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COVID-19 : La transmission fécale-orale est-elle possible ?

Actualité publiée il y a 4 mois 6 jours 9 heures
Gastroenterology
Surveiller aussi les patients présentant des symptômes gastro-intestinaux pourrait permettre une détection, un diagnostic, un isolement et une intervention plus précoces.

La prévention de la transmission féco-orale doit être également prise en considération pour contrôler la propagation du nouveau coronavirus, écrivent les auteurs de deux études publiées dans la revue Gastroenterology, qui décrivent ses manifestations gastro-intestinales et documentent l’hypothèse de cette voie de transmission oro-fécale, possible, rappelons-le, en raison de pratiques d’hygiène inappropriées mais aussi, en cas d’absence d’assainissement adéquat ou d’accès à l’eau potable.

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Alors que le nouveau coronavirus, COVID-19 poursuit sa propagation dans plus de 30 pays, avec maintenant plus de 30.000 cas confirmés hors de Chine et près de 4.000 décès dans le monde, de nouvelles données permettent de mieux comprendre ses modes de transmission, une compréhension essentielle pour empêcher sa propagation. C'est le cas de ces 2 études qui suivent le virus du système gastro-intestinal à l'oesophage.

Des symptômes gastro-intestinaux à la transmission fécale-orale ?

 

Des symptômes gastro-intestinaux : la première étude, menée par une équipe de La Shanghai Jiao Tong University School of Medicine, suggère que si les symptômes respiratoires du COVID-19 représentent les manifestations les plus courantes de l’infection et suggèrent clairement une transmission par gouttelettes et par contact, il ne faut pas ignorer les symptômes moins courants comme la diarrhée, des nausées, des vomissements et / ou une gêne abdominale. Ces symptômes gastro-intestinaux constatés chez une partie des patients, interviennent avant les symptômes respiratoires. Lors de la précédente épidémie de SRAS, ces troubles gastro-intestinaux avaient été associés à la détection du virus dans les échantillons de biopsie et de selles, même chez les patients guéris.

Les chercheurs rappellent que le premier cas d'infection au COVID-19 confirmé aux États-Unis a signalé des nausées et des vomissements et ses selles ont été testées positives. 2 laboratoires indépendants de Chine ont également déclaré avoir réussi à isoler le virus vivant dans les selles de patients infectés.

 

 

Le système digestif peut servir de voie d'infection alternative, suggèrent ces chercheurs qui font l’hypothèse que les personnes présentant de légers symptômes entériques à un stade précoce auraient pu, tout comme les porteurs asymptomatiques « passer inaperçus ».

Les chercheurs recommandent de surveiller aussi les patients présentant des symptômes gastro-intestinaux ou une détresse gastro-intestinale, ce qui pourrait permettre une détection, un diagnostic, un isolement et une intervention plus précoces.

 

Le risque de transmission féco-orale : la seconde étude, d’une équipe de la Sun Yat-sen University, Zhuhai, (Guangdong Province) rappelle également que si l'infection virale provoque une série de maladies respiratoires, suggérant que le virus infecte très probablement les cellules épithéliales respiratoires et se propage principalement par voie respiratoire d'humain à humain, les cellules et organes cibles du coronavirus n'ont pas été encore totalement identifiés. Les chercheurs se sont donc posé la question de l'infection virale gastro-intestinale et de l’éventualité d’une voie de transmission féco-orale. L’analyse de l'ARN viral menée sur des échantillons de selles de 71 patients infectés par le SRAS-CoV-2 pendant leur hospitalisation, confirme que le virus se répand bien dans les selles.

Or l'entrée du virus dans une cellule hôte est médiée par des récepteurs. Les chercheurs montrent ici qu’un récepteur cellulaire bien documenté pour le SRAS-CoV-2 (la protéine ACE2), est abondamment exprimée dans les cellules des épithéliums gastrique, duodénal et rectal, ce qui soutient l’hypothèse d’une infection gastro-intestinale. En revanche, le même récepteur est « rarement » observé dans la muqueuse œsophagienne (probablement parce que l'épithélium œsophagien est principalement composé de cellules épithéliales squameuses, qui expriment moins d'ACE2 que les cellules épithéliales glandulaires). Cependant, les scientifiques n’excluent pas totalement le risque de transmission féco-orale. L’équipe précise enfin que l’infection gastro-intestinale virale peut durer même après la clairance virale constatée dans les voies respiratoires…

 

Les chercheurs recommandent donc de prendre aussi en compte aussi la prévention de la transmission féco-orale pour contrôler la propagation du virus. Même si l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a conclu que la voie féco-orale ne semble pas être une voie de transmission de COVID-19…mais que son rôle reste à déterminer.