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CYSTITE : Un suppositoire vaginal à base de lactobacilles

Actualité publiée il y a 11 mois 2 semaines 6 jours
Frontiers in Microbiology
En rétablissant une sorte d’homéostasie du microbiote, ici à l’aide d’un suppositoire vaginal, il serait possible de prévenir la cystite récurrente chez les femmes (Visuel Adobe Stock 55531813)

Alors qu’environ 1 femme sur 10 est atteinte de cystite chaque année et que jusqu’à 20 % des femmes atteintes connaissent des cystites récidivantes et que la condition peut être douloureuse et handicapante, de nombreuses équipes travaillent à de nouveaux traitements permettant de réduire la récurrence de ce type d’infection. Cette équipe de l'Université d'Okayama adopte un axe original en faisant l’hypothèse que les cystites à répétition sont liées à un microbiote vaginal déséquilibré. La recherche, publiée dans la revue Frontiers in Microbiology, suggère qu’en rétablissant une sorte d’homéostasie du microbiote, ici à l’aide d’un suppositoire vaginal, il serait possible de prévenir la cystite récurrente chez les femmes.

 

La cystite est une infection des voies urinaires et de la vessie, très répandue chez les femmes ménopausées. Dans des circonstances « normales », le vagin humain abrite une multitude de bactéries intestinales bénéfiques, telles que les lactobacilles. Cependant, en cas d’infection, les niveaux de lactobacilles sont réduits alors que ceux des bactéries pathogènes, dont et principalement Escherichia coli (E. coli) sont augmentés.

Des modifications du microbiote vaginal en cause ?

De précédentes études ont montré que les modifications du microbiote vaginal sont en cause dans le développement des infections urinaires. De précédents essais cliniques ont suggéré l'efficacité des suppositoires vaginaux à base de Lactobacillus dans la prévention des cystites à répétition. On sait aussi que les femmes ménopausées, et qui ont connu une modification de leur microbiote vaginal, peuvent tirer des bénéfices de ces suppositoires. Cependant, aucune recherche n’avait encore comparé le microbiote vaginal de femmes ménopausées atteintes de cystite récurrente, de celui de femmes atteintes d'une cystite non complexe et de femmes ménopausées en bonne santé. Aucune étude n'avait encore précisé les effets d’un apport local de lactobacilles et leurs mécanismes sous-jacents.

 

L’étude a regardé si l'administration locale par suppositoire de lactobacilles peut atténuer les différences de microbiote vaginal entre les femmes avec et sans cystite récurrente.

Le microbiote de la cystite récurrente est spécifique.

C’est la première découverte de l’équipe japonaise : le microbiote de la cystite récurrente est significativement différent du microbiote associé à une cystite simple et standard, et du microbiote vaginal sain. L’analyse, via séquençage génétique de la communauté bactérienne présente dans les échantillons vaginaux de femmes ménopausées en bonne santé, atteintes de cystite simple ou récurrente confirme que :

 

  • les microbiomes des cystites non complexes et des femmes exemptes de cystite, sont très différents des microbiomes en cas de cystite à répétition ;
  • il existe une  relation entre le microbiote vaginal et la cystite récurrente ;
  • l'abondance relative de différentes espèces bactériennes dans le vagin, varie, avant et après l'administration de suppositoires vaginaux contenant Lactobacillus crispatus ;
  • aucun lactobacille n’est identifié dans les échantillons vaginaux de patientes ménopausées atteintes de cystite récurrente ;
  • en cas de cystite récurrente, les espèces dominantes sont des Enterobacteriaceae, une famille dont de nombreuses bactéries sont uropathogènes ;
  • enfin, chez les femmes traitées par lactyobacilles, et sans surprise, les niveaux de lactobacilles sont beaucoup plus élevés (19 %) vs groupe cystite à répétition.

 

En synthèse, l’étude suggère que la cystite récidive lorsque les lactobacilles, un membre essentiel du microbiote vaginal sain, sont épuisés et remplacés par des bactéries pathogènes, comme E. coli.

 

La recherche ouvre ainsi une nouvelle voie thérapeutique avec l’administration locale de lactobacilles visant à réduire le déséquilibre du microbiote vaginal et ainsi limiter le risque de récurrence de la cystite.