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COVID-19 : L’inégalité face à la maladie se lit dans la mortalité

Actualité publiée il y a 1 mois 3 semaines 4 jours
JAMA Network Open
L'analyse confirme, à travers une très grande variabilité du risque de décès, la très grande vulnérabilité des minorités face à la pandémie (Visuel Adobe Stock 353443690)

Cette très large étude américaine, publiée dans le Journal of American Medical Association (JAMA) Open, qui s’est concentrée sur les variations de taux de mortalité liée au COVID-19 selon l'origine ethnique et le niveau d’études, à partir de l’analyse des données de 220 millions de participants, confirme, à travers une très grande variabilité du risque de décès, la très grande vulnérabilité des minorités face à la pandémie.

 

En effet l’analyse conclut que l’incidence des décès liés au COVID-19 est beaucoup plus élevée et de 71% au sein de la plupart des minorités ethniques et culturelles qu’au sein des populations blanches, y compris après prise en compte des niveaux d’éducation. En d’autres termes, si toutes les minorités avaient connu les mêmes taux de mortalité que les populations plus privilégiées, 71% des décès recensés chez ces minorités auraient été évités.

 

Ainsi, concluent tout simplement les chercheurs,

"les caractéristiques socio-économiques doivent être prises en compte comme facteur de risque à part entière

de complications ou de sévérité de la maladie COVID-19".

 

Précisément, il s’agit d’une étude transversale qui a analysé les données de mortalité liée au COVID-19, dans les 50 États américains et le district de Columbia sur toute l'année 2020 et chez toutes les personnes âgées de 25 ans ou plus, recensées et qualifiées en fonction de leur appartenance à une minorité et en fonction de leur niveau d’études. L’analyse constate que :

 

  • parmi les 219,1 millions de participants (à 51% des femmes), 376.125 décès dus au COVID-19 ont été recensés ;
  • les taux de mortalité ajustés en fonction de l'âge pour 100.000 participants sont estimés à :
  • 54,4 /100.000 chez les femmes d’origine asiatique ayant fait des études supérieures ;
  • à 699/100.000 chez des personnes insulaires du Pacifique n’ayant pas obtenu plus qu’un diplôme d'études secondaires au cours de leurs études ;
  • si tous les groupes avaient connu les mêmes taux de mortalité que les personnes blanches, il y aurait eu 48 % de décès en moins chez les adultes âgés de 25 ans ou plus dans l'ensemble,
  • dont 71 % de décès en moins parmi les minorités ethniques.

 

La recherche et la pratique en santé publique devraient donc s'intéresser « un peu plus » aux caractéristiques socio-économiques et à la manière dont elles peuvent être associées à des inégalités de facteurs de risque d'exposition au SRAS-CoV-2, d’accès à l’éducation à la prévention, d’accès aux soins et finalement à de grandes variations dans les taux de mortalité.