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COVID-19 : Une tempête dans la tête ?

Actualité publiée il y a 10 mois 1 semaine 3 jours
Nature Neuroscience
La protéine de pointe, S1, passe la barrière hémato-encéphalique et amène le cerveau à libérer des agents inflammatoires qui provoquent une tempête dans le cerveau (Visuel Alice Gray).

Cette équipe de neurologues de l’Université de Washington montre comment la protéine de pointe traverse la barrière hémato-encéphalique. La recherche, présentée dans la revue Nature Neuroscience, suggère fortement que le virus pénètre dans le cerveau et contribue à expliquer les effets cognitifs associés à COVID-19.

 

En cause dans ce processus, la protéine de pointe, S1, qui passe la barrière hémato-encéphalique et amène le cerveau à libérer des agents inflammatoires qui provoquent une tempête dans le cerveau. De plus en plus de preuves montrent que les personnes atteintes de COVID-19 souffrent d'effets cognitifs, tels que le brouillard cérébral et la fatigue.

SARS-CoV-2, comme de nombreux virus, est porteur d’« une mauvaise nouvelle » pour le cerveau.

Pourquoi ? Parce que la protéine de pointe, ou le « bras armé » du virus, qui lui permet d’infecter les cellules hôtes, peut traverser la barrière hémato-encéphalique. Les chercheurs en font la démonstration chez la souris,  

La protéine de pointe S1 cible les cellules dans lesquelles le virus peut pénétrer. Habituellement, le virus fait la même chose que sa protéine de liaison, explique l'auteur principal, le Dr William A. Banks, professeur de médecine à l'Université de Washington et chercheur au système de santé des anciens combattants de Puget Sound. Il ajoute que les protéines de liaison comme S1 causent généralement des dommages en se détachant du virus et en provoquant une inflammation : « S1 amène probablement le cerveau à libérer des cytokines et des agents inflammatoires ».

 

La tempête de cytokines peut gagner le cerveau : cette inflammation intense causée par l'infection COVID-19 appelée « tempête de cytokines » est aujourd’hui bien décrite : le système immunitaire, en voyant « arriver » le virus et ses protéines, réagit de manière excessive dans sa tentative de tuer ces envahisseurs.

La personne infectée souffre de brouillard cérébral, de fatigue et d'autres troubles cognitifs.

L’exemple du VIH : SRAS-CoV-2 et VIH ont des glycoprotéines qui agissent de manière similaire : La protéine S1 de SRAS-CoV2 et la protéine gp 120 du VIH-1 sont 2 glycoprotéines (protéines qui contiennent beaucoup de sucres), qui se lient à d'autres récepteurs. Ces 2 protéines ont une capacité commune : elles peuvent traverser la barrière hémato-encéphalique et sont toxiques pour les tissus cérébraux.

« C'est du déjà vu »,

commente le chercheur qui travaille aussi depuis longtemps sur le VIH et plus largement sur la barrière hémato-encéphalique. Leur étude, menée chez la souris, qui apporte ainsi les preuves de cette capacité de S1 à passer la barrière hémato-encéphalique, contribue à expliquer de nombreuses complications du COVID-19.

Par ailleurs, les expériences menées chez l’animal, montrent que le transport de S1 est encore plus rapide dans le bulbe olfactif et le rein des mâles, que chez les femelles et contribue aussi à expliquer une vulnérabilité accrue des hommes à des formes plus sévères de la maladie.

 

Enfin, 3è conclusion, et non des moindres, cette pénétration du virus dans le cerveau pourrait aussi expliquer les formes longues de la maladie.