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COVID-19 : Des réactions post-vaccination plus marquées chez les personnes préalablement infectées

Actualité publiée il y a 3 mois 2 semaines 7 heures
JAMA Internal Medicine
L'étude met en évidence une réponse en anticorps plus forte chez ce groupe de participants préalablement infectés avec le vaccin Moderna, mais aussi des symptômes plus marqués post-vaccination (Visuel Adobe Stock 331786956)

Cette étude de virologues de la Johns Hopkins School of Public Health (Maryland) regarde à nouveau les effets positifs comme indésirables de la vaccination COVID-19, notamment avec les vaccins à ARNm chez les personnes préalablement infectées par le virus. La recherche repose ainsi la question de l’intérêt de la vaccination post-infection (anticorps) mais aussi d’un risque plus élevé d’effets secondaires (symptômes post-vaccination). Les conclusions, présentées dans le JAMA Internal Medicine, mettent en évidence une réponse en anticorps plus forte chez ce groupe de participants préalablement infectés avec le vaccin Moderna, mais aussi des réactions ou des symptômes plus marqués post-vaccination. Mais dans l’ensemble, la recherche montre que toujours chez ces personnels de santé préalablement infectés, les 2 vaccins à ARNm sont efficaces à monter une réponse immunitaire suffisante, mais dont la durabilité reste à préciser.  

 

Une précédente analyse avait déjà suggéré sur un petit groupe de participants ayant reçu le vaccin Pfizer et ayant auparavant aussi été infectés par le virus SARS-CoV-2, que chez ces personnes présentant donc déjà des anticorps avant la première dose, les niveaux d’anticorps augmentent plus rapidement après la première injection vaccinale et culminent plus haut que chez les participants non infectés. Ainsi, une personne déjà infectée qui se fait vacciner bénéficie aussi d’une forte augmentation de ses niveaux d'anticorps. Le vaccin apporte donc un avantage, même dans le contexte d'une infection antérieure, cependant,

qu’en est-il des réactions et des symptômes suivant la vaccination chez des personnes préalablement infectées ?

Ici, les chercheurs de Baltimore ont ainsi évalué chez leurs participants, personnels de santé, et les niveaux d'anticorps et les symptômes perçus après la vaccination avec l’un des 2 vaccins à ARN messager (ARNm) (Pfizer-BioNTech et Moderna) codant pour la protéine de pointe du SRAS-CoV-2. On sait déjà que ces vaccins peuvent provoquer des réactions locales et systémiques chez les personnes ayant déjà été infectées par le SRAS-CoV-2. On ignore cependant si les symptômes après la vaccination sont associés à l'efficacité et/ou aux niveaux d’anticorps « obtenus ».

 

L’évaluation des niveaux d'anticorps sériques (de Spike) et des symptômes après la vaccination chez cette cohorte de personnels hospitaliers à l'aide d'un test immuno-enzymatique (Euroimmun) et de l’auto-évaluation et déclaration des symptômes après la vaccination montre, après ajustement avec l’antériorité de l'infection par le SRAS-CoV-2, l'âge et le sexe, que :

 

  • le risque de symptômes cliniquement significatifs après l'une ou l'autre dose est plus élevé chez les participants ayant reçu le vaccin Moderna vs Pfizer et de 80% après la 1è dose et multiplié par plus de 2 après la 2è dose ;
  • une exposition/infection préalable au SRAS-CoV-2 est également associée à un risque accru de symptômes cliniquement significatifs après la dose 1 (OR, 4,38) mais pas après la 2è dose ;
  • quels que soient les symptômes post-vaccination, la très grande majorité des participants (99,9 %) ont développé des anticorps IgG 14 jours ou plus après la 2è dose ;
  • des symptômes autodéclarés cliniquement significatifs, un âge de moins de 60 ans, le sexe féminin, la vaccination avec le vaccin Moderna et une infection préalable au SRAS-CoV-2 sont des facteurs tous indépendamment associés à des niveaux d'IgG plus élevés.

 

Pris ensemble ces données confirment donc l’intérêt de la vaccination, même en cas d’infection préalable à SARS-CoV-2, mais elles révèlent un risque accru de symptômes post-vaccination ou de réactions induites par le vaccin. Cette observation qui a pu être effectuée par les personnels de santé en milieu hospitalier pourrait peut-être contribuer aux réticences rémanentes contre la vaccination.

 

Enfin, les chercheurs précisent qu’on ignore le rôle exact ou possible de niveaux d'anticorps plus élevés dans la prévention du COVID-19 et la durabilité de l’immunité conférée par la vaccination. Beaucoup d’inconnues subsistent ainsi, au-delà de l’efficacité maintenant démontrée de la vaccination à induire quelques soient les antécédents ou pas d’exposition au virus, et au moins à court terme, des anticorps efficaces contre la maladie.