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COVID LONG : Il pourrait durer des années

Actualité publiée il y a 1 année 1 mois 2 semaines
JAMA Network
Cette forme sévère du syndrome post-infection COVID pourrait durer des années (Visuel Adobe Stock 243638724)

Alors que la pandémie semble s’apaiser, les études se font également moins nombreuses et certaines équipes nous proposent avec le recul croissant sur les résultats des patients, des bilans réactualisés des effets de l’infection, en particulier dans ses formes longues ou COVID long. Cette large étude, menée par une équipe de cliniciens du Pennington Biomedical Research Center de la Louisiana State University apporte, dans le JAMA, un aperçu actualisé des symptômes les plus durables du COVID, précise les facteurs d'incidence du COVID long et suggère que cette forme sévère du syndrome post-infection pourrait durer des années.

 

L’équipe qui a travaillé dans le cadre du consortium RECOVER (Researching COVID to Enhance Recovery) financé par les National Institues of Health (NIH), révèle de nouvelles données sur le syndrome post-infection, montrant notamment qu’il peut toucher presque tous les tissus et organes du corps. Elle propose un aperçu complet des symptômes cliniques qui incluent principalement la fatigue, le brouillard cérébral et les étourdissements, et conclut que ces symptômes peuvent durer des années. Enfin, l’étude conclut, pour la première fois à une incidence plus élevée et des formes plus sévères du COVID long en cas d’infection, avant la circulation de la variante Omicron de 2021.

 

L’étude a été menée auprès de 10.000 participants dont une majorité ont développé le COVID-19.

« Nous devons aujourd’hui permettre aux patients qui vivent avec un COVID long de comprendre ce qui se passe dans leur corps », explique, simplement, l’un des auteurs principaux, le Dr Rachel L. Levine « et pouvoir également leur proposer une réponse mieux adaptée de nos systèmes de santé ».

L’analyse des données de 9.764 participants, dont 8.646 ayant développé un COVID-19 et 1.118 témoins exempts de COVID-19, sur plus de 30 symptômes localisés dans plusieurs zones et organes du corps constate que :

 

  • 12 symptômes sont principalement caractéristiques du COVID long : malaise post-effort, fatigue, brouillard cérébral, étourdissements, symptômes gastro-intestinaux, palpitations cardiaques, troubles de la libido ou de la fonction sexuelle, perte d'odorat ou de goût, soif, toux chronique, douleurs thoraciques et mouvements anormaux ;
  • certains symptômes se produisent ensemble et ces symptômes peuvent ainsi être regroupés en sous-groupes ayant chacun des effets spécifiques sur la santé ;
  • un score composite des symptômes signalés par les patients établit un seuil significatif permettant d’identifier les participants souffrant de COVID long ;
  • sur la base d'un sous-ensemble de 2.231 participants ayant développé leur première infection au COVID-19 après le 1er décembre 2021, début de la circulation de la variante Omicron, 10 % ont développé un COVID long, durable sur plus de 6 mois ; ce taux semble inférieur à celui observé avant la circulation d’Omicron ;
  • les participants non vaccinés ou qui ont eu le COVID-19 avant l'émergence de la souche Omicron en 2021 sont ainsi plus susceptibles de développer un COVID long et des formes plus sévères. Curieusement, des réinfections du COVID-19, par rapport à « ne l’avoir » qu'une seule fois sont également liées à l’incidence du COVID long et à des formes plus sévères.
  • 6% des participants infectés par le virus continuent à ce jour de ressentir et de symptômes caractéristiques du COVID long : cela suggère que

le COVID long pourrait durer jusqu’à des années

(Source Enquête fédérale américaine Household Pulse).

 

Ce nouvel état des lieux des symptômes les plus courants, de sous-groupes typiques de symptômes et d’un score de détection et de premier diagnostic, constituent une avancée pour traiter en pratique clinique les patients souffrant de COVID long.

L’approche qui pourra évoluer avec le temps va désormais servir de base au développement de protocoles de prise en charge des patients et à la conception de nouveaux traitements.

 

« Tous les patients souffrant de COVID long méritent l'attention du système de santé, avec des soins et des traitements fondés sur la preuve ».