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COVID-19 : Une immunité naturelle croisée contre les rhumes

Actualité publiée il y a 2 semaines 6 jours 13 heures
Science Advances
Avoir développé une maladie COVID-19, stimule les anticorps contre d’autres virus respiratoire (Visuel Adobe Stock 319612966)

Avoir développé une maladie COVID-19, stimule les anticorps contre d’autres virus respiratoire, concluent ces scientifiques du Scripps Research (La Jolla) qui, chez des patients COVID-19, en analysant les anticorps anti-coronavirus, identifient aussi plus d'anticorps qui reconnaissent d'autres virus apparentés. Ces travaux, publiés dans la revue Science Advances, suggèrent donc qu’avoir un rhume n’immunise pas contre le COVID-19, mais que développer une maladie COVID-19 immunise bien contre les coronavirus responsables du rhume.

 

De nombreux coronavirus sont également en circulation, dont certains responsables du rhume. Cette analyse des anticorps de 11 patients ayant développé un COVID ou pas, révèle comment l’infection à SARS-CoV-2 affecte la capacité du système immunitaire à reconnaître ces autres coronavirus. L’auteur principal, le Dr Andrew Ward, professeur of Integrative Structural and Computational Biology au Scripps explique que « mieux comprendre comment l'immunité contre cette vaste famille de coronavirus change avec l'infection au COVID-19 est une étape importante vers le développement de meilleurs vaccins contre le coronavirus voire « pan-coronavirus ».  

SARS-CoV-2 facteur d'immunité croisée contre les autres coronavirus

A priori, le SARS-CoV-2 n'est qu'1 des virus d’une famille large et diversifiée de coronavirus. Quelques-uns de ses proches parents (MERS, SRAS de 2002-2004…) sont tout aussi contagieux et virulents. Dans l'ensemble, bon nombre de ces coronavirus n'ont qu'un quart à la moitié de leur matériel génétique en commun avec le SRAS-CoV-2, mais des sections individuelles de leurs structures, et notamment de leur protéine de pointe sont considérées comme relativement similaire entre les membres de la famille.

 

L'hypothèse d'immunités croisées : depuis le début de la pandémie de COVID-19, les scientifiques se sont demandé si l'exposition antérieure à ces "coronavirus du rhume" avait un impact sur l'immunité au SRAS-CoV-2 et, de même, si l'infection par le COVID-19 pourrait changer la façon dont le système immunitaire reconnaît les coronavirus courants en circulation. Les anticorps du système immunitaire contre une protéine de pointe de coronavirus pourraient en effet reconnaître d'autres protéines de pointe similaires. L’analyse d’échantillons de sérum de 11 patients, dont 8 dataient d'avant la pandémie de COVID-19 (donc jamais exposés au SRAS-CoV-2) et dont 3 provenaient de donneurs ayant récemment eu le COVID-19 a permis de mesurer la force avec laquelle les échantillons répondent aux protéines de pointe isolées des différents coronavirus (précisément OC43 et HKU1), tous deux associés au rhume, ainsi que de SARS-CoV-1, MERS-CoV et SARS-CoV-2. L’analyse révèle que :

 

  • sans surprise, seul le sérum des patients ayant récupéré d’un COVID-19 réagit aux protéines de pointe du SRAS-CoV-2 ;
  • plus surprenant, ce même sérum de patients COVID-19 réagit également plus fortement que les échantillons pré-pandémiques aux autres protéines de pointe.

 

« L'exposition au SRAS-CoV-2 augmente les niveaux de ces anticorps », concluent les auteurs. Des études structurelles à haute résolution plus poussées sur ces anticorps sériques de 3 donneurs sains et de 2 patients COVID-19 révèlent que :

 

  • la plupart des anticorps anti-coronavirus d'avant la pandémie reconnaissent une section des protéines de pointe OC43 et HKU1 connue sous le nom de sous-unité S1, qui a tendance à varier considérablement d'un coronavirus à l'autre ;
  • cependant, un échantillon plus large d'anticorps est identifié dans les échantillons de patients COVID-19, dont des anticorps reconnaissant la sous-unité S2, qui varie moins entre les différents coronavirus.

 

Cette recherche apporte une première caractérisation de base des réponses anticorps des personnes aux coronavirus endémiques avant et après l'exposition au SRAS-CoV-2. L'objectif final restant de concevoir des vaccins « universels » ou « pan-coronavirus » capables de reconnaître de nombreux coronavirus différents ou la plupart des coronavirus en circulation. Enfin, ces travaux incitent de se concentrer sur la sous-unité S2.