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COVID-19 : Une molécule pour bloquer la liaison sulfureuse

Actualité publiée il y a 2 jours 18 heures 18 min
Chemical Science
L'absorption médiée par les thiols -des molécules organiques similaires aux alcools où l'oxygène est remplacé par un atome de soufre- est un des mécanismes d'entrée utilisé par certains virus (Visuel Adobe Stock 324732931)

Certains virus peuvent pénétrer à l'intérieur des cellules via un mécanisme impliquant des molécules organiques de soufre. Ces chimistes de l'UNIGE (Université de Genève) décryptent ce mécanisme et proposent des inhibiteurs de ce mécanisme, permettant ainsi de prévenir l’infection à SARS-CoV-2.

 

Pour pénétrer à l'intérieur d'une cellule et l'infecter, les virus exploitent les propriétés cellulaires et biochimiques des membranes. L'absorption médiée par les thiols -des molécules organiques similaires aux alcools où l'oxygène est remplacé par un atome de soufre- est un des mécanismes d'entrée utilisé par certains virus, dont le VIH. Cette équipe de recherche identifie des inhibiteurs hyperefficaces de ce mécanisme et démontrent leur capacité à bloquer l’entrée du SARS-CoV-2 dans les cellules hôtes.

L’espoir d’une nouvelle classe d’antiviraux.

L’équipe du Professeur Stefan Matile, du Département de chimie organique de la Faculté des sciences de l'UNIGE travaille sur les réactions des thiols avec d'autres structures contenant aussi du soufre : les sulfures, des molécules où le soufre est combiné à d'autre éléments chimiques. De précédentes études ont montré que l'entrée de certains virus dans la cellule utilisait un mécanisme impliquant des thiols, avec une étape clé dans ce processus, la liaison dynamique entre thiols et sulfures.

 

« Tout ce qui approche une cellule peut se connecter à ces liaisons dynamiques du soufre. Ces dernières permettent l'entrée du substrat dans la cellule soit par fusion, soit par endocytose, ou encore par translocation directe à travers la membrane cellulaire», écrivent les auteurs dans leur communiqué.

 

L’équipe s’est donc concentrée sur la recherche d'inhibiteurs potentiels des liaisons thiols et sulfures, dans l'espoir d'identifier de nouveaux antiviraux contre le SARS-CoV-2. Les scientifiques ont testé plusieurs inhibiteurs possibles en évaluant par microscopie à fluorescence, leur effet sur l'absorption cellulaire des molécules soufrées. L’équipe identifie ainsi des inhibiteurs ultrapuissants des liaisons thiols et sulfures.

 

Des tests antiviraux ont ensuite été menés sur des lentivecteurs, des virus de laboratoire modifiés pour exprimer les protéines de l'enveloppe virale du SARS-CoV-2 de manière inoffensive et sécurisée. Un des inhibiteurs s'est avéré efficace in vitro, pour bloquer l'entrée du virus modèle.

« Si ces résultats restent très préliminaires et s’il serait totalement spéculatif de dire que nous avons découvert un médicament antiviral contre le coronavirus, nous démontrons que l'absorption cellulaire médiée par les thiols pourrait être une piste intéressante pour le développement de futurs antiviraux », conclut l’auteur principal