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COVID-19 : Tests virologiques, 20 à 70% de faux-négatifs ?

Actualité publiée il y a 2 mois 3 jours 27 min
Annals of Internal Medicine
Au moins 1 personne sur 5 infectée obtient un résultat faux-négatif ! (Visuel AdobeStock_334179763)

Tester les personnes pour le coronavirus SRAS-CoV-2 associé à COVID-19 trop tôt dans le cours de l'infection est susceptible d'entraîner un faux négatif, même si la personne testée est en réalité bien positive pour le virus, souligne cette équipe de biologistes de la Johns Hopkins Medicine. L’équipe traite ici l’imprécision du test virologique RT-PCR (reverse transcription‐polymerase chain reaction) qui détecte sur des prélèvements nasopharyngés par écouvillons, le matériel génétique du virus. Ces données, publiées dans les Annals of Internal Medicine confirment les limites des tests de dépistage actuels et illustrent, à nouveau, une stratégie « évolutive » du virus.  

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Comme si le virus savait se faire discret sur une large part de la période d’infectiosité des personnes contaminées ou comme à travers les formes asymptomatiques mais néanmoins contagieuses de la maladie. Ainsi, souligne l’auteur principal, le Dr Lauren Kucirka, obstétricienne et gynécologue au Johns Hopkins : « Un test négatif, qu'une personne présente ou non des symptômes, ne garantit pas qu'elle n'est pas infectée par le virus. Or la façon dont nous réagissons à un test négatif et l’interprétons est ; dans la plupart des cas, de supposer que le test est parfait. Cependant, certaines personnes infectées sont toujours en mesure de propager le virus ».

Au moins 1 personne sur 5 infectée obtient un faux-négatif !

Cette méta-analyse des résultats des tests RT-PCR de 1.330 prélèvements de 7 études précédentes, dont 2 prépublications et 5 études évaluées par des pairs, a pu évaluer la probabilité qu'une personne infectée par le SRAS-CoV-2 obtienne un résultat négatif (faux-négatif). L’analyse montre que :

  • les sujets infectés testés dans les 4 jours suivant l'infection sont 67% plus susceptibles d’avoir un test négatif ;
  • les sujets infectés et symptomatiques testés rencontrent un taux de faux négatifs de 38% !
  • c’est 8 jours après l'infection et en moyenne, 3 jours après l'apparition des symptômes que le test est le plus fiable,
  • avec un taux de faux négatifs qui reste néanmoins de 20%, ce qui signifie qu'une personne sur cinq infectée obtient un faux-négatif.

 

« Alors que nous utilisons ces tests pour exclure COVID-19 et baser nos décisions sur des « preuves », que nous développons des stratégies pour rouvrir des services, des entreprises et d'autres sites qui dépendent des tests et du suivi des contacts, il est essentiel d’être conscient des limites de ces tests".

 

Quelles implications ? Si le test « PCR » a autant de limites,

l’idée serait alors de traiter tous les patients à risque élevé comme s'ils étaient infectés,

en particulier s'ils présentent des symptômes COVID-19 et même si les résultats du test sont négatifs. Une autre implication serait de communiquer avec les patients sur les lacunes des tests et d’expliquer que si un écouvillon ne collecte pas de cellules infectées par le virus, ou si la charge virale est trop faible au moment du test alors il est probable que le test aboutira à un faux-négatif.

 

« Tester avec précision est le seul moyen de contrôler la propagation du virus », réaffirment les auteurs.