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COVID-19 : Le chat à risque de « l’attraper » ?

Actualité publiée il y a 2 mois 1 semaine 5 jours
PLoS Computational Biology
Les chats sont désignés, avec les furets et les civettes, comme parmi les animaux les plus sensibles à l'infection à coronavirus SARS-CoV-2 (Visuel Adobe Stock 336196621)

Les chats sont désignés, avec les furets et les civettes, comme parmi les animaux les plus sensibles à l'infection à coronavirus SARS-CoV-2, après les humains par cette étude du Center for Genomic Regulation (ICREA, Barcelone). Cette analyse du risque pour 10 espèces animales, publiée dans la revue PLoS Computational Biology, va contribuer à empêcher la formation de réservoirs animaux à partir desquels le coronavirus pourrait réémerger ultérieurement avec de nouvelles mutations.

Une susceptibilité élevée chez les chats mais...

L’étude montre a contrario que les canards, les rats, les souris, les porcs et les poulets sont bien moins sensibles à l'infection. L’auteur principal, Luis Serrano, chercheur à l’ICREA explique que l’étude permet aussi de mieux comprendre pourquoi les visons, des animaux étroitement liés au furet, sont infectés par la maladie. Leur vulnérabilité est probablement renforcée par leurs conditions de vie compactes et leurs contacts étroits dans les élevages avec les humains.

 

Si le chat présente une susceptibilité élevée à l'infection à SARS-CoV-2, en général l’animal ne coexiste pas avec les humains dans les mêmes conditions que les autres animaux, ce qui peut expliquer pourquoi jusqu'à présent il n'existe aucun cas documenté d’humain infecté par son animal de compagnie.  

 

5 espèces avec cas documentés : il s’agit des humains, des chats, des furets, des civettes et des chiens. Il n’existe aucun rapport d'infection documenté chez les souris, les rats, les porcs, les poulets et les canards.

 

Evaluer les variantes du récepteur ACE2 pour estimer la susceptibilité d’une espèce : c’est la procédure de cette recherche qui a regardé comment le coronavirus pouvait utiliser ses protéines de pointe, qui dépassent de la surface du virus, pour infiltrer les cellules de différents animaux. Le principal point d'entrée à la surface d'une cellule est le récepteur ACE2, qui se lie à la protéine de pointe par un mécanisme de verrouillage. Cependant, il existe de nombreuses variantes différentes d'ACE2 au sein des différents groupes de populations humaines et des différentes espèces. Cette analyse génomique constate que les variantes du récepteur ACE2 chez l'homme suivies par les furets, les chats, les chiens et les civettes ont les affinités de liaison les plus élevées avec la protéine de pointe virale, tandis que les souris, les rats, les poulets et les canards présentent une plus faible capacité de liaison.

 

Cette affinité de liaison ne suffit pas à l’évaluation de la sensibilité d'une cellule à l'infection :  Les chercheurs ont également évalué la capacité du virus à réquisitionner la machinerie d'une cellule une fois qu’il l’a infectée. Plus ce processus est efficace, et mieux le coronavirus peut créer les protéines dont il a besoin pour se répliquer. Les humains, les poulets et les canards présentent cet indice d'adaptation le plus élevé, tandis que les autres espèces sont moins bien adaptées.

 

Enfin, la recherche identifie différentes variantes humaines d'ACE2 qui peuvent contribuer à expliquer pourquoi certaines personnes développent des symptômes plus sévères du COVID-19 : « Nous identifions ici des mutations sur la protéine S qui réduisent considérablement la capacité du SRAS-CoV-2 à entrer dans la cellule, empêchant l'hôte de développer COVID-19. Nous travaillons actuellement à la conception de mini-protéines à partir de la protéine ACE2 humaine qui permettraient de détourner l'attention du virus et de bloquer l’infection ».

 

Comprendre l'infectivité du SRAS-CoV-2 à travers différentes espèces permet d’optimiser les mesures de santé publique, en contribuant notamment à réduire le contact humain avec les espèces plus sensibles.