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COVID-19 : Les anticorps ne durent que 7 mois

Actualité publiée il y a 5 mois 3 semaines 1 jour
European Journal of Immunology
Cette étude récente révèle que chez certains patients, les anticorps anti-SRAS-CoV-2 restent détectables jusqu'à 7 mois après le développement des premiers symptômes de COVID-19 (Visuel Adobe Stock 114589392).

Contrairement à de précédentes études moins optimistes, cette étude portugaise récente, publiée dans l’ European Journal of Immunology révèle que chez certains patients, et chez certains seulement, les anticorps anti-SRAS-CoV-2 restent détectables jusqu'à 7 mois après le développement des premiers symptômes de COVID-19. Ces travaux apportent de nouvelles données sur l'immunité protectrice possible contre le SRAS-CoV-2 avec la révélation d’un niveau plutôt stable tout de même d'anticorps neutralisants et circulants chez la plupart des patients ayant développé la maladie COVID-19.

 

L’étude, transversale sur 6 mois, a été menée au début de la pandémie, durant la "première vague", en mars 2020. Les chercheurs ont utilisé un test sérologique COVID interne sensible, spécifique et polyvalent. L'optimisation et la validation du test ont été réalisées dans le cadre de Serology4COVID, un consortium de 5 instituts de recherche de Lisbonne et d'Oeiras. L'équipe a ainsi suivi les niveaux d'anticorps de plus de 300 patients hospitalisés et agents de santé diagnostiqués avec COVID-19, et de plus de 200 volontaires post-COVID-19.

Une capacité de neutralisation robuste jusqu'au 7è mois post-infection

Les chercheurs de l’Instituto de Medicina Molecular (Lisbonne) montrent ici que 90% des participants présentent des anticorps détectables de 40 jours à 7 mois après avoir « contracté » le COVID-19. L’étude suggère également que l'âge ne semble pas être un facteur de confusion dans les niveaux d'anticorps produits, mais juste dans la sévérité de la maladie-ce qui est également en contradiction avec de précédentes études.

 

Un schéma classique de réponse : les chercheurs révèlent :

  • un modèle classique de réponse immunitaire, avec une augmentation rapide des taux d'anticorps dans les 3 premières semaines suivant l’apparition des symptômes du COVID-19 ;
  • une réduction à des niveaux intermédiaires par la suite ;
  • dans la phase de réponse précoce, les hommes produisent en moyenne plus d'anticorps que les femmes, mais les niveaux s'équilibrent ensuite pendant la phase de résolution et sont similaires entre les sexes dans les mois qui suivent ;
  • dans la phase aiguë de la réponse immunitaire, les taux d'anticorps apparaissent plus élevés chez les sujets atteints d'une maladie plus sévères ;
  • l'âge ne semble pas ici un facteur de confusion pour la production d'anticorps, car aucune différence significative n’est observée entre les groupes d'âge ;
  • 90% des participants ont toujours des anticorps détectables jusqu'à 7 mois après avoir contracté le COVID-19.

 

Des anticorps oui, mais neutralisants ? Car même si les niveaux d’anticorps restent détectables à plusieurs mois, ces anticorps ont-ils toujours une capacité protectrice contre le virus et le développement de l’infection ? L’équipe a analysé la capacité de neutralisation des anticorps produits par les participants et si les niveaux d’anticorps diminuent au fil du temps, les chercheurs constatent, par tests in vitro, une activité de neutralisation robuste jusqu'au 7è mois post-infection chez une grande proportion de participants testés positifs.

 

Ces travaux apportent des données détaillées sur les taux, qui contribuent à l’analyse de l'immunité protectrice contre le SRAS-CoV-2. En mettant en évidence un niveau plutôt stable et durable d'anticorps neutralisants circulants chez la plupart des participants ayant été confirmés COVID-19, ces résultats apportent aussi un espoir de robustesse de la réponse immunitaire …