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COVID : Des marqueurs physiologiques spécifiques selon le sexe ?

Actualité publiée il y a 2 mois 2 semaines 2 jours
PLoS ONE
Les impacts physiologiques du COVID-19 varient selon le sexe (Visuel Adobe Stock 225041107)

Les impacts physiologiques du COVID-19 varient selon le sexe, conclut cette étude menée à l’Université privée du Liechtenstein, à l’aide d’une technologie portable. Précisément, la maladie impacte différemment les marqueurs tels que la fréquence cardiaque, la température corporelle et la fréquence respiratoire, chez les femmes et chez les hommes. Cette étude, publiée dans la revue PLoS ONE, apporte les bases d’un diagnostic plus rapide et plus précis de la maladie COVID, mais suggère aussi un traitement « de précision ».

 

Il s’agit de l’étude COVI-GAPP. Cette recherche révèle que les hommes qui développent la maladie connaissent une augmentation plus importante de leur fréquence cardiaque, de leur température cutanée et de leur fréquence respiratoire pendant l’infection, vs les femmes. La recherche précise également les trajectoires de ces 4 paramètres physiologiques tout au long de l’infection.

Pouvoir suivre les trajectoires des réponses physiologiques au COVID-19

va permettre à terme aux cliniciens à la fois de mieux diagnostiquer, évaluer et traiter en fonction du stade de la maladie.

 

L’étude utilise les données d'appareils portables collectées auprès de 1.163 participants. L’analyse a porté sur plus de 1,5 million d’heures de données physiologiques enregistrées. Au cours de la période d’étude (2020-2021), 127 participants ont été testés positifs pour le COVID-19, et 82 disposaient de données de qualité suffisante pour être inclus dans l’analyse. Cette analyse révèle que :

 

  • par rapport aux femmes, les hommes présentent des augmentations plus importantes de la température cutanée, de la fréquence respiratoire et de la fréquence cardiaque ;
  • ainsi qu’une diminution plus importante de la variabilité de la fréquence cardiaque au cours de l’infection COVID ;
  • la fréquence respiratoire et la fréquence cardiaque des participants masculins restent à des niveaux significativement plus élevés pendant la période de récupération vs les femmes ;
  • les principaux facteurs de confusion (notamment les facteurs impliqués dans la sévérité de l’infection) notamment l’IMC, l’âge, l’hypertension et la consommation d’alcool et de substances, ne semblent avoir aucun impact sur la trajectoire de ces mesures physiologiques au cours de l’infection ;
  • les changements hormonaux au cours du cycle menstruel chez les participantes n’ont pas pu être pris en compte dans l’analyse.

 

Ces réponses biologiques spécifiques au sexe à l’infection COVID peuvent être liées aux taux de mortalité et d’hospitalisation. Ainsi chez les hommes, des taux plus élevés de mortalité et d’hospitalisation ont été observés chez les patients masculins.

 

Si des recherches supplémentaires sont nécessaires pour comprendre pleinement les fondements biologiques de ces différences entre les sexes, l’identification de variations significatives selon le sexe dans les paramètres vitaux tout au long de l’infection constitue une première approche précieuse pour mieux comprendre la maladie et ses symptômes, pour la diagnostiquer et l’évaluer plus rapidement,  et pour envisager, pour traiter le COVID aussi, une médecine de précision.