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COVID-19 : Un cocktail de miARNs pour booster l’immunité des plus âgés

Actualité publiée il y a 4 mois 1 semaine 6 jours
Aging and Disease
Un cocktail de miARNs, administré par le nez, pourrait permettre de restaurer, chez les plus âgés, une protection moléculaire contre le virus (Visuel AdobeStock_330686823)

Cette équipe de l'Université Augusta apporte pour la première fois une explication possible de la vulnérabilité plus élevée des plus âgés à l’infection à SARS-CoV-2, à ses formes plus sévères et au risque de décès. En cause de minuscules ARNs censés se lier au coronavirus, pour l'empêcher de se répliquer, mais dont les niveaux diminuent avec l’âge et les comorbidités chroniques. Ces travaux, présentés dans la revue Aging and Disease, ouvrent la possibilité de cibler ce groupe de miARNs pour rétablir, chez les plus âgés, une réponse immunitaire « normale ».

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On sait que certains microARNs (miARNs) sont des modulateurs clés des infections virales. Ces miARNs agissent comme des régulateurs de l’expression des gènes du virus et peuvent influer sur l’accumulation, l’infection et la réplication du virus dans les cellules hôtes. « Certains de ces microARNs qui vont couper l'ARN ou matériel génétique du virus », explique l’auteur principal, le Dr Sadanand Fulzele, chercheur au Center for Healthy Aging de l'Université Augusta. Mais avec l’âge, ce bataillon s’affaiblit et le coronavirus détourne beaucoup plus facilement notre machinerie cellulaire pour se reproduire et envahir les cellules de plusieurs organes cibles.

558 mi-ARNS identifiés ciblent les 2 coronavirus, SRAS et SARS-CoV-2

Ici, les chercheurs américains examinent la séquence d'ARN des 2 coronavirus, le SRAS (4 échantillons) et le SRAS-CoV-2 (29 échantillons) et la séquence des microARN qui semblent attaquer le virus, puis utilisent une simulation informatique pour trouver « les ARNs qui vont s'emboîter » logiquement, comme des pièces de puzzle. Ce modèle identifie 848 microARNs qui ciblent le génome du SRAS et 873 microARNs qui ciblent le génome du SRAS-CoV-2. 558 ciblent les 2 coronavirus. Les miARNs qui ciblent le SRAS-CoV-2 s’avèrent associés à 72 voies de régulation affectées par le virus, de la production de protéines données à la réponse immunitaire. Ces processus sont déjà connus pour leur dérégulation voire leur désactivation avec l'âge et certaines conditions médicales sous-jacentes comme le diabète et les maladies cardiovasculaires.

 

Un exemple : le miR-15b-5p présente une affinité élevée avec SRAS-CoV-2, mais il est régulé à la baisse chez les patients atteints de coronaropathie. En revanche, chez les personnes plus jeunes et en bonne santé ce miARN se lie au virus et empêche sa réplication, dans une certaine mesure.

 

Identifier les mi-ARNs anti-SARS-CoV-2 : sur les 29 échantillons de SARS-CoV-2 analysés, 19 présentent des miARNs identiques, ce qui indique une certaine « uniformité » du virus et suggère qu’un vaccin unique pourrait être efficace à l'échelle internationale. Des études in vitro et in vivo pré-cliniques vont suivre, pour valider ces miARNs cibles. Si ces premiers résultats contribuent à expliquer la caractéristique la plus frappante de COVID-19, soit l’importance du du taux de létalité chez les personnes âgées (qui représentent environ 80% des décès), ils ouvrent en effet une nouvelle voie thérapeutique et vaccinale qui consisterai à cibler, pour « les augmenter » ces miARNs anti-SARS-CoV-2.

 

« Il existe ainsi un ensemble clé de miARNs qui explique la plus forte vulnérabilité des plus âgés, ce sous-ensemble spécifique est essentiel. La question est de savoir si nous pouvons les cibler. » Les auteurs évoquent « un cocktail de miARNs, administré par le nez, qui permettrait de restaurer cette protection moléculaire contre le virus ».  L’équipe s’attaque déjà à la production de miARNs synthétiques avec, au préalable, l’identification des mi-ARNs qui auront le plus d’impact (ou d’affinité) sur le virus.