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COVID : Et si toutes les formes légères étaient aussi des COVID longs ?

Actualité publiée il y a 1 année 6 mois 1 semaine
The BMJ
Ainsi, aujourd'hui, avec un peu plus de recul, certains symptômes apparaissent plus durables qu’on ne le pensait, y compris en cas de forme légère de la maladie (Visuel Adobe Stock 417945955)

La plupart des effets ou symptômes du COVID disparaissent dans l'année qui suit l’infection rassure -ou pas- cette équipe d’épidémiologistes et de cliniciens de plusieurs Instituts de recherche israéliens, dont le KI Research Institute, dans le British Medical Journal (BMJ). D’un autre côté, la plupart des symptômes ou des complications qui se développent après une infection COVID même bénigne persistent pendant plusieurs mois. Ainsi, aujourd'hui, avec un peu plus de recul, certains symptômes apparaissent plus durables qu’on ne le pensait, y compris en cas de forme légère de la maladie.

 

Le COVID long est défini comme entraînant des symptômes persistants ou de nouveaux symptômes apparaissant plus de 4 semaines après l'infection initiale. En mars 2022, au Royaume-Uni seul, on recensait environ 1,5 million de COVID longs, avec pour principaux symptômes, durables, la fatigue, un essoufflement, la perte d'odorat, la perte de goût et des difficultés de concentration. Cependant, l’incidence des COVID longs après une infection diagnostiquées comme bénigne et l’association d’un COVID long avec certains facteurs dont l'âge, le sexe, les différentes variantes et le statut vaccinal restent mal comprises.

 

L’étude a donc comparé la santé des personnes non infectées avec celle de patients ayant développé un COVID léger, suivis durant 1 an après l'infection, à partir des données des dossiers d’une organisation de santé publique en Israël, regroupant environ 2 millions de personnes pour le covid-19 entre le 1er mars 2020 et le 1er octobre 2021. 70 symptômes ou complications du COVID ont été pris en compte dans l’analyse et l’incidence et la durée de ces conditions ont été comparées entre participants vaccinés ou pas, avec et sans infection COVID, en prenant bien en compte les facteurs de confusion possibles dont l'âge, le sexe, les variantes.

Seules les formes bégnines ont été évaluées,

ont été exclus les patients admis à l'hôpital et en USI.

L’analyse révèle, ou confirme que :

 

  • l’infection COVID est significativement associée à une augmentation du risque de plusieurs affections, signes ou symptômes, dont la perte de l'odorat et du goût, les troubles de la concentration et de la mémoire, les difficultés respiratoires, la faiblesse ou la fatigue, les palpitations, l'amygdalite streptococcique et des étourdissements au début et à la fin de l’infection, ainsi qu’à la perte de cheveux, la douleur thoracique, la toux, des douleurs musculaires et des troubles respiratoires plutôt en fin de période de récupération ;
  • par rapport aux personnes non infectées, les participants ayant développé un COVID léger présentent un risque 4,5 fois plus élevé de perte d'odorat et de goût au début de l’infection et presque 3 fois plus élevé lors de la récupération ;
  • le fardeau global des conditions liées l'infection au cours de la période d'étude de 12 mois est plus élevé en ce qui concerne la fatigue et faiblesse et les difficultés respiratoires ;
  • les difficultés respiratoires constituent le symptôme le plus fréquent dans 5 des 6 tranches d'âge et les plus persistantes, tout au long de la première année suivant l'infection, notamment dans les groupes d'âge 19-40 ans, 41-60 ans et chez les plus de 60 ans ;
  • la faiblesse est prévalente dans 4 des 6 groupes d'âge et persiste tardivement, dans les tranches d'âge 19-40ans et 41-60 ans ;
  • les personnes vaccinées infectées encourent un risque résolument plus faible de difficultés respiratoires mais un risque similaire pour d'autres symptômes,

par rapport aux patients infectés non vaccinés.

 

Si l’analyse présente certaines limites, dont celles des données parfois incomplètes des dossiers de santé, et d’une surreprésentation probable de personnes utilisant plus fréquemment les services de santé parmi les participants à l’étude, elle est détaillée, basée sur une population diversifiée, et c’est l'une des plus longues études de suivi chez des patients atteints de COVID-19 léger à ce jour.

Ces résultats, écrivent les chercheurs, peuvent s'appliquer aux populations occidentales du monde entier.

En résumé, l’étude suggère que même les cas de COVID légers vont induire un petit nombre de problèmes de santé qui perdurent après la récupération de l’infection, et que la plupart d'entre eux sont résolus dans l'année qui suit le diagnostic. Enfin, l’étude souligne à nouveau l’efficacité de la vaccination notamment contre les complications respiratoires, dont le risque de dyspnée persistante, mais aussi de syndrome de détresse respiratoire souvent évoqué et qui peut être mortel.