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COVID-19 : Certains patients produisent des anticorps plus longtemps, pourquoi ?

Actualité publiée il y a 5 mois 1 semaine 6 jours
Cell
Les personnes qui se rétablissent plus rapidement du COVID-19 sont aussi celles qui développent une réponse immunitaire plus efficace et plus durable au virus (Visuel Adobe Stock 332945564).

Cette nouvelle étude d’une équipe de virologues et d'immunologues du Brigham and Women's Hospital (BWH) confirme que lorsqu’il s’agit de production d’anticorps post-COVID-19, tous les patients ne répondent pas de manière similaire. Mais l’étude révèle un sous-ensemble de patients atteints de COVID-19 qui guérissent rapidement et maintiennent une réponse anticorps persistante, avec des implications importantes pour l'immunité. Ces travaux, publiés dans la revue Cell, révèlent notamment que les personnes qui se rétablissent plus rapidement du COVID-19 sont aussi celles qui développent une réponse immunitaire plus efficace et plus durable au virus.

 

Un indicateur clé de l'immunité est la présence d'anticorps spécifiques au virus. De précédentes études ont abouti à des conclusions contradictoires sur la durée et le maintien après rétablissement du COVID-19, des anticorps protecteurs contre la maladie. Les chercheurs de Boston ont examiné des échantillons de sang et des cellules de patients rétablis d'un COVID-19 léger à modéré et constatent que si les anticorps contre le virus diminuent chez la plupart des sujets après la résolution de la maladie, un petit groupe de patients continue à produire des anticorps protecteurs contre le virus plusieurs mois après l'infection.

Symptômes « plus courts », anticorps plus durables

Il se trouve en effet que les patients qui présentent cette défense immunitaire durable après leur rétablissement sont aussi ceux qui ont présenté des symptômes moins durables, ce qui suggère que les personnes qui se rétablissent plus rapidement du COVID-19 développent une réponse immunitaire plus efficace et plus durable au virus.

 

« Ces données indiquent un type de réponse immunitaire non seulement apte à gérer la maladie virale en conduisant à une résolution rapide des symptômes, mais aussi à produire des cellules capables de s'engager dans la production à plus long terme d'anticorps IgG anti-virus », résume l’auteur principal, le Dr Duane Wesemann, immunologiste et médecin au Département d'immunologie clinique du BWH et professeur à la Harvard Medical School.

 

Chez 20% des patients, la production d'anticorps reste stable sur 3 ou 4 mois : le laboratoire du Dr Wesemann étudie l'ensemble des anticorps produits par le système immunitaire d'un hôte et comment il apprend à reconnaître les agents pathogènes. Au printemps 2020, l'équipe a recruté 92 patients ayant récupéré du COVID-19 entre mars et juin 2020. 5 des participants ont été hospitalisés (en raison d’une forme plus sévère), les autres participants se sont rétablis à leur domicile. L'équipe a collecté et analysé des échantillons de sang chaque mois, afin d’évaluer la gamme d'anticorps, dont l'immunoglobuline-G (IgG). Les participants ont pu alors être répartis en 2 groupes :

  • les patients qui maintiennent les niveaux d'IgG spécifiques au virus pendant plusieurs semaines ;
  • les patients qui perdent très rapidement leurs anticorps contre le virus.

L'équipe constate que :

  • les taux d'IgG contre le virus ont généralement tendance à baisser considérablement au cours des 3 à 4 mois qui suivent l’infection ;
  • cependant, chez environ 20% des individus, la production d'anticorps reste stable, voire s’améliore au cours de la même période ;
  • ces mêmes patients sont ceux qui éprouvent des symptômes pendant une période de temps significativement plus courte (durant 10 jours vs 16 jours en moyenne) ;
  •  ces patients présentent également des différences dans les populations de lymphocytes T et B, deux types de cellules de la réponse immunitaire adaptative.

 

De prochaines recherches vont s’élargir à une population plus diversifiée pour identifier des variations de la réponse immunitaire chez des personnes d’origines ethniques et d’âges différents. Mais ces premières données indiquent qu’il « existe » un type de réponse immunitaire permettant une résolution rapide des symptômes et capable d’une production à plus long terme d'anticorps IgG anti-virus.