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COVID-19 : Pourquoi maladie pulmonaire rime avec forme sévère

Actualité publiée il y a 1 mois 2 semaines 2 jours
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Pourquoi les personnes atteintes de maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC) sont plus vulnérables aux formes sévères de COVID-19 (Visuel Adobe Stock 390810564)

Cette étude mondiale, menée au Centenary Institute et à l'Université de technologie de Sydney (UTS) révèle pourquoi les personnes atteintes de maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC) sont plus vulnérables aux formes sévères de COVID-19. Ces travaux, publiés dans l’American Journal of Respiratory and Critical Care Medicine suggèrent le développement de nouvelles thérapies permettant de réduire l'infection au COVID-19 chez les patients atteints de MPOC.

Des médicaments sont déjà en cours de tests.

 

L’auteur principal, le Dr Matt Johansen, du Centenary UTS Center for Inflammation rappelle que la MPOC qui provoque un blocage des voies aériennes et des troubles respiratoires, ne touche pas moins de 400 millions de personnes dans le monde. Ainsi, il est important de comprendre la susceptibilité particulière de ce groupe de patients, au COVID-19.

 

L'étude, in vitro, a consisté à infecter des cellules des voies respiratoires de patients atteints de MPOC et de témoins en bonne santé mais atteints du SRAS-CoV-2, le virus responsable du COVID-19. Cette analyse révèle que :

  • les cellules des voies respiratoires de patients atteints de MPOC étaient 24 fois plus infectées par le SARS-CoV-2

que les cellules saines ;

  • les informations génétiques des cellules infectées issues du séquençage de l’ARN cellulaire, montrent que 7 jours après l'infection par le SRAS-CoV-2, la charge virale dans les cellules des voies respiratoires des patients atteints de MPOC est multipliée par 24 par rapport aux cellules prélevées sur des individus en bonne santé ;
  • les cellules « MPOC » infectées présentent des niveaux accrus de protéase transmembranaire sérine 2 (TMPRSS2) et de cathepsine B (CTSB), 2 enzymes que le SRAS-CoV-2 utilise pour pénétrer dans la cellule hôte.

 

« Ces deux enzymes sont augmentées chez les patients atteints de MPOC et favorisent une plus grande infection par le SRAS-CoV-2 par rapport aux personnes en bonne santé. En termes simples, une infection cellulaire plus facile et accrue rend beaucoup plus probable que les personnes atteintes de MPOC puissent développer une forme sévère de la maladie ».

 

  • les niveaux des principales protéines antivirales (interférons) qui protègent contre l'infection sont largement réduits dans les cellules des voies respiratoires des patients atteints de MPOC : c’est probablement un déclencheur de l'augmentation de la production virale chez les patients atteints de MPOC ;
  • les cellules des voies respiratoires des patients atteints de BPCO présentent également des niveaux plus élevés de cytokines pro-inflammatoires, ce qui est lié à des résultats plus sévères, à la fois de la maladie pulmonaire et du COVID-19.

 

« La MPOC est une maladie inflammatoire. Les patients atteints présentent donc une inflammation accrue au départ par rapport aux personnes en bonne santé. Il est fort probable que le SRAS-CoV-2 exacerbe ce niveau d'inflammation déjà élevé ce qui conduit à ces complications ».

 

Des perspectives de nouveaux médicaments ? De premiers tests menés en laboratoire et visant à inhiber les enzymes TMPRSS2 et CTSB et à cibler les niveaux élevés d'inflammation sont déjà des succès : les molécules testées ont permis de réduire considérablement la charge virale dans les cellules des patients atteints de MPOC. Cette étude permet donc non seulement de mieux comprendre les mécanismes de la sensibilité accrue au COVID-19 chez les patients atteints de maladie pulmonaire, mais désigne aussi de nouvelles cibles pour réduire la gravité du COVID-19 chez ce groupe de patients.