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COVID-19 : Un risque accru de troubles neurodégénératifs

Actualité publiée il y a 1 mois 1 semaine 6 jours
8th EAN Congress
Après un COVID-19, le risque de maladie d'Alzheimer est démultiplié (Visuel Adobe Stock 296940799)

Les patients testés positifs au COVID-19 encourent un risque plus élevé de développer des troubles neurodégénératifs, plus tard dans la vie, révèle cette étude de cliniciens du Rigshospitalet, (Copenhague). Ces conclusions, présentées lors du 8e congrès de l'Académie européenne de neurologie (EAN), font état notamment d’un risque multiplié par 3,5 fois de maladie d'Alzheimer.

 

L'étude a analysé les dossiers de santé de plus de la moitié de la population danoise et, sur les 919.731 personnes testées pour le COVID-19, les chercheurs ont découvert que les 43.375 personnes testées positives présentaient des risques démultipliés de plusieurs maladies neurodégénératives, soit :

  • un risque 3,5 fois plus élevé de maladie d'Alzheimer,
  • un risque 2,6 fois plus élevé de maladie de Parkinson,
  • un risque 2,7 fois plus élevé d’AVC ischémique,
  • un risque 4,8 fois plus élevé d’hémorragie intracérébrale (saignement dans le cerveau).

Alors que la neuroinflammation peut contribuer au développement accéléré de ces troubles neurodégénératifs,

ces données ne sont pas limitatives sur les séquelles à long terme possibles après COVID-19. L’auteur principal, le Dr Pardis Zarifkar, neurologue au Rigshospitalet, explique : « Plus de 2 ans après le début de la pandémie de COVID-19, la nature précise et l'évolution des effets du COVID-19 sur les troubles neurologiques restent mal comprises. De précédentes études ont établi une association avec des syndromes neurologiques, mais jusqu'à présent, on ne sait pas si le COVID-19 influence également l'incidence de maladies neurologiques spécifiques et si cet impact diffère de celui d'autres infections respiratoires ».

 

COVID ou grippe, mêmes effets neurologiques ?

Précisément, il s’agit de l’analyse des données de patients hospitalisés et suivis en ambulatoire au Danemark entre février 2020 et novembre 2021, ainsi que des patients grippés de la période pré-pandémique correspondante. Les chercheurs ont utilisé des techniques statistiques pour calculer le risque relatif, et les résultats ont été stratifiés selon la durée et le type d'hospitalisation, l'âge, le sexe et les comorbidités.

 

  • Le risque accru de la plupart des maladies neurologiques ne s’avère cependant pas plus élevé chez les patients positifs au COVID-19 que chez les patients diagnostiqués avec la grippe ou d'autres maladies respiratoires :
  • cependant, les patients COVID-19 ont un risque 1,7 fois plus élevé d'AVC ischémique par rapport aux patients hospitalisés pour la grippe ou une pneumonie bactérienne âgés de plus de 80 ans ;
  • en revanche, l’incidence d'autres maladies neurodégénératives telles que la sclérose en plaques, la myasthénie, le syndrome de Guillain-Barré et la narcolepsie n’augmente pas après le COVID-19, la grippe ou la pneumonie.

 

En synthèse, le risque de troubles neurodégénératifs et cérébrovasculaires est accru chez les patients COVID-19 positifs vs négatifs, mais, en dehors du risque d’AVC ischémique, la plupart des troubles neurologiques ne semblent pas être plus fréquents après le COVID-19 qu'après la grippe ou la pneumonie.

 

Ces résultats permettent de préciser pour les patients comme les cliniciens, les effets neurologiques à plus long terme du COVID-19 mais aussi des autres infections respiratoires.

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