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COVID long : Ce n’est plus l'exception

Actualité publiée il y a 7 mois 1 semaine 2 jours
The Lancet Respiratory Medicine et ECCMID 2022
Au fur et à mesure que le temps passe, et que le nombre de formes longues de COVID s’amplifie, les études se font elles-aussi plus nombreuses à alerter sur ces symptômes durables, tout autant neurologiques que physiques (Visuel Adobe Stock 494406710)

Le COVID long c’est près d’1 cas de COVID sur 3, concluait une récente étude. Au fur et à mesure que le temps passe, et que le nombre de formes longues de COVID s’amplifie, les études se font elles-aussi plus nombreuses à alerter sur ces symptômes durables, tout autant neurologiques que physiques. Cette recherche britannique portant sur plus de 2.000 patients ayant été hospitalisés pour avec COVID-19 estime qu'environ 1 patient sur 4 seulement sera complètement rétabli un an après sa sortie de l’hôpital. Ainsi, chez les personnes ayant développé une forme « suffisamment » sévère pour nécessiter l’hospitalisation, le taux de COVID long pourrait atteindre près de 75 %. Ces conclusions, publiées dans le Lancet Respiratory Medicine et présentées lors du Congrès européen de microbiologie clinique et des maladies infectieuses (ECCMID 2022) appellent à mettre en œuvre de nouveaux protocoles de surveillance et de gestion de ces formes complexes au long cours.

 

La recherche révèle en outre qu’'être une femme (risque accru de 32 %), d'être obèse (risque accru de 50 %) et d'avoir eu une ventilation mécanique à l'hôpital (risque accru de 58 %) sont 3 facteurs majeurs donc associés à une durée de certains symptômes un an ou plus après la sortie de l’hôpital.

Une récupération en général très partielle, 5 mois à 1 an après l'hospitalisation 

L’étude est menée auprès de plus de 2.000 patients sortis d’une hospitalisation avec COVID-19 et dirigée par le Pr Christopher Brightling, le Dr Rachael Evans et le Pr Louise Wain de l’Université de Leicester confirme également les symptômes les plus fréquents à long terme, soit la fatigue, les douleurs musculaires, le ralentissement physique, le manque de sommeil et l'essoufflement.

 

Il s’agit de l'étude post-hospitalisation COVID-19 (PHOSP-COVID) qui a suivi des patients de 39 hôpitaux du National Health Service (NHS) entre 5 mois et plus d'un an. La récupération a été évaluée à l'aide des résultats rapportés par les patients, de la performance physique et de la fonction de différents organes évaluée à 5 mois et 1 an après la sortie de l'hôpital. Les chercheurs ont également prélevé des échantillons de sang des participants lors de la visite des 5 mois pour analyser les niveaux des protéines inflammatoires. Précisément, 2.320 participants sortis de l'hôpital entre mars 2020 et avril 2021 ont été évalués 5 mois après leur sortie et 807 (33%) ont dépassé 1 année de suivi, l’étude étant toujours en cours. Ces 807 patients étaient âgés en moyenne de 59 ans, 279 (36 %) étaient des femmes et 28 % avaient reçu une ventilation mécanique invasive. La proportion de patients ayant déclaré un rétablissement complet s’avère presque similaire à 5 mois 26 % et à 1 an 29 %.

À 5 mois,

 

  • 20 % des participants souffraient encore de déficience physique et mentale sévère,
  • 30 % de déficience physique et mentale très sévère,
  • 11 % de déficience physique modérée et de troubles cognitifs
  • 39 % de troubles légers de la santé mentale et physique.
  • L'obésité, une capacité d'exercice réduite, un plus grand nombre de symptômes et des niveaux accrus de protéine C-réactive, un biomarqueur inflammatoire, s’avèrent associés aux cas les plus graves ;
  • dans les clusters avec troubles cognitifs modérés à sévères, les niveaux d’un autre biomarqueur inflammatoire, l’interleukine-6 ​​(IL-6) sont également plus élevés.

 

L’étude révèle ainsi « une récupération limitée de 5 mois à 1 an après l'hospitalisation avec des symptômes de santé mentale, une réduction de la capacité d'exercice, des déficiences organiques variées et une forte dégradation de la qualité de vie ». Les chercheurs concluent sur « le sexe féminin et l'obésité qui apparaissent dans cette étude comme des facteurs de risque majeurs de ne pas récupérer à 1 an... ». Les chercheurs alertent sur le manque de structures, de ressources, de protocoles et de traitements pour le COVID long :

 

 « Il n'existe aucune thérapeutique spécifique pour le COVID long et nos données soulignent que des interventions efficaces sont nécessaires de toute urgence. Nos découvertes d'inflammation systémique persistante, en particulier chez les personnes des groupes avec des formes longues modérées à très sévères et avec troubles cognitifs, suggèrent que

ces groupes pourraient répondre aux stratégies anti-inflammatoires.

Enfin, la simultanéité et la concordance de la gravité des troubles de la santé physique et mentale chez ces patients souffrant de COVID long, met en évidence la nécessité non seulement d'une coordination étroite entre les soins de santé physique et mentale mais aussi d'un transfert de connaissances entre les différents professionnels de santé pour une prise en charge optimale des patients ».