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COVID-19 : Animaux domestiques, quel risque ?

Actualité publiée il y a 4 mois 3 semaines 3 jours
Vector-Borne and Zoonotic Diseases

On sait que le nouveau coronavirus SARS-CoV-2 a pour source un réservoir animal. Cependant, au-delà de la connaissance génétique et biologique du virus, comprendre l'impact de COVID-19 sur les animaux de compagnie -et les animaux d’élevage- est essentiel pour garantir un contrôle optimal sur la propagation de la maladie. Cette revue et méta-analyse de la littérature nous rappelle les quelques données existantes sur ce mode de transmission possible, et confirme le besoin critique de nouvelles recherches en particulier sur le risque de transmission des animaux domestiques à l'Homme.

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Car les scientifiques à ce jour n’ont aucune certitude sur la capacité de SARS-CoV-2 à infecter certaines espèces animales, sur la transmissibilité de l'infection entre les humains et ces animaux, notamment nos animaux domestiques, ainsi sur l'impact possible de l'infection sur la sécurité alimentaire et l'économie.

Une première déclaration non-fondée a, dans les jours qui ont suivi, entraîné la mort de milliers d’animaux.

Cette revue de la littérature sur le sujet nous propose un historique des études réalisées sur le sujet, en rappelant que cette nécessité d'évaluer le statut des animaux de compagnie en ce qui concerne le SRAS-CoV-2 était soulevée pour la première fois le 29 janvier, alors qu’un des experts de la Commission chinoise de la Santé appelait les propriétaires d'animaux de compagnie à prendre plus prendre soin de leurs animaux de compagnie, indiquant que « le virus se transmet entre mammifères » et appelant, en cas de contact de l’animal avec une personne infectée, à mettre également l’animal en quatorzaine. Cette déclaration a, dans les jours qui ont suivi, entraîné la mort de milliers d’animaux.

 

Pourtant, aucune donnée scientifique n’étaye l’affirmation que les animaux domestiques puissent transmettre le coronavirus. L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) s’est alors inscrite en contre de l’existence de telles preuves.  

 

  • Le 26 février, le Département de l'agriculture de Hong Kong annonce qu'un chien de compagnie d'un patient COVID-19 est testé « faiblement positif » par RT-PCR, en dépit de l'absence de symptômes- qui suggère alors que le virus peut vivre à l'intérieur de l’hôte animal, « qui pourrait secréter et propager » le virus ;
  • Le 2 mars, l'Agence française de sécurité sanitaire ANSES est invitée à donner un avis sur le rôle possible des animaux domestiques dans la propagation du SRAS-CoV-2. Après revue des rares études  menées chez des souris transgéniques exprimant la forme humaine du récepteur ACE2 pour le SRAS-CoV-2, l’ANSES conclut que « des études supplémentaires sur les interactions entre le SRAS-CoV-2 et les différentes espèces animales, en fonction de la distribution de l'ACE2 dans les tissus et d’autres facteurs, sont nécessaires.
  • Début mars, le Ministère de la Santé de Singapour précise que les animaux de compagnie ne doivent pas être considérés comme un « vecteur sérieux de transmission » et qu'il n’existe aucun plan pour isoler, rechercher des contacts pour les animaux de compagnie ou exercer une quelconque forme de quarantaine pour les animaux !
  • Le 13 mars, un laboratoire leader mondial du diagnostic vétérinaire (IDEXX) annonce avoir testé 3.500 chiens, chats et chevaux (États-Unis et Corée du Sud) par RT-qPCR et n’avoir obtenu aucun résultat positif. Seule limite, si les animaux testés provenaient de zones touchées, on ignore si certains vivaient en compagnie de personnes COVID-19. Le même jour, l'OMS confirme que « les animaux de compagnie sont généralement à l'abri de l'infection par le coronavirus » tout en admettant «que les animaux de compagnie peuvent être infectés, sans aucune preuve cependant qu’ils peuvent développer ou propager la maladie ».
  • Les experts des grandes organisations sanitaires telles que les CDC, l'OIE et l'OMS indiquent ainsi qu'il n'y a aucune preuve suggérant que les chiens et les chats de compagnie peuvent être une source d'infection par le SRAS-CoV-2.
  • Le 19 mars, un deuxième chien est testé positif par RT-PCR à Hong Kong. Entretemps, le premier chien s'est révélé positif pour les anticorps spécifiques du SRAS-CoV-2, confirmant que le test initial n'était pas un faux positif.
  • Le 27 mars, le premier chat a été diagnostiqué positif avec COVID-19 en Belgique et l’animal a développé des symptômes respiratoires et entériques et a mis 9 jours à se rétablir. Le comité scientifique de Belgique s’est alors déclaré dans l’incapacité d'évaluer le risque de transmission de l'animal à l'homme.
  • Le 3 avril, une étude chinoise (site de prépublication BioRxiv) menée sur100 chats errants et domestiques de Wuhan identifie la présence d’anticorps anti-SARS-CoV-2 chez environ 15% des animaux.
  • Le 18 avril, 2 chats sont testés positifs pour le SRAS-CoV-2 à New York. Les 2 propriétaires des 2 animaux étaient également positifs au COVID-19.

 

La réplication du virus semble vaiable selon l'animal hôte : courant avril, plusieurs études citées par les auteurs, montrent que le virus se réplique efficacement chez les chats, qu'il provoque des maladies graves chez les chats juvéniles et qu'il existe une transmission par gouttelettes des chats infectés aux chats naïfs. Les tests RT-qPCR révèlent également la présence d'ARN ou d'antigène dans l'épithélium respiratoire et intestinal des animaux infectés. D’autres études suggèrent que le virus ne se réplique pas efficacement chez les chiens, les canards, les poulets et les porcs, mais efficacement chez les chats et les furets, chez qui une expression plus élevée du récepteur ACE est constatée dans les poumons.

Alors la surveillance du SRAS-CoV-2 chez l’animal domestique devrait-elle être considérée ?

En réalité, ces cas de détection du coronavirus chez des animaux et d’autres encore cités par les chercheurs ne répondent pas aux questions qui méritent d’être posées :

  • la capacité de transmission de l’infection des animaux domestiques à l'Homme- qui pourrait contribuer à la propagation communautaire de la maladie ;
  • l'impact de l’infection des animaux sur la sécurité alimentaire ;
  • enfin en matière de sécurité nationale si le virus infecte les chiens de détection dont l’odorat, utilisé pour le suivi et la détection d'explosifs et de stupéfiants, pourrait être affecté par le virus.

 

Des études rigoureuses sont nécessaires, avec à la base une solide collecte de données et pas seulement des preuves anecdotiques. De nombreux animaux ont déjà été testés positifs pour le virus COVID-19. Des recherches sont nécessaires en priorité sur la transmissibilité du virus entre les espèces animales et, en priorité, entre les animaux et les humains.