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COVID-19 : Mémoire immunologique et protection à long terme

Actualité publiée il y a 5 mois 4 jours 5 heures
Nature
Les chercheurs documentent ainsi, dans la revue Nature,  une signature moléculaire de cette mémoire immunologique à long terme (Visuel Adobe Stock 235711378)

Alors que restent sans réponse de nombreuses questions sur la façon dont l'exposition au SRAS-CoV-2 par l’infection ou la vaccination peut permettre, ou pas, une immunité protectrice à long terme, cette équipe de virologues et d’immunologistes de l’Université de Zürich décrypte la protection à long terme apportée par la mémoire immunologique (en pratique les lymphocytes T à mémoire)  face à de nouvelles expositions aux coronavirus. Les chercheurs documentent ainsi, dans la revue Nature,  une signature moléculaire de cette mémoire immunologique à long terme.

 

L’auteur principal, le Dr Onur Boyman, chef de Service d’Immunologie et son équipe de l'Hôpital universitaire de Zurich examinent de plus près comment se forme cette protection à longue durée de vie. En collaboration avec des collègues de l'ETH (École polytechnique fédérale) Zurich, les scientifiques suisses identifient des voies de signalisation spécifiques qui déterminent le stade auquel les cellules immunitaires se transforment en lymphocytes T à mémoires.

Des cellules tueuses T de courte durée aux lymphocytes T à mémoire à long terme

Des cellules T de courte durée : les anticorps spécifiques du virus produits par les lymphocytes B sont insuffisants pour protéger efficacement contre le coronavirus. La réponse immunitaire cellulaire au SRAS-CoV-2 est tout aussi importante : dans ce cas, les lymphocytes T CD8+ spécifiques au virus jouent un rôle crucial, car ils peuvent identifier et tuer les cellules qui ont été infectées par le virus. Ces cellules T cytotoxiques éliminent les virus cachés à l'intérieur des cellules hôtes et aident à prévenir la propagation de millions de virus nouvellement formés.

 

« Ces cellules T ne sont généralement actives que pendant une courte période et disparaissent rapidement. Lorsqu'il s'agit d'établir une immunité protectrice à long terme, il est important de générer des cellules T mémoire à longue durée de vie qui s'activeront très rapidement lors d’une nouvelle exposition au virus », explique l’auteur.

 

La mémoire immunologique, constituée par les lymphocytes T à mémoire permet d’assurer cette protection à long terme, active en cas de nouvelle infection. De précédentes études se sont concentrées sur l'ensemble de la population de lymphocytes T CD8+ qui se forme en réponse au virus, mais aucune n’avait suivi jusqu’à ce jour la transition de ces cellules T vers des lymphocytes T à mémoire.

 

L’étude : ici, les chercheurs suivent des clones individuels de cellules T CD8+ spécifiques au SRAS-CoV-2 chez des patients atteints de Covid-19, depuis l'infection virale aiguë « de départ » et jusqu'à un an après la guérison. Ils identifient ainsi les voies de signalisation responsables de la transition de ces lymphocytes T à courte durée de vie vers des cellules mémoire à longue durée de vie.

Une signature moléculaire distincte est identifiée

pour ces lymphocytes T CD8+ mémoire à longue durée de vie.

Cette signature est d’ailleurs présente juste après une infection aiguë par le SRAS-CoV-2.  Ces cellules T à mémoire peuvent ainsi être distinguées de leurs homologues à courte durée de vie dès les premiers stades. « La signature distincte de ces cellules mémoire comporte des signaux de messagers immunitaires, tels que les interférons, qui forment une partie importante de la réponse immunitaire contre le SRAS-CoV-2 et contribuent également au contrôle des infections virales ».

 

Une mémoire immunologique variable d’un patient à l’autre ? Cette réponse immunitaire varie, parfois la mémoire immunologique du SRAS-CoV-2 est - ou n'est pas – formée, et est - ou n'est pas - maintenue. De plus, alors que certaines infections entraînent une mémoire des cellules T robuste et durable, d'autres n'y parviennent pas. Cependant, la signature identifiée permet de déterminer quel type d'infection - par ex. légère ou sévère, systémique ou limitée aux membranes muqueuses - donne lieu à une immunité durable.

 

«  Mais, si chacun réagit différemment au virus ou au vaccin, l'immunité cellulaire joue toujours un rôle crucial dans la prévention des cas sévères chez les personnes vaccinées et guéries », ajoutent les chercheurs.