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CRISE CARDIAQUE : Comment la détresse après, entraîne d’autres troubles cardiaques

Actualité publiée il y a 1 année 2 semaines 3 jours
Circulation
Cette nouvelle déclaration scientifique de l'American Heart Association (AHA) souligne l'importance de reconnaître et de traiter la dépression, l'anxiété et le syndrome de stress post-traumatique (SSPT) chez les survivants d'une crise cardiaque (Visuel Adobe Stock 132779296)

Cette nouvelle déclaration scientifique de l'American Heart Association (AHA) souligne l'importance de reconnaître et de traiter la dépression, l'anxiété et le syndrome de stress post-traumatique (SSPT) chez les survivants d'une crise cardiaque afin d'améliorer leur bien-être psychologique, leur qualité de vie mais aussi leur survie à long terme. La recherche publiée dans la revue Circulation, sensibilise à l’importance de ces symptômes psychologiques, qui peuvent affecter considérablement le rétablissement physique et la santé cardiaque à plus long terme.

 

On estime que

33 à 50 % des survivants d'une crise cardiaque peuvent ressentir une forme de détresse psychologique,

notamment la dépression, l'anxiété, le stress psychosocial ou le syndrome de stress post-traumatique (SSPT), ce qui peut affecter leur rétablissement physique et leur santé à long terme. Les patients souffrant de détresse psychologique persistante jusqu'à 12 mois après une crise cardiaque ont

près de 1,5 fois plus de risques de subir un autre événement cardiaque.

Cependant, des recherches supplémentaires doivent encore confirmer un lien de cause à effet entre cette détresse post infarctus et le risque de nouvel événement cardiaque.

 

Reconnaître et traiter la détresse psychologique, c’est donc la recommandation de ces experts, qui rappellent les stratégies fondées sur des données probantes, telles que la thérapie cognitivo-comportementale, les antidépresseurs et autres techniques de réduction du stress, comme la méditation ou le yoga par exemple.

 

La détresse psychologique après une crise cardiaque est fréquente : cependant, souligne l’un des auteurs principaux, le Dr Glenn N. Levine, chercheur et membre de l’AHA, « elle passe souvent inaperçue. Nous nous concentrons souvent sur les aspects physiques des maladies cardiaques, alors que la santé psychologique est liée à la santé physique. C’est pourquoi le rétablissement émotionnel est tout aussi important ». Quelques chiffres :

 

  • 1 survivant de crise cardiaque sur 3 (33 %) développe une dépression chaque année vs 8,4 % en population générale ;
  • l’anxiété et le stress affectent jusqu’à 50 % des survivants d’une crise cardiaque pendant l’hospitalisation et persiste chez 20 à 30 % des personnes pendant plusieurs mois, voire plus, après la sortie de l’hôpital ;
  • les personnes les plus à risque de souffrir de détresse psychologique après une crise cardiaque sont : les personnes vivant seules, de sexe féminin, célibataires, sans emploi ou les immigrants, les personnes qui manquent de soutien social ou ayant des antécédents de troubles mentaux ou de maladies chroniques.

 

Il existe un lien entre détresse psychologique et santé cardiaque : la détresse psychologique chez les patients atteints de maladies cardiovasculaires est de plus en plus reconnue comme un facteur de maladie cardiovasculaire tout autant qu’une conséquence de la maladie. Cette nouvelle déclaration apporte d’ailleurs de nouvelles données montrant que la dépression post-crise cardiaque pourrait être formellement caractérisée comme un facteur de risque cardiaque :

 

  • la dépression, l’anxiété, le stress psychosocial et le syndrome de stress post-traumatique (SSPT) après une crise cardiaque sont associés à un risque significativement accru d’événements cardiaques et de décès vs les survivants exempts de ces troubles ;
  • les personnes souffrant d’anxiété post-crise cardiaque ont 1,3 fois plus de risque de subir une nouvelle crise cardiaque ou de décéder ;
  • la dépression et le SSPT après une crise cardiaque sont associés à un risque 2 fois plus élevé de récidives d’événements cardiovasculaires ou de mortalité.

 

Il existe des liens biologiques et comportementaux entre détresse psychologique et santé cardiaque :

 

  • les lésions du muscle cardiaque dues à une crise cardiaque peuvent déclencher une inflammation ;
  • cette inflammation peut entraîner des changements hormonaux et des modifications de la chimie cérébrale susceptibles de contribuer aux symptômes de dépression, d’anxiété ou de SSPT ;
  • un stress psychologique aigu peut provoquer un rétrécissement des artères cardiaques (vasoconstriction coronaire), une réduction du flux sanguin vers le cœur (ischémie) et des troubles du rythme cardiaque (arythmie), même chez les personnes n’ayant jamais eu de problèmes cardiaques ;
  • le stress chronique déclenche une réaction de combat ou de fuite, augmentant la tension artérielle et provoquant une inflammation des vaisseaux sanguins ;
  • jusqu'à 70 % des personnes souffrant d’une maladie cardiaque présentent une diminution de leur flux sanguin en réponse au stress psychologique ;
  • la dépression après une crise cardiaque est liée à un manque de sommeil, une mauvaise alimentation, l'inactivité physique et le tabagisme, autant de facteurs environnementaux, qui augmentent le risque de futurs événements cardiaques ;
  • les survivants de crise cardiaque et souffrant de détresse psychologique peuvent également se replier sur eux-mêmes, ne pas prendre leurs médicaments comme prescrit et/ou ne pas suivre leur programme de réadaptation cardiaque.

 

Mieux dépister la détresse psychologique post-crise cardiaque : l'évaluation du bien-être émotionnel du patient est un élément essentiel du suivi. Les professionnels de santé sont encouragés à être attentifs aux signes de détresse psychologique chez les patients après une crise cardiaque.

« Un peu de soutien peut faire beaucoup.

Une crise cardiaque est un événement traumatisant, et le rétablissement implique souvent le traitement mental de l'événement et le ressourcement. Reconnaître au patient qu'il peut être stressé ou déprimé après un événement cardiaque majeur et lui proposer gentiment de l'orienter vers un professionnel de la santé mentale pour obtenir du soutien peut être très bénéfique. Soutenir les patients et les orienter vers des soins de santé mentale peut avoir des effets positifs sur la santé psychologique et la santé des patients et de leurs familles ».

Lorsqu'un événement traumatisant comme une crise cardiaque survient, on se demande :

« Et si je n'y survivais pas ? Et si ça se reproduisait ? »

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