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COVID-19 : Face aux nouveaux variants les vaccins seront-ils efficaces ?

Actualité publiée il y a 10 mois 2 semaines 1 jour
Nature
Face aux nouvelles variantes virales, les vaccins actuellement disponibles pourraient perdre modestement mais significativement en efficacité (Adobe Stock 370978227)

Dans leur revue quasi-quotidienne de la littérature scientifique sur COVID-19, les experts de la revue Nature (1) soulignent que face aux nouvelles variantes virales, les vaccins actuellement disponibles pourraient perdre modestement mais significativement en efficacité. Une préoccupation documentée par une étude pilote (2) de virologues de l'Université Rockefeller (New York) publiée sur le serveur de prépublication bioRxiv (donc non encore évaluée par des pairs) qui, par l’analyse du sang de patients vaccinés, révèle que certains des anticorps neutralisants en réponse, ne sont « qu'un tiers aussi efficaces pour bloquer les variantes mutées ».

 

À ce jour, le coronavirus SRAS-CoV-2 a entraîné près de 100 millions d’infections recensées et plus de 2 millions de décès. De nombreux vaccins sont en cours de déploiement pour prévenir la maladie COVID-19, dont les 2 premiers vaccins à base d'ARNm disponibles en Europe. Ces vaccins vaccins portent des instructions d'ARN qui incitent les cellules humaines à fabriquer la protéine de pointe que le virus utilise pour infecter les cellules. Cela amène le corps à générer des anticorps qui reconnaissent la protéine de pointe. Si ces vaccins semblent sûrs et efficaces, la nature et la « durée » précise des anticorps déclenchés ne sont pas encore connues précisément.

Au moment où « arrivent » les vaccins, émergent de nouvelles variantes.

Ainsi, les variantes émergentes (3) dont le variant britannique B.1.1.7 qui présente un nombre surprenant de mutations, et qui selon les CDC se propage et circule plus facilement -sans preuve à ce jour de virulence accrue-, le variant sud-africain 1.351 qui ne partage que quelques mutations avec son homologue britannique ou encore le variant brésilien, P.1, qui présente des mutations très particulières, sont source de préoccupation : ils pourraient limiter les effets protecteurs des 2 vaccins, de Pfizer et de Moderna.

 

La recherche qui suggère une légèrement moindre protection des vaccins actuels contre les variants est une étude pilote newyorkaise qui a analysé le sang de 20 volontaires ayant reçu 2 doses soit du vaccin de Moderna (ARNm-1273), soit du vaccin de Pfizer-BioNTech (BNT162b2). Les chercheurs ont étudié les réponses et suivi les niveaux des anticorps et des lymphocytes B (mémoire immunitaire). Ainsi, 3 à 14 semaines après la deuxième injection, les participants à l'étude ont développé plusieurs types d'anticorps, dont certains peuvent empêcher le SRAS-CoV-2 d'infecter les cellules. Certains de ces anticorps neutralisants étaient aussi efficaces contre les virus porteurs de certaines mutations dans la protéine de pointe que contre des formes plus répandues du virus. Certaines des mutations testées par l'équipe étaient celles observées dans les variantes identifiées au Royaume-Uni, au Brésil et en Afrique du Sud.

« Mais certains anticorps n'étaient qu'un tiers aussi efficaces à bloquer les variantes mutées ».

 

L’équipe retient ainsi l'hypothèse d'une émergence de variantes plus résistantes aux vaccins actuels,

ce qui signifie que les vaccins COVID-19 pourraient nécessiter une mise à jour.

Cette conclusion est en ligne avec celle d’une autre étude (4) publiée 5 jours plus tôt sur le même serveur de prépublication, bioRxiv, menée par une équipe de l’Université de Washington, qui constate également que les variantes du coronavirus identifiées pour la première fois au Royaume-Uni et en Afrique du Sud portent des mutations qui pourraient affaiblir les effets de certains anticorps- en particulier ceux qui agissent contre région du pic S appelée domaine N-terminal (NTD).

 

Les résultats de cette étude n'ont pas non plus encore fait l'objet d'un examen par les pairs.