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COVID et TÉLÉTRAVAIL : L’émergence de nouvelles maladies professionnelles ?

Actualité publiée il y a 10 mois 1 semaine 16 heures
Journal of Occupational and Environmental Medicine
Le travail à domicile a parfois des effets négatifs sur la santé (Visuel Adobe Stock 343118358)

Après la première vague de satisfaction liée à la possibilité puis à la généralisation du télétravail avec l’épidémie de COVID-19, émerge un mécontentement, à la fois en raison de la distanciation sociale, mais aussi en raison des effets du travail à domicile sur la santé. Ainsi, ces chercheurs de l'Université de Californie du Sud (USC) documentent pour la première fois, dans le Journal of Occupational and Environmental Medicine, l’impact négatif possible du télétravail sur notre santé physique et notre santé mentale.

 

Les risques multiples documentés par cette large enquête comprennent, outre les TMS (troubles musculosquelettiques), les distractions, des attentes plus fortes vis-à-vis de l’activité professionnelle, la distanciation sociale via notamment la diminution des relations avec les collègues (et une productivité en baisse). Ces risques touchent parfois plus fortement les parents de jeunes enfants. Enfin, plus de 64% des personnes qui télétravaillent signalent de nouveaux problèmes de santé depuis le travail à domicile.

Quel impact du travail à domicile sur notre santé ?

L’enquête a été menée auprès de 1.000 répondants pendant les premières semaines de la pandémie. L’analyse des réponses concernant les modes de vie, les environnements de travail à domicile et le bien-être physique et mental révèle que :

  • Dans l’ensemble, l’impact de cette généralisation du travail à domicile est plutôt négatif ;
  • le temps passé au poste de travail a augmenté d'environ 1,5 heure ; cependant, près des 3/4 des répondants déclarent organiser plus librement leurs horaires de travail et plus du tiers déclare planifier ces horaires en coordination avec leurs collègues ;
  • la satisfaction au travail a globalement diminué ;
  • la prévalence des douleurs au cou et dorsales est augmentée ;
  • ces effets du travail à domicile sont extrêmement variables en fonction du sexe (les femmes étant les plus touchées), de la composition du foyer et des niveaux de revenu ;
  • seul un tiers avait une pièce dédiée pour leur travail à la maison ;
  • 47. 6% devaient partager une pièce avec d’autres membres du foyer ;
  • plus de 64% des personnes interrogées déclarent avoir développé un ou plusieurs nouveaux problèmes de santé physique ;
  • près de 75% des personnes interrogées, un nouveau problème de santé mentale ;
  • les personnes percevant un salaire annuel inférieur sont considérablement plus susceptibles de déclarer au moins 2 nouveaux problèmes de santé physique et mentale ;
  • l’incidence de la dépression est plus élevée chez les femmes ;
  • les parents d'enfants en bas âge ont néanmoins tendance à conserver un meilleur bien-être mental, mais sont en revanche, plus à risque de signaler un nouveau problème de santé mentale. C’est donc un « tout ou rien ». L’analyse révèle en effet qu’avoir de tout-petits enfants est plutôt associé au bien-être physique, mais également associé à davantage de problèmes de santé mentale ;
  • vivre avec au moins un adolescent réduit le risque de nouveaux problèmes de santé ;
  • les animaux domestiques ne semblent pas avoir d'impact sur la santé physique ou mentale ;
  • globalement, ces répondants actifs ont réduit leur activité physique globale et leur pratique de l’'exercice physique, et augmenté leur apport alimentaire ; cette augmentation de la consommation de nourriture ou de malbouffe s’avère directement corrélée à une diminution du bien-être physique et mental ;

 

En conclusion, dans l’ensemble, la qualité de l’espace de travail à domicile est importante mais n’était pas au rendez-vous lors de ces premières semaines de confinement ; il est clair que pouvoir dédier et aménager son espace de travail au domicile, mettre en place des « procédures » pour signaler aux autres que « l’on est occupé », permettrait de regagner en satisfaction et de réduire l’incidence de ces nouveaux problèmes de santé. Une évolution nécessaire mais qui n’est pas à la portée de tous.