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COVID-19 : L'IRM révèle d'importantes anomalies cérébrales

Actualité publiée il y a 1 année 4 mois 2 semaines
RSNA 2022
Environ 20 % des personnes ayant développé une forme symptomatique développent des effets à long terme du COVID-19 (Visuel Adobe Stock 156152444)

Environ 20 % des personnes ayant développé une forme symptomatique développent des effets à long terme du COVID-19, selon les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) américains. À l'aide d'un type spécial d'IRM, ces chercheurs de Delhi identifient des changements cérébraux chez des patients jusqu'à 6 mois après leur récupération du COVID-19. Ces données présentées lors de la Réunion annuelle de la Radiological Society of North America (RSNA), apportent une nouvelle compréhension des formes longues du COVID et de leurs caractéristiques neurologiques.

 

Les symptômes neurologiques associés au COVID long comprennent des difficultés à se concentrer, des maux de tête, des troubles du sommeil, des étourdissements, des picotements, une perte ou des changements de goût (dysgueusie) et d’odorat (anosmie), une dépression ou de l'anxiété. Le COVID long induit également d’autres types de symptômes, associés à d’autres systèmes du corps, dont des modifications du cœur, des poumons ou d'autres organes, même chez les patients asymptomatiques. Tous ces effets durables deviennent de mieux en mieux documentés.

L’imagerie pour préciser les « dégâts » du COVID sur le cerveau

Ici, c’est un type d’IRM, l’imagerie pondérée en fonction de la sensibilité qui permet d’analyser plus avant les effets du COVID-19 sur le cerveau. Cette imagerie sensible à la susceptibilité magnétique permet d’évaluer dans quelle mesure certains matériaux, tels que le sang, le fer et le calcium, seront magnétisés dans un champ magnétique appliqué. Cette capacité facilite la détection et la surveillance d’un grand nombre de conditions neurologiques, dont les microhémorragies, les malformations vasculaires, les tumeurs cérébrales et les accidents vasculaires cérébraux (AVC). C’est la première fois que ce type d’imagerie est utilisé pour analyser les effets du COVID long sur le cerveau, relèv l’auteur principal de l’étude, Sapna S. Mishra, chercheur à l'Indian Institute of Technology de Delhi.

Une nouvelle image des effets neurologiques du COVID-19

L’étude analyse les données d'imagerie de 46 patients ayant récupéré d’un COVID et de 30 témoins en bonne santé. L'imagerie a été réalisée dans les 6 mois suivant la guérison. Parmi les patients atteints de COVID de longue durée, les symptômes alors les plus fréquemment signalés comprenaient la fatigue, les troubles du sommeil, le manque d'attention et les problèmes de concentration et de mémoire.

 

  • L’imagerie révèle des anomalies importantes chez ces survivants du COVID :
  • « Les changements de valeurs de susceptibilité des différentes zones du cerveau suggèrent des changements de composition dont des quantités anormales de composés paramagnétiques ou contenant du fer et une calcification excessive » ;
  • Chez les patients ayant eu un COVID, des valeurs de sensibilité significativement plus élevées dans le lobe frontal et le tronc cérébral vs témoins qui traduisent des différences dans la substance blanche, dans des zones principalement liées à la fatigue, l'insomnie, l'anxiété, la dépression, les maux de tête et les troubles cognitifs ;
  • des anomalies sont retrouvées dans certaines parties du gyrus frontal orbital-inférieur gauche (une région clé impliquée dans la compréhension et le langage) et du gyrus frontal orbital-inférieur (associé à diverses fonctions cognitives dont l'attention, l'inhibition motrice et l’imagination ainsi que certains processus cognitifs sociaux) ;
  • une différence significative est également observée dans la région du diencéphale ventral droit du tronc cérébral. Cette région est associée à de nombreuses fonctions corporelles cruciales, notamment la coordination avec le système endocrinien pour la libération des hormones, la transmission des signaux sensoriels et moteurs vers le cortex cérébral et la régulation des rythmes circadiens.

 

L’étude met ainsi en évidence des différences ou anomalies cérébrales, structurelles objectives et persistantes chez les personnes ayant développé un COVID symptomatique et ces caractéristiques qui perdurent même des mois après la guérison de l'infection localisées dans des zones cérébrales clés, apportent des indices et une meilleure compréhension des symptômes neurologiques et cognitifs observés chez ces patients.

 

Les chercheurs poursuivent le suivi de cette même cohorte de patients pour déterminer si ces anomalies cérébrales vont persister sur une période encore plus longue.

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