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DÉMENCE : Quel mode de vie pour la tenir à distance ?

Actualité publiée il y a 8 mois 3 semaines 16 heures
Alzheimer's & Dementia
Adopter certains choix de mode de vie est certainement efficace pour éloigner et ralentir la démence frontotemporale familiale

Adopter certains choix de mode de vie est certainement efficace pour éloigner et ralentir la démence frontotemporale familiale. En synthèse, même avec une prédisposition génétique forte, les patients peuvent influencer le niveau de risque et les résultats, soulignent ces chercheurs de l’Université de Californie - San Francisco, dans la revue Alzheimer's & Dementia : un mode de vie physiquement et mentalement actif confère une vraie résilience cérébrale à la démence frontotemporale (FTD).

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Ces conclusions valent même chez les personnes dont le profil génétique rend le développement de la maladie pratiquement inévitable, insistent les auteurs. Leur recherche vient confirmer de récentes études démontrant que la pratique de l’exercice physique et l'exercice mental sont l'un des meilleurs moyens de prévenir ou de ralentir la maladie d'Alzheimer. Cependant, c’est aussi la première étude à démontrer que ces principes valent aussi pour la démence frontotemporale, une forme tout à fait spécifique de dégénérescence cérébrale.

« S'il s'agissait d'un médicament, nous l'offririons à tous nos patients »

La FTD est une maladie neurodégénérative qui apparaît généralement entre 45 et 65 ans et peut perturber la personnalité, la prise de décision, le langage et/ou la motricité. C'est la forme la plus courante de démence chez les personnes de moins de 65 ans. La FTD représente ainsi 5 à 15% des cas de démence. La maladie induit un déclin cognitif et physique rapide et le décès en moins de 10 ans. Si de nombreux essais cliniques sur la maladie sont en cours, il n'existe actuellement aucun traitement réellement efficace de la maladie.

 

Une variabilité incroyable dans l’évolution de la démence est en effet constatée, même parmi les patients porteurs des mêmes mutations génétiques responsables de la maladie. Certaines personnes s’avèrent plus résistantes que d'autres, sans que les médecins puissent expliquer ces différences. L’équipe a donc émis que le mode de vie pouvait être un contributeur majeur aux trajectoires très différentes constatées en clinique.

 

Le mode de vie en question ? Pour tester cette hypothèse, l’équipe a évalué comment les différences de mode de vie peuvent affecter la progression de la FTD chez 105 patients porteurs de mutations génétiques pathogènes, pour la plupart encore asymptomatiques ou présentant des symptômes bénins. Ces patients avaient tous passé une IRM initiale pour mesurer l'étendue de la dégénérescence cérébrale liée à la maladie, des tests cognitifs, et tenu des journaux d'activité cognitive et physique. Dans le même temps, leurs proches avaient fourni des estimations de leur fonctionnement au quotidien. Après 2 à 3 visites d’évaluation, soit 1 à 2 ans après le début de l’étude, les chercheurs constatent :

  • des différences significatives dans la vitesse et la sévérité de la démence entre les participants les plus et les moins actifs mentalement et physiquement,
  • des modes de vie mentalement et physiquement actifs entraînant des effets similaires chez tous les participants ;
  • le déclin fonctionnel, tel qu'évalué par les membres de la famille des participants, s’avère 55% plus lent chez les participants faisant partie des 25% les plus actifs vs ceux étant parmi les 5% moins actifs ;
  • les modes de vie des participants ne modifient pas de manière significative la dégénérescence inexorable des tissus cérébraux associée à la FTD, telle que mesurée par les examens IRM annuels de suivi ;
  • cependant, parmi les participants pour lesquels les scintigraphies cérébrales révèlent des signes d'atrophie, les participants les plus actifs mentalement et physiquement font toujours 2 fois mieux que les moins actifs aux tests cognitifs.
  • Pris ensemble, ces résultats suggèrent que les modes de vie actifs peuvent ralentir les symptômes de la FTD en apportant une certaine forme de résilience cognitive.

 

Un mode de vie actif induit une résilience cérébrale à la démence : des mesures de mode de vie permettent de combler en partie l’absence de traitements définitifs, y compris chez les sujets à prédisposition génétique forte, soulignent les auteurs : « ces changements de mode de vie peuvent augmenter leurs chances de vivre une vie longue et productive. Leur sort n'est peut-être pas figé », explique l’auteur principal, le Dr Kaitlin Casaletto, professeur de neurologie à l'UCSF Memory and Aging Center. 40% des patients atteints ont en effet des antécédents familiaux de la maladie, via des mutations génétiques dominantes spécifiques qui entraînent le développement de la maladie dans environ la moitié de ces cas. Mais même chez ces patients, la maladie peut suivre une évolution très variable.

Les chercheurs qui continuent à suivre la cohorte prévoient des différences de déclin cognitif de plus en plus importantes entre groupes actifs et moins actifs : « Nous constatons des effets si importants au cours des seules 2 premières années que la différence entre les patients actifs et moins actifs ne pourra que s’accroître durant les années à venir ». 

 

La prochaine étape consistera donc à préciser les critères précis de l'activité physique et mentale nécessaire pour promouvoir la résilience cognitive. « Nous constatons avec cette étude que les différences de mode de vie ont un impact considérable sur la résilience des personnes âgées face à la démence, en dépit, dans certains cas, d’une génétique très prédisposante. Nous devons maintenant comprendre comment ces comportements affectent la biologie du cerveau pour lui conférer cette résilience ».

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