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COVID-19 : Le rôle clé des anticorps du nez

Actualité publiée il y a 2 semaines 4 heures 25 min
NEJM
Les anticorps muqueux présents dans les voies respiratoires et notamment dans les muqueuses nasales, sont ceux qui nous protègent, en première intention, contre l'infection par le variant Omicron (Visuel Adobe Stock 409238884)

Les anticorps muqueux présents dans les voies respiratoires et notamment dans les muqueuses nasales, sont ceux qui nous protègent, en première intention, contre l'infection par le variant Omicron, conclut cette équipe de virologues de l’Institut Karolinska (Suède) qui relève, dans le même temps, que de très nombreuses personnes, ayant même reçu 3 injections du vaccin COVID, n’ont pas ces anticorps détectables dans les voies respiratoires. L’étude, publiée dans le New England Journal of Medicine, révèle le rôle clé des anticorps IgA muqueux (immunoglobuline A), présents dans les muqueuses respiratoires, et plus largement dans la protection contre les infections respiratoires.

Les anticorps des muqueuses des voies respiratoires, la première barrière contre le virus

L'étude COMMUNITY est menée auprès de 2.149 professionnels de santé à l'hôpital Danderyd, en Suède. Les participants à l'étude et leurs réponses immunitaires contre le coronavirus SARS-CoV-2 ont été suivis tous les 4 mois. Une sous-analyse effectuée entre janvier et février 2022 menée sur les données de 338 participants triplement vaccinés a permis d’évaluer l'immunité contre les infections de percée (breakthrough infections) par omicron ainsi que le renforcement immunitaire après une telle infection (infection « naturelle » qui survient après vaccination). Les chercheurs ont mesuré les taux d'anticorps IgA muqueux (immunoglobuline A) dans les voies respiratoires.

 

  • Tous les participants avaient des niveaux élevés d'anticorps systémiques (par exemple dans le sang) après 3 doses du vaccin ;
  • seulement 62% avaient des anticorps détectables dans les muqueuses des voies respiratoires (par exemple dans le nez) ;
  • des niveaux élevés d'anticorps des muqueuses des voies respiratoires réduisent de plus de moitié le risque d’infection par omicron.

 

« Il n'est pas surprenant que les anticorps présents dans les voies respiratoires neutralisent le virus localement, mais ces résultats montrent, pour la première fois, que les « anticorps muqueux » présents dans les voies respiratoires sont essentiels en fait contre l'infection à omicron », résume l’auteur principal, le Dr Charlotte Thålin, professeur agrégé de sciences cliniques au Karolinska Institutet.

 

Quel mécanisme ? Des anticorps muqueux élevés dans les voies respiratoires sont en effet associés à une réplication virale plus faible chez les personnes infectées par omicron. Après une infection à l'omicron, une augmentation par 40 fois des anticorps des voies respiratoires muqueuses est ainsi constatée chez la majorité des participants, même si leur infection est bénigne.

 

Enfin, le fait que les participants infectés par le SRAS-CoV-2 avant la vaccination aient des niveaux significativement plus élevés d'anticorps des voies respiratoires muqueuses après la vaccination, par rapport aux triples vaccinés sans infection antérieure par le SRAS-CoV-2, cela peut contribuer à expliquer pourquoi

l’immunité hybride, naturelle et vaccinale, offre la meilleure des protections contre l'infection.

 « Il est (de plus en plus) tentant de penser qu'un vaccin administré par le nez ou la bouche, qui sont les portes d’entrée de SRAS-CoV- dans l'organisme, pourrait provoquer une réponse immunitaire locale prévenant l'infection à un stade plus précoce. Plusieurs vaccins sous forme de spray nasal font actuellement l'objet d'essais cliniques avec l'espoir de pouvoir ainsi réduire la propagation de l'infection et de réduire le risque de voir émerger de nouvelles variantes du virus ».