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COVID-19 : Quel risque pour l’Afrique ?

Actualité publiée il y a 5 mois 2 semaines 5 jours
The Lancet et Inserm
Plus de 76.000 cas ont été confirmés au 22 février 2020 (Source GISAID)

Alors que l’épidémie de pneumonie à coronavirus 2019 (COVID-19) s'est propagée de la Chine à 25 pays, avec plus de 76.000 cas confirmés au 22 février 2020 (Source GISAID), qu’un premier cas a été recensé en Egypte, cette équipe de chercheurs l’Inserm s’est penchée à nouveau sur le risque d’importation du virus en Afrique. Les conclusions de ces travaux publiés dans le Lancet sont plutôt rassurantes : si l’Égypte, l’Algérie et l’Afrique du Sud apparaissent les pays les plus exposés au risque d’importation du virus en Afrique en raison d’échanges commerciaux plus importants avec la Chine, leurs ressources sanitaires (score SPAR) ainsi qu’un ensemble de facteurs pouvant influer sur la réponse apportée à l’épidémie (score IDVI) sont parmi les plus élevés du continent africain.

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Ces travaux de modélisation menés par l’équipe de Vittoria Colizza, directrice de recherche Inserm, en collaboration avec l’Université libre de Bruxelles, The Oxford Martin Programme on Pandemic Genomics et l’Université de Californie Los Angeles, interviennent alors que des cycles locaux de transmission se sont déjà produits dans 12 pays après l'importation des cas. En Afrique, un seul cas a été confirmé, le 14 février, en Égypte. Enfin, le continent africain pose de manière plus aiguë la question de l'état de préparation et de la vulnérabilité des systèmes de santé, en regard du risque imminent d'importation de COVID-19.

Les pays africains à risque élevé sont globalement les mieux préparés

Les pays africains à risque élevé sont globalement les mieux préparés

 

Ici, les chercheurs utilisent différents types de données pour leur modélisation :

  • les données de volume des voyages par avion des provinces infectées en Chine et vers les différents pays d'Afrique pour estimer le risque d'importation par pays ;
  • la capacité du pays à détecter les cas et à y répondre à l’aide de 2 indicateurs :
  • l'état de préparation, en utilisant l’International Health Regulations Monitoring and Evaluation Framework du Règlement sanitaire international de l'OMS : chaque pays fait une déclaration annuelle de ses ressources à l’OMS (State Party self-assessment annual reporting tool – SPAR). Ces ressources comprennent la législation, l’adhésion aux cadres de l’OMS, les ressources en biologie, médical, urgences, la sécurité alimentaire, le niveau d’équipement des centres de soins de santé…
  • la vulnérabilité, en utilisant l'indice de vulnérabilité aux maladies infectieuses (IDVI : Infectious Disease Vulnerability Index). L’IDVI tient compte de facteurs non directement liés au système sanitaire mais pouvant influer sur la réponse à l’épidémie dont l’importance de la population, le niveau socio-économique, le contexte politique…

 

 

L’analyse montre que :

  • les pays présentant le risque d'importation du virus le plus élevé, en particulier en raison de l’importance des échanges aériens avec les provinces chinoises contaminées, soit l'Égypte, l'Algérie et l'Afrique du Sud, présentent une capacité certaine (modérée à élevée) de réponse aux flambées épidémiques ; au global, ces pays sont aussi parmi les mieux équipés du continent pour détecter rapidement les nouveaux cas et les prendre en charge ;
  • les pays à risque modéré soit le Nigéria, l'Éthiopie, le Soudan, l'Angola, la Tanzanie, le Ghana et le Kenya ont une capacité variable et une plus grande vulnérabilité. Ainsi, dans ces pays, le risque d’importation du virus est plus faible mais les carences sanitaires peuvent faire craindre une diffusion rapide.

 

 

Si les pays africains renforcent en urgence leur préparation face au risque d’importation de COVID-19,

certains pays n’ont pas les ressources nécessaires : seulement près des trois quarts des pays africains disposent d'un plan de préparation à une pandémie de grippe.