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COVID LONG : Un risque vasculaire accru spécifiquement lié au stress

Actualité publiée il y a 10 mois 3 semaines 6 jours
AJP
Les séquelles de la maladie peuvent interférer avec les réponses neuronales, vasculaires et cardiaques des patients, même longtemps après leur guérison (Visuel Adobe Stock 408663181)

Les patients atteints de COVID long ou ceux qui ont connu une forme sévère de la maladie, présentent un risque vasculaire accru associé au stress, conclut cette recherche menée au D'Or Institute for Research and Education (IDOR, Sao Paulo). L’équipe confirme ainsi, dans l’American Journal of Physiology-Regulatory (AJP) Regulatory Integrative and Comparative Physiology, que les séquelles de la maladie peuvent interférer avec les réponses neuronales, vasculaires et cardiaques des patients, même très longtemps après leur guérison.

 

Précisément, les survivants d'infections graves COVID-19 peuvent présenter une activité nerveuse sympathique musculaire (MSNA : muscle sympathetic nerve activity) excessive en réponse au stress mental. Des conclusions en forme « d’avertissement » sur les séquelles chroniques possibles du COVID long, avec à la clé, un risque accru de maladies cardiovasculaires.

Une activité nerveuse sympathique musculaire excessive avec un pic en cas de stress

Car si de nombreux patients se rétablissent complètement de la maladie, les études ont déjà montré que les séquelles cardiovasculaires ne sont pas rares chez les patients ayant développé des formes graves de la maladie. Cette nouvelle recherche en identifie une cause possible, une activité nerveuse sympathique musculaire excessive dont l'une des conséquences cliniques est l'accélération du rythme cardiaque, en plus d'autres dysfonctionnement comme une rigidité artérielle et des vaisseaux sanguins périphériques, responsables de la régulation du flux sanguin et de la pression artérielle.

 

L’étude pilote a suivi 15 patients ayant survécu à une forme grave de COVID-19, diagnostiqué par PCR, ayant donné lieu à une hospitalisation en Soins intensifs. 15 volontaires n’ayant jamais eu la maladie, n’ayant aucune comorbidité et appariés pour l’âge et l’indice de masse corporelle (IMC) similaires ont formé le groupe témoin. La recherche a été menée entre septembre 2020 et octobre 2021, alors que Beta et Gamma étaient les variantes dominantes en circulation.

Afin de mesurer les effets du stress, les participants ont été exposés à une activité de 3 minutes au cours de laquelle des diapositives étaient projetées devant eux et l'image changeait toutes les 2 secondes, accompagnée de sons contradictoires diffusés via des écouteurs. L’expérience montre que :

 

  • tous les participants présentent durant l'expérience, une augmentation similaire du niveau de stress ;
  • chez les patients survivants du COVID-19, certaines réactions physiologiques sont bien spécifiques :
  • chez ces survivants, en temps normal, l’activité nerveuse sympathique musculaire est d’environ 65% supérieure à celle des témoins ;
  • au cours de l’exposition au stress, l’augmentation l’activité nerveuse sympathique musculaire chez les survivants du COVID-19 atteint un pic et est de 128 % supérieure à celle du groupe témoin ;
  • les réponses vasculaires à cette induction de stress et le flux sanguin sont atténués chez les patients survivants, cependant la pression artérielle moyenne apparait similaire entre les 2 groupes ;
  • les mécanismes de contrôle du flux sanguin dans le système vasculaire semblent donc rester préservés chez les survivants du COVID-19.

 

Cette étude est la première à démontrer que certains survivants du COVID-19 présentent une activité nerveuse sympathique musculaire exacerbée par le stress mental, ainsi qu'une réaction de vasodilatation atténuée par rapport aux personnes n’ayant pas développé la maladie.

 

Selon les auteurs, c’est l’avertissement d’un risque cardiovasculaire accru et la nécessité d’une surveillance de routine même après l’apparente guérison de l’infection.