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COVID long : 200 symptômes identifiés

Actualité publiée il y a 4 jours 12 heures 42 min
eClinicalMedicine
Ce sont plus de 200 symptômes touchant 10 systèmes organiques, qui sont identifiés comme associés au COVID long (Visuel Adobe Stock 428996694)

Lorsqu’on prend connaissance des résultats de cette large enquête de chercheurs de l’University College London (UCL), on prend conscience de l'importance du spectre des effets et symptômes de la maladie COVID-19, dans sa forme longue notamment.

Ce sont plus de 200 symptômes touchant 10 systèmes organiques, qui sont identifiés comme associés au COVID long. Ces données, publiées dans la revue EClinical Medicine, motivent les auteurs à appeler aujourd'hui les autorités sanitaires britanniques à lancer un programme de dépistage du COVID long.

 

Plusieurs études ont déjà suggéré qu’1 personne sur 4 à 7 ayant développé un COVID présentait toujours des symptômes 12 semaines après le diagnostic. Une étude récente a estimé que 30% des personnes ayant développé un COVID symptomatique présentaient toujours des symptômes 12 semaines après le diagnostic. (Source : étude REACT de l'Imperial College de Londres).

 

Cette nouvelle étude internationale dirigée à l'UCL et menée sous forme d’enquête en ligne de 217 questions, révèle que les patients qui ont développé un COVID long signalent plus de 200 symptômes. L’analyse, conçue pour caractériser le profil et l'évolution des symptômes dans le temps chez ces patients atteints de COVID long a également évalué l'impact de ces symptômes sur la vie quotidienne et professionnelle. Précisément, afin de caractériser les symptômes de COVID long sur une durée prolongée, l'analyse des données de l'enquête a été limitée aux répondants atteints de maladie d'une durée supérieure à 28 jours et dont l'apparition des symptômes s'est produite entre décembre 2019 et mai 2020, ce qui a permis un suivi d’au moins 7 mois.

3.762 participants éligibles de 56 pays ont renseigné 203 symptômes touchant 10 systèmes organiques ;

  • parmi ces 203 symptômes, 66, plus fréquents, ont été suivis pendant 7 mois : les symptômes les plus courants étaient la fatigue (98,3 %), le malaise après un effort physique ou mental (89 %) et un dysfonctionnement cognitif, appelé brouillard cérébral (85 %) ;
  • les 3 symptômes les plus handicapants déclarés par les patients : la fatigue, les problèmes respiratoires et les troubles cognitifs ;
  • d’autres symptômes sont fréquemment déclarés, et ils s’avèrent très variés : hallucinations visuelles, tremblements, démangeaisons cutanées, modifications du cycle menstruel, dysfonction sexuelle, palpitations cardiaques, problèmes de contrôle de la vessie, zona, perte de mémoire, vision floue, diarrhée et acouphènes ;
  • la probabilité de symptômes durant au-delà de 35 semaines (soit 8 mois) atteint 92 % ;
  • sur les 3 762 répondants, 96 % signalent des symptômes au-delà de 90 jours, 65 % pendant au moins 180 jours et seulement 233 se sont rétablis ;
  • parmi les participants qui déclarent s’être rétablis en moins de 90 jours, le nombre moyen de symptômes (11,4 sur 66 symptômes mesurés au fil du temps) culmine au cours de la deuxième semaine ;
  • parmi les participants qui déclarent ne pas s’être rétablis en moins de 90 jours, le nombre moyen de symptômes (17,2 ) culmine au cours du 2è mois ;
  • les participants qui ont présenté des symptômes sur 6 mois au moins, ont toujours en moyenne 13,8 symptômes au 7è mois de suivi ;
  • au cours de leur maladie, les participants ont présenté en moyenne 55,9 symptômes (sur les 203 identifiés dans l'étude),

impactant une moyenne de 9,1 systèmes organiques, soit presque tous les systèmes organiques.

  • 89,1 % des participants ont connu des rechutes, l'exercice, l'activité physique ou mentale et le stress étant les principaux déclencheurs ;
  • 45,2 % ont déclaré avoir dû réduire leurs horaires de travail et 22,3 % avoir dû se mettre en congé maladie.

 

10 systèmes organiques touchés :

  1. systémique : fatigue, température, faiblesse, malaise post-effort ;
  2. neuropsychiatrique : fonctionnement cognitif, mémoire, parole et langage, sensations neurologiques, sommeil, maux de tête, émotion et humeur, goût et odeur, hallucinations ;
  3. cardiovasculaire ; 
  4.  
  5. gastro-intestinal : notamment symptômes liés à l'intestin/à l'appétit ; 
  6. pulmonaire et respiratoire : notamment symptômes liés à la respiration ;
  7. tête, oreille, œil, nez, gorge : symptômes à la fois physiques et sensoriels ;
  8. appareil reproducteur, génito-urinaire et endocrinien : symptômes liés aux règles, à la soif et à la fonction urinaire, ainsi qu'à une glycémie basse et élevée ;
  9. Immunologique et auto-immune : réponses immunitaires nouvelles et accrues ;
  10. musculosquelettique : oppression thoracique et courbatures et douleurs dans tout le système.

 

Pour la première fois, une étude met en lumière le spectre très large des symptômes, en particulier neurologiques, répandus et persistants chez les patients atteints de COVID long. Les troubles de la mémoire et des fonctions cognitives, vécus par plus de 85 % des répondants, s’avèrent finalement les plus répandus et les plus fréquents chez ces cas de COVID long :

 

« Maux de tête, insomnie, vertiges, névralgies, changements neuropsychiatriques, tremblements, sensibilité au bruit et à la lumière, hallucinations (olfactives et autres), acouphènes et autres symptômes sensorimoteurs étaient tous des symptômes courants pouvant indiquer des problèmes neurologiques plus sévères impliquant à la fois le SNC et le système nerveux périphérique ».

 

Quelques limites ? Les chercheurs font part néanmoins, des limites de leur étude. Son caractère rétrospectif qui ouvre la possibilité d'un biais de rappel ; le ciblage de l'enquête via des groupes de soutien en ligne, ouvre l’éventualité d’un biais d'échantillonnage ; enfin, une forte représentativité des répondants anglophones.

 

Quelles implications ?

Les patients-mêmes sollicitent que les directives cliniques sur l'évaluation du COVID long soient considérablement élargies au-delà des tests de fonction cardiovasculaire et respiratoire actuellement conseillés et incluent les symptômes neuropsychiatriques, neurologiques et d’incapacité à l'activité.

 

Alors que de très nombreuses personnes ont probablement développé un COVID long sans le savoir, ne sont pas diagnostiquées et « souffrent en silence », les auteurs appellent les autorités britanniques à lancer un programme national de dépistage, accessible à toute personne qui pense avoir un COVID long. Etant donnée la variété des symptômes et leur variabilité d’une personne à l’autre, leur impact sur affectent plusieurs systèmes organiques, seule une évaluation globale et personnalisée permettra d’apporter à chaque patient un traitement adapté.

 

L’auteur principal, le Dr Athena Akrami, neuroscientifique à l'UCL ajoute : « compte-tenu de l’éventail des symptômes, de leur progression dans le temps, de leur sévérité et de leur évolution clinique possible, de leur impact sur le délai de la récupération et le fonctionnement quotidien, il est urgent d’établir un protocole d’investigation médicale et de prise en charge de ces cas de COVID long ».