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COVID-19 : Ouverture des écoles, le retour de l’expérience suédoise

Actualité publiée il y a 7 mois 1 semaine 3 jours
PNAS
Le maintien de l’ouverture des collèges a entraîné une augmentation des infections chez les parents qui reste « légère », en revanche les taux d’infection ont doublé chez les enseignants (Visuel Adobe Stock 382043715)

De nombreux pays ont fermé des écoles pendant la pandémie pour contenir la propagation du SRAS-CoV-2. La Suède a fermé les établissements d'enseignement secondaire supérieur (lycées) mais a laissé ouverts les collèges. Cette étude a analysé l'impact des fermetures des établissements sur la propagation du SRAS-CoV-2, constate que le maintien de l’ouverture des collèges a entraîné une augmentation des infections chez les parents qui reste « légère », en revanche les taux d’infection ont doublé chez les enseignants, avec un taux de propagation élevé chez leurs partenaires. Globalement, l’analyse, publiée dans les Actes de l’Académie des Sciences américaine (PNAS), suggère que le fait de garder les collèges ouverts a eu un impact mineur sur la propagation globale du SRAS-CoV-2 dans la société, mais engage à mieux protéger les enseignants contre le virus, par la vaccination notamment.

 

Précisément, le taux d'infection a doublé chez les enseignants du premier cycle du secondaire par rapport aux enseignants du deuxième cycle du secondaire. Le taux d'infection parmi les partenaires des enseignants du premier cycle du secondaire était 30% plus élevé que parmi leurs homologues du deuxième cycle du secondaire. Étant donné que l'âge des élèves est susceptible d'être en corrélation avec la gravité des symptômes, la contagiosité et différents types de comportement à risque, il est essentiel de comparer les parents d’enfants proches en âge.

Un risque a minima de 17% plus élevé pour les parents d’enfants qui sont restés en présentiel

Quel risque pour les parents ? Selon l'étude, le risque d'infection était de 17% plus élevé chez les parents dont le plus jeune enfant a étudié en dernière année du premier cycle du secondaire plutôt qu'en première année du deuxième cycle du secondaire. Si les écoles du premier cycle du secondaire avaient été mises en distanciel, 500 cas en moins auraient probablement été détectés sur un total de 450.000 parents du premier cycle du secondaire.  C’est à mettre en regard des 53.000 cas confirmés par PCR dans la population totale de janvier à mi-juin 2020.

 

Quel risque pour les enseignants ? En comparant les enseignants du premier et du deuxième cycle du secondaire, l’analyse constate que le risque d'infection confirmée par PCR à COVID-19 double lorsque l’établissement reste ouvert. En comparaison des autres professions, les enseignants du secondaire supérieur présentent un risque médian d'infection, tandis que

les enseignants du secondaire inférieur constituent la 7è profession la plus touchée.

Cette comparaison exclut les professionnels de santé, précisent les chercheurs. À la fin juin, 79 des 39.500 enseignants du premier cycle du secondaire avaient été hospitalisés en raison du COVID-19, dont un est décédé. Il y aurait eu 33 cas confirmés de moins et probablement aucun décès si les collèges étaient restés fermés.

 

Quel risque pour les familles des enseignants ? L'étude révèle que le risque d'un test PCR positif est 30% plus élevé chez les partenaires des enseignants du premier cycle du secondaire que chez leurs homologues du deuxième cycle du secondaire.

 

La fermeture des établissements scolaires est une mesure coûteuse, y compris sur un plan psychologique, qui peut avoir des effets considérables à long terme sur les élèves et les étudiants. Les résultats pour les parents sont conformes aux modèles théoriques prévoyant un impact limité des fermetures d'écoles sur la transmission générale du SRAS-CoV-2. Dans une comparaison internationale, les mesures de précaution prises dans les établissements suédois sont mieux décrites comme « modérées ». Les résultats pour les enseignants incitent à prendre d'autres mesures plus rigoureuses de prévention.

 

Enfin, l’étude n’a pas regardé l'impact des fermetures d'écoles sur la transmission du virus chez les élèves. Cependant, les auteurs confirment le très faible nombre de cas recensés en général chez les jeunes. En particulier, aucun décès par COVID-19 n'avait été enregistré chez les enfants et les jeunes âgés de 2 à 19 ans en Suède jusqu'à l’été 2020.