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COVID-19 : Différentes souches, différentes périodes d’incubation ?

Actualité publiée il y a 3 mois 1 semaine 6 jours
JAMA Network Open
Connaître la période d'incubation du COVID-19 pour les différentes souches de SRAS-CoV-2 est essentiel pour évaluer le risque de transmission de la maladie (Visuel Adobe Stock 409238884)

Connaître la période d'incubation du COVID-19 pour les différentes souches de SRAS-CoV-2 est essentiel pour évaluer le risque de transmission de la maladie, fréquemment asymptomatique, et pour déterminer la période d'isolement nécessaire lorsqu’on est cas contact suspect. Cette revue systématique et méta-analyse de la littérature publiée sur le sujet, révèle dans le JAMA Network Open, qu'avec l'évolution des souches mutantes, la période d'incubation du COVID-19 a diminué progressivement de la variante Alpha à la variante Omicron.

 

La période d'incubation du COVID-19 est définie comme le temps écoulé entre l'infection par SARS-CoV-2 et l'apparition des premiers signes et symptômes. Ici, ce n’est pas moins de 142 études, portant sur un total de 8.112 patients, qui ont été analysées et la période d'incubation « moyenne » ressort à 6,57 jours. Les périodes d'incubation de COVID-19 causées par les variantes Alpha, Beta, Delta et Omicron sont de 5,00, 4,50, 4,41 et 3,42 jours, respectivement.

 

Parmi les principales conclusions de la méta-analyse :

 

  • la période d'incubation consolidée est évaluée à 6,57 jours ;
  • la période d'incubation du COVID-19 causé par les variantes Alpha, Beta, Delta et Omicron a été rapportée dans 1 étude (avec 6.374 patients), 1 étude (10 patients), 6 études (2.368 patients) et 5 études (829 patients), respectivement ;
  • la période d’incubation varie selon les cas documentés de 1,80 à 18,87 jours ;
  • l'incubation moyenne est estimée à 7,43 jours chez les patients âgés de plus de 60 ans ;
  • et à 8,82 jours chez les enfants infectés (âgés de 18 ans ou moins ) ;
  • à 6,99 jours enfin chez les patients atteints d'une comorbidité non grave ou sévère.

 

Ainsi, l’analyse suggère que le SRAS-CoV-2 a évolué et muté de manière continue tout au long de la pandémie,

produisant des variantes dont la transmission et la virulence se sont améliorées.

En effet, au fil de l’émergence des nouvelles variantes, la période d'incubation s’est réduite. Cette réduction de la période d'incubation marque une virulence plus élevée mais pourrait également induire un délai de contagion réduit, en particulier chez les personnes qui ignorent qu'elles sont infectées. 

 

Le COVID-19 semble avoir une période d'incubation plus longue que celle d'autres infections virales respiratoires aiguës telles que celles induites par les autres coronavirus humain (3,2 jours) ou la grippe A (1,43 à 1,64 jours), le virus respiratoire syncytial (4,4 jours) ou encore le rhinovirus (1,4 jour).

 

Or la période d'incubation est l'un des paramètres épidémiologiques les plus importants des maladies infectieuses. La connaissance de la période d'incubation de la maladie est d'une grande importance pour la définition des cas, la gestion des menaces émergentes, l'estimation de la durée du suivi pour la recherche des contacts et la détection des cas secondaires ou encore la mise en œuvre d’interventions visant à réduire la transmission communautaire.

 

À l'heure actuelle, sur la base de l'hypothèse d’une période d'incubation du COVID-19 comprise entre 1 et 14 jours, l'OMS recommande toujours que les contacts étroits de la COVID-19 restent isolés pendant 14 jours.