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COVID-19 : De l’insomnie au stress, le somnifère n’est jamais loin

Actualité publiée il y a 4 mois 1 semaine 2 jours
Journal of Sleep Research
Les femmes, les personnes chargées de famille, les employés et les personnes souffrant de maladies chroniques apparaissent particulièrement à risque de développer ces troubles du sommeil (Visuel Adobe Stock 182955992)

La pandémie a gravement perturbé le sommeil, montre cette enquête de l’Université d'Ottawa qui révèle que 50% des personnes interrogées souffrent d’insomnie et de stress et « se sont mis » aux médicaments. Ces résultats, à paraître dans le Journal of Sleep Research, apportent un aperçu des graves conséquences aussi de la pandémie sur la santé mentale.

 

L’auteur principal, Rébecca Robillard, professeure et codirectrice du Laboratoire du sommeil de l'École de psychologie de l'Université d'Ottawa, et son équipe composée de plus de 20 experts d’Amérique du Nord, ont lancé et analysé cette enquête en ligne menée auprès de 5.525 répondants canadiens au cours de la première vague de la pandémie du COVID-19.

Une forte hausse d’incidence des troubles du sommeil

Si les effets de la pandémie apparaissent très variables sur le sommeil selon les personnes, l’incidence des troubles du sommeil marque une forte tendance à l’augmentation. L’analyse constate ainsi que :

  • la moitié des participants présentent des troubles sévères du sommeil depuis le début de la pandémie ;
  • 3 tendances se détachent dans les modèles de changements de sommeil :
  • ceux qui dorment plus ;
  • des heures de coucher et de réveil plus tardives ;
  • une durée raccourcie et une qualité altérée du sommeil depuis la pandémie.

 

Sommeil et vie quotidienne durant la pandémie : Comment ces changements importants du rythme du sommeil affectent-t-ils la vie quotidienne des gens? « Ces changements d’habitudes de sommeil pendant la pandémie affectent à la fois la qualité et la quantité de sommeil et augmentent la réponse psychologique à cette situation sans précédent. Par rapport aux personnes qui dorment plus, les personnes qui se couchent plus tard ou dorment moins et moins bien présentent une augmentation des symptômes d'insomnie, de stress, d'anxiété et de dépression.

 

Quels facteurs majeurs associés à cette perturbation du sommeil ? Les femmes, les personnes chargées de famille, les employés et les personnes souffrant de maladies chroniques apparaissent particulièrement à risque de développer ces troubles du sommeil, ces niveaux de stress plus élevés, de consommer plus d'alcool et de regarder la télévision sur de plus longues durées.

 

Les somnifères pour « faire face » pendant la pandémie : cet usage des somnifères à la hausse pourrait annoncer à son tour une augmentation des cas d'insomnie chronique, écrivent les chercheurs.

Dans l’ensemble ces données alertent sur le « malaise » mental associé à la pandémie, un mal-être qui passe par des troubles du sommeil, le stress, l’anxiété et finalement l’utilisation de somnifères qui vont aggraver l’insomnie. L’étude met en évidence la nécessité d'interventions plus accessibles pour traiter les problèmes de sommeil.

« Il est important d’intervenir pour faire face au phénomène mental unique auquel nous sommes confrontés ».

 

Quelles sont les habitudes à prendre ou reprendre pour retrouver de bonnes nuits de sommeil ? Les experts suggèrent :

  • se lever à la même heure chaque matin (même le week-end) et même lorsque l’on s’est endormi plus tard la veille ;
  • adopter des rituels relaxants avant le sommeil comme la lecture par exemple ;
  • éviter la caféine et l'alcool dans les 6 heures précédant le coucher ;
  • ne pas fumer juste avant le coucher ;
  • pratiquer un exercice régulier.

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