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COVID-19 : L’immunité naturelle liée à une infection antérieure fait toute la différence

Actualité publiée il y a 1 semaine 1 jour 14 heures
NEJM
Une infection antérieure, qui confère en plus de l'immunité vaccinale, une immunité naturelle, apporte une protection plus stable et plus durable contre les formes sévères liées à Omicron (Visuel Adobe Stock 471977950)

Cette étude à paraître dans le New England Journal of Medicine fait le point sur l'immunité naturelle et l’immunité vaccinale vaccinale et leurs différentes combinaisons possibles, face aux vagues successives de circulation du variant Omicron. L’équipe de virologues et d’immunologistes de la Weill Cornell Medicine (New York) confirme qu’un rappel vaccinal « récent » avec un vaccin à ARNm (Pfizer ou Moderna), après un schéma de vaccination à 2 doses apporte une protection efficace mais très temporaire contre l'infection par Omicron. En revanche, une infection antérieure, qui confère en plus de l'immunité vaccinale, une immunité naturelle, apporte une protection plus stable et plus durable contre les formes sévères liées à Omicron.

 

Les chercheurs newyorkais analysent ici la vague Omicron, au Qatar et au cours de l'hiver dernier, comparent les résultats des infections à Omicron, aux résultats d’infections antérieures, et évalue les niveaux et la durée de l’immunité naturelle et de l'immunité vaccinale -et de leurs combinaisons- sur un large échantillon de plus de 100.000 personnes infectées et non infectées par Omicron.

 

L’étude : l’équipe du Dr Abu-Raddad a analysé les dossiers de santé électroniques de toute la base du Qatar, dont les données de tests RT-PCR pour le SRAS-CoV-2 effectués dans le pays. Les chercheurs ont qualifié les tests PCR positifs associés aux symptômes d'infection pendant la vague omicron (B.1.1.529) de fin décembre à février 2022. Chaque participant diagnostiqué positif a été apparié avec un participant témoin PCR-négatif selon le sexe, la semaine du test, la tranche d'âge et l’origine ethnique. L’équipe a ensuite analysé comment les infections de la vague précédente et les antécédents de vaccination des 2 groupes pouvaient différer. L'analyse des données de 104.490 participants révèle que :

 

  • sans surprise- la vaccination complète par ARNm plus une dose de rappel, en plus d’une immunité naturelle due à l'infection par une variante antérieure, est associée à la protection la plus élevée contre l'infection par Omicron ;
  • cependant, l'immunité vaccinale contre une nouvelle infection décline rapidement, alors que les personnes atteintes d'une variante antérieure de l'infection sont un peu mieux protégées contre Omicron avec peu de baisse de protection même 1 an après leur infection antérieure ;
  • ainsi, la vaccination et l'infection antérieure apportent la « meilleure » protection et la plus durable contre le COVID-19 sévère, critique ou mortel lié à l’infection par Omicron ;
  • un antécédent de vaccination avec les 2 doses standard du vaccin à ARNm Pfizer ou Moderna, mais sans aucun antécédent d'infection antérieure, n'apporte aucune protection significative contre l'infection symptomatique à Omicron ;
  • une dose de rappel protège à environ 60 % ;
  • chez les personnes non vaccinées, l'infection par le SRAS-CoV-2 au cours d'une vague de variantes antérieures semble protéger à environ 50 % contre l'infection symptomatique pendant la vague d'Omicron, et cette immunité naturelle apporte toujours le même degré de protection même 1 an après l'infection ;
  • enfin, la vaccination, une infection antérieure seule ou une combinaison des 2, protège toujours, mais avec une efficacité très variable contre les formes graves causées par l’infection à Omicron : avec une efficacité évaluée à 72 % pour une infection précédente seule à 100 % pour une infection précédente + 3 doses de vaccin.

 

« L’analyse constate que les taux de COVID-19 sévères pendant la vague Omicron, au Qatar, sont restés très faibles, même chez les personnes qui n’avaient reçu que 2 doses de vaccin ou qui avaient seulement connu une infection », commente l’auteur principal, le Dr Heba Altarawneh, chercheur à la Weill Cornell Medicine (Qatar et New York).

 

En clair, l’étude confirme les avantages de la vaccination chez les personnes déjà infectées pour une protection optimale contre la variante Omicron : l’immunité naturelle conférée par une infection précédente semble être la condition d’une protection à la fois élevée mais surtout durable contre Omicron.