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COVID-19 : Vaccination, explications sur un scepticisme bien français

Actualité publiée il y a 3 mois 6 jours 8 heures
The Lancet Public Health
Un tiers de la population active française France qui hésite -en juillet 2020- à se faire vacciner… (Visuel Adobe Stock 400130175)

Un tiers de la population active française France qui hésite -en juillet 2020- à se faire vacciner… Ce sont les résultats d’une enquête réalisée juste après la première vague de COVID-19, auprès d’un échantillon représentatif de la population active française, publiés aujourd’hui dans le Lancet Public Health. Une hésitation bien française qui devrait se dissiper avec les premières données de sécurité des vaccins, une communication mieux ciblée sur l'immunité collective, mais aussi avec la levée de nouveaux obstacles, dont l’approvisionnement encore limité et chaotique en vaccins.

 

Ainsi, 29% des répondants français à cette enquête menée en juillet 2020 avaient alors exprimé leur refus de tout vaccin COVID-19. Si depuis les attitudes face à la vaccination ont évolué, en particulier avec l'approbation de plusieurs vaccins, la deuxième vague de COVID-19, et le taux extrêmement faible d’effets indésirables constaté au cours des premiers millions de vaccination, ces résultats suggèrent l’importance d’une bonne communication des avantages de l'immunité collective.

En juillet 2020, en France, environ un adulte sur 3 refusait la vaccination

L’immunité collective implique une vaccination de masse : l’enquête menée en France, où le scepticisme vis-à-vis des vaccins, en général, est un phénomène connu, met en évidence l’obstacle que constitue cette méfiance généralisée à l'égard des (nouveaux) vaccins, pour une stratégie de déploiement de vaccins suffisamment efficace pour atteindre l'immunité collective. Les auteurs rappellent qu’atteindre l'immunité collective implique que 60% environ de la population soient immunisés, naturellement par infection, ou par la vaccination. Mais dans la situation actuelle, et en raison des différentes mesures de distanciation qui, heureusement, limitent la circulation du virus et le taux d’infection, cela signifie une couverture vaccinale élevée et une vaccination de masse.

 

L’enquête a été réalisée en ligne auprès d’un échantillon représentatif de 1.942 adultes en France âgés de 18 à 64 ans. La première partie du questionnaire portait sur des informations générales telles que le comportement vis-à-vis du vaccin et le risque de développer une forme sévère de COVID-19. Puis, les participants devaient choisir parmi plusieurs options impliquant plusieurs vaccins hypothétiques. Ces options différaient sur 4 caractéristiques vaccinales :

  1. efficacité du vaccin (50%, 80%, 90% ou 100%) ;
  2. risque d'effets secondaires graves (1/10.000 ou 1/100.000 personnes vaccinées);
  3. pays du fabricant (Union européenne, États-Unis ou Chine);
  4. lieu de vaccination (cabinet du médecin généraliste, pharmacie ou centre de vaccination de masse).

Après analyse des données, l’équipe a pu répartir les répondants réfractaires en 2 groupes :

ceux qui accepteront la vaccination en fonction de ses caractéristiques, et ceux qui la refuseront toujours 

Ainsi, en juillet 2020, l’analyse estime alors que

  • c’est le cas de 29% de la population active française ;
  • parmi les participants qui ne refuseraient pas catégoriquement un vaccin (71%), l'hésitation dépend principalement de l'efficacité des vaccins et du pays où ils ont été fabriqués ;
  • ainsi, 61% des Français accepteraient (en juillet 2020) une vaccination, sur la base d’un vaccin fabriqué dans l'Union européenne, efficace à 90% et à faible risque d'effets secondaires graves ;
  • mais seulement 27% des Français accepteraient (en juillet 2020) une vaccination, si le vaccin était fabriqué en Chine, avait une efficacité de 50% et un risque d'effets secondaires graves de 1/10.000.
  • L'hésitation et le refus catégorique de se faire vacciner s’avère alors plus fréquents chez les femmes, les personnes à faible niveau d’études et chez les personnes historiquement opposées à la vaccination ;
  • les personnes âgées de 18 à 24 ans et de 55 à 64 ans sont moins susceptibles de refuser catégoriquement ou d'hésiter sur la vaccination vs les personnes âgées de 25 à 54 ans.

 

Des stratégies de vaccination en France plus efficaces ? C’est l’appel de ces médecins hospitaliers français qui recommandent l’utilisation de vaccins avec des preuves solides d'efficacité, et une communication bien axée sur les avantages de l'immunité collective.

 

Comprendre les facteurs d’acceptation du vaccin COVID-19 est vital pour pouvoir convaincre personnes hésitantes et atteindre l'immunité collective et maîtriser la pandémie.