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COVID-19 : Confirmation du risque de contamination possible par les larmes

Actualité publiée il y a 3 mois 1 semaine 3 jours
Annals of Internal Medicine
La maladie COVID-19 peut-elle se transmettre par les larmes ?

Cette étude de cas qui vient d’isoler le virus SRAS-CoV-2 et parvient à détecter la présence d'ARN viral prolongée -diurant plus de 27 jours- dans le liquide oculaire d'une patiente atteinte de COVID-19 , répond à une question toujours d'actualité : la maladie COVID-19 peut-elle se transmettre par les larmes ? Ces données présentées dans les Annals of Internal Medicine contribuent à documenter les différentes voies de transmission interhumaine et à préciser les mesures de prévention, ici contre le risque d’exposition au liquide oculaire.

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Si l’on est certain aujourd’hui que le coronavirus se propage à travers le mucus et les gouttelettes respiratoires expulsées par la toux ou les éternuements, et de manière aéoroportée, d'autres modes de transmission restent moins documentés, comme la transmission par voie sexuelle ou par les fluides corporels, comme les larmes.

Les liquides oculaires de patients infectés par le SRAS-CoV-2 peuvent être une source d'infection.

Un faisceau de preuves : si la conjonctivite a été rapportée de manière occasionnelle parmi les symptômes de COVID (et d'autres infections à coronavirus humains), il existe peu d’analyses de prélèvements oculaires de patients atteints de COVID-19. Une étude a cependant suggéré qu’une exposition oculaire non protégée serait responsable d’infections survenues à la clinique de Wuhan en janvier 2020. Une autre étude a détecté l'ARN du SRAS-CoV-2 dans les sécrétions conjonctivales recueillies chez un patient atteint de conjonctivite et de COVID-19. Cette nouvelle étude apporte des données incitant à évaluer le potentiel infectieux de l'ARN du SRAS-CoV-2 détecté dans les échantillons oculaires, et à déterminer le risque de transmission par les sécrétions oculaires.

 

Le cas patient : la patiente, une femme de 65 ans, s'est rendue de Wuhan, en Chine, en Italie le 23 janvier 2020 et a été hospitalisée le 29 janvier 2020, un jour après l'apparition des symptômes. À son admission en unité d'isolement, ses symptômes étaient une toux, un mal de gorge, une rhinite, une conjonctivite bilatérale, une fièvre au 4è jour d’hospitalisation, des nausées et des vomissements. Le diagnostic de COVID-19 a été effectué par RT-PCR sur des échantillons d'expectorations.

 

Une réplication virale dans la conjonctive durant plus de 27 jours : Le 3è jour après l'admission, en raison de la persistance de la conjonctivite, un écouvillon oculaire a été prélevé et analysé, et de l'ARN viral a été détecté. Les échantillons oculaires prélevés de manière quotidienne se sont révélés positifs jusqu'au jour 21, avec une concentration de virus en baisse. La conjonctivite était considérablement réduite au 15è jour et totalement traitée au 20è jour. Au 27è jour soir 5 jours après avoir été indétectable sur l'écouvillon oculaire, l'ARN du SARS-CoV-2 a de nouveau été détecté, puis à nouveau également sur des écouvillons nasaux. La réplication virale dans la conjonctive a été confirmée par RT-PCR en temps réel.

 

Les liquides oculaires de patients infectés par le SRAS-CoV-2 peuvent donc contenir du virus infectieux et être source d'infection. Ces résultats soulignent l'importance des mesures de contrôle, comme éviter de toucher le nez, la bouche et les yeux et se laver fréquemment les mains. Ce constat a également des implications pour les ophtalmologistes et plus largement les professionnels de santé. D’autant que les chercheurs suggèrent que l'atteinte oculaire du SRAS-CoV-2 peut se produire tôt dans le cours de la maladie.

 

Les mesures de prévention contre l’exposition aux liquides oculaires des patients infectés doivent donc être mises en œuvre le plus tôt possible. De futures études seront également nécessaires pour définir les types de cellules oculaires humaines capables de soutenir la réplication virale et les mécanismes sous-jacents au tropisme oculaire du SRAS-CoV-2.