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COVID-19 : Quelle gestion du confinement pour amortir la prochaine vague ?

Actualité publiée il y a 3 mois 1 semaine 6 jours
The Lancet Public Health
Si ces vagues arrivaient trop rapidement, cela pourrait à nouveau submerger les systèmes de santé

Cette étude de modélisation de la London School of Hygiene & Tropical Medicine (UK) qui a estimé l'impact des mesures de distanciation physique via le confinement notamment, sur la progression de l'épidémie de COVID-19 à Wuhan, suggère que la prolongation des fermetures d'écoles et des bureaux, à Wuhan, jusqu'en avril, plutôt que jusqu’à fin mars, permettrait de retarder la deuxième vague probable « du tsunami » jusqu'à la fin de l'année, ce qui permettrait aussi d’alléger la pression sur les systèmes de santé. Des travaux présentés dans le Lancet Public Health très en faveur des mesures de confinement et de leur assouplissement progressif.

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Les chercheurs utilisent un modèle mathématique pour simuler l'impact de la prolongation ou de l’assouplissement des mesures actuelles et prévoient qu’en les levant en mars, une deuxième vague de cas pourrait survenir fin août, alors que leur maintien jusqu'en avril retarderait le deuxième pic jusqu'en octobre. Cependant, les auteurs reconnaissent aussi les grandes incertitudes sur les variables du modèle, en particulier sur le taux de reproduction de base (ou nombre moyen de personnes qu’une personne infectée peut à son tour infecter) et sur la durée de l’infection et de la contagiosité qui déterminent l’impact du relâchement des mesures physiques de distanciation.

En assouplissant progressivement les restrictions, cela pourrait permettre de retarder et d’aplatir le pic 

 

« Si les mesures sans précédent que la ville de Wuhan a mises en place pour réduire les contacts sociaux ont contribué à contrôler l'épidémie », explique l’auteur principal, le Dr Kiesha Prem de la London School of Hygiene & Tropical Medicine, « la ville doit maintenant être très prudente et éviter de lever prématurément les mesures de distanciation physique, car cela induire un second pic plus précoce. En revanche, en assouplissant progressivement les restrictions, cela pourrait permettre de retarder et d’aplatir le pic ».

Ces conclusions sont issues d’un modèle mathématique de transmission du virus, permettant d’évaluer l’impact des différentes mesures de confinement et de distanciation, à partir des données de fréquence à laquelle les personnes d'âges différents sont en contacts, dans différents lieux et contextes. Les chercheurs ont nourri leur modèle avec les données de propagation du COVID-19 à Wuhan et dans le reste de la Chine et de nombre de contacts par jour et par groupe d'âge, puis ont comparé les effets de 4 scénarii :

  1. Aucune intervention et pas de vacances ; 
  2. pas de mesures physiques de distanciation et de confinement, mais « break » des vacances scolaires d'hiver et les vacances du Nouvel An lunaire comme d'habitude ;
  3. mesures de contrôle intenses avec fermeture des établissements scolaires et seulement environ 10% de la main-d'œuvre (essentielle) en activité
  4. Les chercheurs ont également modélisé l'impact de la levée des mesures de contrôle de manière échelonnée et à différentes étapes de l'épidémie durant les mois de mars d’avril.

 

La modélisation de ces différents scenarii suggère de tempérer :

  • l’effet « break » des seules vacances scolaires aurait eu peu d'impact sur la progression de l'épidémie ;
  • mise en place de mesures extrêmes pour réduire les contacts en milieu scolaire et sur le lieu de travail permet bien de réduire le nombre de cas et l'ampleur du pic épidémique, tout en retardant le pic ;
  • les effets des mesures de distanciation et de confinement diffèrent selon l'âge, les plus fortes réductions de nouveaux cas se produisant chez les écoliers et les personnes âgées, et les plus faibles chez les adultes en âge de travailler ;
  • l’assouplissement de ces mesures entraînera immanquablement une hausse des cas ;
  • cependant, les mesures prises, de distanciation et de confinement seront probablement plus efficaces en cas d’un « retour échelonné au travail » au début du mois d'avril -donc retardé pour la Chine-. Ce report pourrait permettre de réduire le nombre médian de nouvelles infections de 24% jusqu'à la fin de 2020 et retarder le deuxième pic au mois d’octobre.
  • Bien évidemment, il est complexe de généraliser ou adapter ces données aux autres scenarii des autres pays, car la structure démographique et la vie sociale sont différents. Cependant, les chercheurs concluent à un enseignement pouvant s'appliquer probablement partout : les mesures physiques de confinement et de distanciation sont très utiles, et nous devons soigneusement ajuster leur mise en œuvre de manière à éviter de trop fortes vagues d'infection ultérieures.

 

Si ces vagues arrivaient trop rapidement, cela pourrait à nouveau submerger les systèmes de santé

 

Dans un commentaire, un expert des épidémies, le Dr Tim Colbourn de l'University College London, qualifie cette étude de « cruciale pour les décideurs du monde entier, car elle précise les effets de l'extension ou de l'assouplissement des mesures de contrôle de la distance physique sur l'épidémie COVID-19 à Wuhan, en Chine. Les nouveaux modèles de réponse à COVID-19 devraient inclure des tests généralisés, le suivi des contacts, la mise en quarantaine « localisée » des cas suspects comme principale stratégie d'intervention alternative au confinement généralisé, soit au début de l'épidémie, si elle est très faible, soit après l'assouplissement du confinement».