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COVID-19 : Les décès chez les moins de 65 ans, un indicateur fiable de transmission

Actualité publiée il y a 5 mois 2 semaines 1 jour
Nature
Les décès liés au COVID-19 peuvent être un indicateur utile pour suivre la transmission de l’épidémie, au niveau de chaque pays (Visuel Adobe Stock 330570802)

Cette étude de chercheurs de l’Université de Cambridge et de l'Institut Pasteur, publiée dans la revue Nature souligne que les décès liés au COVID-19 sont un indicateur utile pour suivre la transmission de l’épidémie, au niveau de chaque pays. A condition peut-être d’exclure les décès intervenus dans les groupes d’âge plus élevé : les décès intervenus dans les maisons de retraite européennes et les données manquantes en provenance de certains pays d'Asie et d'Amérique du Sud ont pu fausser les estimations de taux de mortalité chez ces groupes d'âge plus avancé.

 

Pour ces raisons de différences d'enregistrement et de déclaration selon les pays, la simple comparaison des taux de décès entre pays apporte très probablement une représentation trompeuse des niveaux de transmission du virus, soulignent les auteurs. En revanche, la notification des décès liés au COVID-19 chez les moins de 65 ans est un indicateur probablement bien plus fiable, peut apporter un éclairage précieux sur la transmission du virus, et permettre de meilleures comparaisons entre pays – ce qui peut également permettre d’évaluer l’efficacité des différentes stratégies.

 

« La simple comparaison du nombre total de décès dans les pays peut être trompeuse

(…) la plupart des décès concernent des personnes âgées, mais leur incidence est difficilement comparable d'un pays à l'autre », souligne, Megan O ' Driscoll, chercheur au Département de génétique de l'Université de Cambridge et co-auteur de l’étude.

 

Sur les décès des groupes d’âge avancé :

  • dans des pays comme le Royaume-Uni, le Canada et la Suède, COVID-19 a touché de manière disproportionnée les résidents des maisons de soins infirmiers (EHPAD) qui représentent plus de 20% des décès signalés par COVID-19 ;
  • certains pays d'Asie et d'Amérique du Sud ont signalé beaucoup moins de décès par COVID-19 chez les personnes âgées qu’attendu. Une explication possible de cet écart pourrait être une plus grande incertitude sur les causes de décès intervenus dans ces groupes de population, des causes moins susceptibles d'être précisées ou associées au COVID-19, dans un contexte plus fréquent de comorbidités préexistantes.
  • Enfin les maisons de retraite apparaissent comme de véritables clusters en puissance : une fois que le virus y pénètre, il peut se propager rapidement, ce qui entraîne des niveaux de contamination plus élevés qu’en population générale. « Nous constatons un nombre excessivement élevé de décès dus au COVID-19 dans ce groupe d'âge plus avancé, en particulier dans les pays qui comptent de nombreuses maisons de retraite médicalisées », ajoute l’auteur principal, le Dr Henrik Salje du Département de génétique de l'Université de Cambridge.

Il est donc vital de mieux protéger ces communautés de personnes âgées vulnérables.

 

Les chercheurs développent ici un nouveau modèle, dans lequel ils intègrent des données nationales de décès COVID-19 spécifiques à l'âge, venant d’enquêtes de séroprévalence de 45 pays.

  • Le modèle montre que le nombre de décès COVID-19 par âge, chez les personnes de moins de 65 ans, est très constant d'un pays à l'autre et constitue probablement un indicateur fiable du nombre d'infections au sein de la population ;
  • il peut être utilisé à l'échelle nationale pour prédire le risque de décès du COVID-19 à la suite d’une infection, en fonction de l’âge ;
  • il permet, à l’inverse d’estimer le nombre total d'infections d'un pays compte tenu de son nombre de décès par COVID-19 dans un groupe d'âge, ce qui peut être très utile dans des régions non couvertes par les études de prévalence ;
  • en utilisant seulement les données de décès des groupes d'âge de moins de 65 ans, ce qui est le plus représentatif de la transmission dans l'ensemble de la population, le modèle montre qu'au 1er septembre 2020, le taux de contamination à l’échelle de la population d’un pays approche les 5% ; dans certaines régions du monde cependant, ce taux est beaucoup plus élevé (ainsi, plus de la moitié de la population du Pérou aurait été infectée par le SRAS-CoV-2) ;
  • les taux de mortalité par COVID-19 ne peuvent être comparés entre certains pays, les comorbidités jouant le rôle de confusion possible dans la relation entre infections et décès ;
  • enfin, l’analyse confirme le risque de décès le plus faible suite à l’infection par le SRAS-CoV-2 dans le groupe d’âge 5- 9 ans.

 

Ces travaux démontrent l’intérêt des données de décès par âge pour reconstituer le niveau de transmission de l’infection à SRAS-CoV-2 dans un pays, ainsi que son évolution au fil du temps. Une approche fiable sauf à considérer les décès des groupes d’âge plus élevé et qui pourrait être utile au niveau régional lorsque les enquêtes de séroprévalence ne sont pas envisageables.