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COVID-19 : Un risque augmenté avec l’excès d’alcool ?

Actualité publiée il y a 2 mois 1 semaine 2 jours
Drug and Alcohol Dependence
Chez ces jeunes femmes, l’excès d’alcool mène à des comportements à risque plus fréquents, ce qui augmente le risque d’exposition au virus (Visuel Adobe Stock 194578045)

C’est l’une des premières études à documenter un lien entre les excès de consommation d’alcool -précisément la pratique du binge drinking- et le risque d’infection COVID-19 : ce lien identifié plus fortement chez les jeunes femmes suggère qu’en réduisant leur consommation d'alcool, elles pourraient également réduire leur risque d'infection. Ces travaux, menés à l’Université Rutgers (New Jersey) et publiés dans la revue Drug and Alcohol Dependence, concluent à un facteur indirect sur le risque d'infection :  chez ces jeunes femmes, l’excès d’alcool mène à des comportements à risque plus fréquents, ce qui augmente le risque d’exposition au virus.

 

L'objectif de départ était d’évaluer l’impact de la pandémie et des mesures de distanciation sociale sur la consommation d’alcool, pour les différents groupes de population. Les chercheurs ont donc regardé si la consommation d'alcool et d’autres substances avait changé depuis la pandémie. Une première analyse les a incités à se concentrer sur le groupe des jeunes femmes âgées de 25 à 28 ans, dont le comportement avait plus fortement changé, probablement en raison de contraintes financières et de responsabilités de famille disproportionnées.

 

L'étude : les chercheurs ont pris en compte, dans leur analyse, différentes caractéristiques dont le statut socio-économique, l'infection au COVID-19 et ont rapproché ces données des différents modèles de consommation. L’analyse révèle que :

 

  • les jeunes femmes âgées de 25 à 28 ans qui ont signalé des excès d'alcool fréquents – soit 4 verres ou plus en une occasion de consommation- pendant la pandémie COVID-19 ont connu les taux d’infection plus élevés.

 

L'identification de ce groupe plus vulnérable et de ces facteurs de vulnérabilité peut éclairer sur les interventions permettant de traiter les disparités associées au risque d'infection, au COVID-19, mais pas seulement, soulignent les auteurs :

« Cette intersection des taux d'infections élevés avec des schémas de consommation excessive

chez les jeunes femmes appelle à une réponse de santé publique mieux personnalisée ».

 

Ces jeunes femmes constituent un groupe plus démuni, plus exposé, avec moins d’accès possibles au système de santé -notamment en raison de facteurs financiers et familiaux-, mais aussi moins vigilant dans l’observance des mesures de prévention et de distanciation, explique l’un des auteurs, le Dr Tammy Chung, professeur de psychiatrie.

 

« Les femmes qui déclarent consommer de l’alcool et d’autres substances ont besoin d’une intervention non seulement pour réduire leur consommation de substances, mais aussi d’un soutien financier et de santé mentale ».