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COVID-19 : Et si l’exposition sans l’infection suffisait chez l’enfant à l’immuniser ?

Actualité publiée il y a 5 jours 18 heures 15 min
Nature Communications
Un contact étroit avec des parents infectés symptomatiques peut suffire à déclencher une réponse immunitaire chez l’enfant ? (Visuel Adobe Stock 328518630).

C’est une hypothèse intéressante pour l’immunité collective face au COVID-19 soulevée par cette étude de cas, présentée par des médecins du Murdoch Children's Research Institute (MCRI, Melbourne). L’étude, publiée dans Nature Communications, montre qu’un contact étroit avec des parents infectés symptomatiques peut suffire à déclencher une réponse immunitaire chez l’enfant, alors que l’enfant reste négatif au virus SARSCoV-2 et asymptomatique.

 

L’étude décrit le cas d’enfants d'une famille de Melbourne ayant développé une réponse immunitaire COVID-19 après une exposition chronique au virus SRAS-CoV-2 de leurs parents. Testés à plusirurs reprises pour le coronavirus, ces enfants ont toujours été négatifs.

L'exemple d'une contamination familiale...ou pas

L’auteur principal, le Dr Shidan Tosif du MCRI rappelle en préambule que par rapport aux adultes, les enfants atteints de COVID-19 développent généralement une infection très légère ou asymptomatique, cependant les différences sous-jacentes entre les réponses immunitaires des enfants et des adultes au virus restaient encore mal connues. L'étude a examiné le profil immunitaire de cette famille de Melbourne composée de 2 parents atteints de COVID-19 et symptomatiques et de leurs 3 enfants d’âge scolaire.

Avant l’éclosion de COVID-19 en Australie, les parents avaient assisté à un mariage sans leurs enfants, à la suite duquel ils ont développé une toux, une congestion nasale, de la fièvre et des maux de tête. C’est alors que la famille a été recrutée par l’équipe du MCRI. Les chercheurs ont alors prélevé, tous les 2-3 jours, des échantillons de sang, de salive, de sécrétions nasales et de la gorge, de selles et d'urine chez chaque membre de la famille. Les chercheurs ont identifié des anticorps spécifiques du SRAS-CoV-2 dans la salive de tous les membres de la famille et lors de tests sérologiques. Pourtant, écrivent les chercheurs :

« Nos résultats salivaires et sérologiques combinés montrent que, malgré l'absence de preuves virologiques d'infection, les 3 enfants ont développé des réponses anticorps contre différents épitopes du SRAS-CoV-2 ».

Les enfants avaient bien développé une réponse immunitaire efficace contre le virus sans preuve lisible d’infection.

  • Le plus jeune des enfants, complètement asymptomatique a présenté la réponse anticorps la plus forte ;
  • Chez tous les enfants, en dépit d’une réponse immunitaire active, les taux de cytokines, les messagers moléculaires dans le sang qui peuvent déclencher une réaction inflammatoire, sont restés faibles : cela contribue à expliquer leurs symptômes légers voire inexistants ;
  • tous les membres de la famille se sont complètement rétablis sans nécessiter de soins médicaux ;
  • les auteurs déclarent n’avoir aucune certitude sur la durée de la protection contre la réinfection.

 

Le développement d'une défense immunitaire via la seule exposition chronique ? C'est l'hypothèse suggérée par cette étude de cas : via la seule exposition chronique, le système immunitaire des enfants leur aurait permis d'arrêter efficacement le virus et de bloquer sa réplication à l'intérieur de leurs cellules.

 

Les chercheurs appellent à l'étude des réponses immunitaires au SRAS-CoV-2 dans tous les groupes d'âge pour parvenir à comprendre la sensibilité à la maladie mais aussi le développement de l’immunité, notamment chez les enfants.