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COVID-19 : Le choc de deux réponses immunitaires

Actualité publiée il y a 2 mois 1 heure 29 min
Journal of Medical Virology
Retarder la réponse immunitaire adaptative et l'empêcher d'interférer avec la réponse immunitaire innée pourrait favoriser l’élimination plus rapide du virus et des cellules infectées.

On sait aujourd’hui qu'un pic de réponse immunitaire à l’infection à SARS-CoV-2 peut contribuer à la sévérité de la maladie COVID-19. Cette équipe de l’École de médecine Keck de l'Université de Californie du Sud (USC) explore l’hypothèse d’une suppression temporaire du système immunitaire du corps pendant les premiers stades de COVID-19 pour éviter le risque de complications et de symptômes sévères. C’est donc bien l'efficacité d'un traitement immunosuppresseur précoce qui est évaluée dans cette étude publiée dans le Journal of Medical Virology.

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L'interaction entre la réponse immunitaire innée (cytokines) et la réponse adaptative (lymphocytes T entre autres) au COVID-19 semble avoir un impact sur la progression de la maladie : une récente étude chinoise a ainsi montré comment l’excès de cytokines peut favoriser l'épuisement des cellules T, ce qui prédispose les patients au risque d’infection secondaire, à des complications et à une évolution plus sévère. Selon cette nouvelle étude de la Keck retarder la réponse immunitaire adaptative et l'empêcher d'interférer avec la réponse immunitaire innée pourrait favoriser l’élimination plus rapide du virus et des cellules infectées.

Une suppression temporaire du système immunitaire aux tout premiers stades de COVID-19 ?

La recherche montre en effet que l’interaction entre ces 2 lignes de défense majeures de l’organisme peut entraîner une surcharge du système immunitaire chez certains patients, cette fameuse « tempête » inflammatoire caractéristique.

  • La première ligne de défense du corps, la réponse immunitaire innée, « démarre » juste après une infection, avec l’objectif d’éliminer le virus et toutes les cellules infectées et/ou endommagées ;
  • la deuxième ligne de défense, la réponse immunitaire adaptative, se déclenche quelques jours plus tard s'il reste « du » virus, en utilisant ce qu'elle a pu déjà apprendre sur le virus, ce qui lui permet de mobiliser différents types de cellules, tels que les cellules T et les cellules B.

 

L’interaction de 2 réponses immunitaires entraîne la tempête : à l'aide d’un modèle mathématique standard permettant de comprendre la dynamique des infections virales, les chercheurs californiens ont examiné le fonctionnement de ces 2 réponses immunitaires chez les patients COVID-19 vs patients infectés par la grippe. Ce modèle suggère que, dans COVID-19, la réponse immunitaire adaptative peut se déclencher avant l'épuisement des cellules cibles, ce qui interfère avec la capacité de la réponse immunitaire innée à tuer rapidement la plupart des virus. « Le danger est que l'infection continue de mobiliser l'ensemble de la réponse immunitaire adaptative », explique l’auteur principal Weiming Yuan, professeur agrégé de microbiologie moléculaire et d'immunologie, « et cette durée d'activité virale prolongée peut entraîner une réaction excessive du système immunitaire, appelée « tempête de cytokines », qui tue les cellules saines et endommage les tissus ».

L'interaction des 2 réponses immunitaires explique pourquoi certains patients connaissent 2 vagues de la maladie

Une explication des 2 vagues de la maladie : l'interaction des 2 réponses immunitaires (innée et adaptative) explique en effet pourquoi certains patients semblent aller mieux puis connaissent une dégradation rapide de leur état de santé. Certains patients COVID-19 peuvent ressentir une résurgence de la maladie après une atténuation apparente des symptômes en raison de l'effet combiné des réponses immunitaires adaptative et innée : la réponse combinée réduit la charge virale à un faible niveau mais, si le virus n'est pas complètement éliminé et que les cellules cibles se régénèrent, le virus reprend et la charge virale atteint un nouveau pic.

 

Un traitement contre-intuitif mais ?  : les chercheurs proposent en effet d’opter pour un traitement immunosuppresseur à la fois précoce et de courte durée, qui permettrait de retarder la réponse immunitaire adaptative et l'empêcher d'interférer avec la réponse immunitaire innée :  cela pourrait permettre une élimination plus rapide du virus et des cellules infectées. De petites études chinoises, dont une récente menée auprès de patients COVID-19 ainsi qu’une étude de 2003 sur le SRAS, montrent que les patients qui ont reçu des immunosuppresseurs tels que les corticostéroïdes ont obtenu de meilleurs résultats.

Le principe serait de mesurer quotidiennement la charge virale et autres biomarqueurs chez les patients pour valider ces conclusions. Ensuite, viendrait l’étape des études précliniques, avant de passer aux essais cliniques (chez l’Homme).