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COVID LONG : Un syndrome post-infectieux comme les autres ?

Actualité publiée il y a 2 mois 1 semaine 1 jour
ECCMID 2024
Un an après l’infection, le COVID long est « impossible à distinguer » des autres syndromes post-viraux (Visuel Adobe Stock 101040315)

Cette étude d’infectiologues de l’Université du Queensland (Australie) soutient qu’un an après l’infection, le COVID long est « impossible à distinguer » des autres syndromes post-viraux. Au point que ces chercheurs appellent à arrêter d'utiliser le terme de « COVID long » qui sous-entend un tableau clinique unique et spécifique associé au virus. Ces conclusions, qui vont être présentées lors de l’European Congress of Clinical Microbiology and Infectious Diseases (ECCMID, Avril 2024) visent également à « dédramatiser » la forme longue de la maladie et à envisager sa gestion à l’identique de celle des formes longues de grippe ou d'autres maladies respiratoires. Les auteurs soulignent ainsi que dans certains cas, l’hypervigilance face à des symptômes durables, peut aussi entraver la récupération.

 

Car la recherche n’identifie pas d'augmentation particulière des limitations fonctionnelles spécifique un an après l'infection aiguë COVID. De plus l’étude suggère que chez une population largement vaccinée exposée aux variants Omicron, l'impact des formes longues de COVID sur le système de santé sera majoritairement lié au grand nombre de personnes infectées au cours d’une courte période, plutôt qu’à la gravité de symptômes prolongés de la maladie. En d’autres termes, il faut plus craindre un nouveau pic épidémique lié à une nouvelle variante, qu’un fardeau croissant lié aux formes longues de la maladie.

 

La même équipe avait déjà suggéré à l’aide de précédentes recherches publiées dans BMJ Public Health, l’absence de différence dans les symptômes persistants entre le COVID-19 et la grippe, 12 semaines après l'infection.

Pas de différence entre les symptômes persistants du COVID et de la grippe ?

Les symptômes rapportés avec les 2 maladies comprennent la fatigue, le brouillard cérébral, la toux, l'essoufflement, une modification de l'odorat et du goût, des étourdissements et un rythme cardiaque rapide ou irrégulier.

 

L’étude tente de mieux cerner l'impact du COVID long, par l’analyse des données de 5.112 participants symptomatiques âgées de 18 ans et plus, dont 2.399 avec infection COVID confirmée par PCR, 995 positifs à la grippe et 1.718 négatifs à la PCR pour les deux maladies mais symptomatiques d'une maladie respiratoire. Un an après leur test PCR, en mai et juin 2023, les participants ont été interrogés sur la persistance de leurs symptômes et le degré de déficience fonctionnelle à l'aide d’une échelle reconnue. L’analyse révèle que :

 

  • 16 % de tous les participants signalent des symptômes persistants un an après l’infection ;
  • 3,6 % signalent une déficience fonctionnelle modérée à sévère dans leurs activités de la vie quotidienne ;
  • après prise en compte des facteurs de confusion possibles, dont l'âge et le sexe aucune différence de de limitations fonctionnelles n’est retrouvée entre les participants positifs au COVID et les autres participants symptomatiques négatifs pour le COVID ;
  • les symptômes des participants positifs au COVID sont similaires à ceux des participants symptomatiques atteints de la grippe ;
  • une déficience fonctionnelle modérée à sévère est majoritairement retrouvée chez les participants âgés de 50 ans ou plus, et ceux qui présentaient également des symptômes d'étourdissements, de douleurs musculaires, d'essoufflement, de fatigue et de malaise post-effort.

 

Le COVID est considéré dans de nombreux pays comme une maladie distincte et grave en raison des volumes élevés de cas de COVID-19 pendant la pandémie. Cependant, cette étude révèle que les taux de symptômes persistants et de déficiences fonctionnelles sont similaires à ceux d’autres maladies post-virales.

« Il est temps d’arrêter d’utiliser des termes comme « COVID long »

qui sous-entendent à tort qu’il y a quelque chose d’unique et d’exceptionnel dans les symptômes à long terme associés à ce virus. Cette terminologie peut provoquer une peur inutile et, dans certains cas, une hypervigilance face à des symptômes durables, qui peut entraver la récupération.