.