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DÉPRESSION, ANTIDÉPRESSEURS et FIV : Quels effets sur les chances de succès ?

Actualité publiée il y a 2 mois 3 semaines 4 jours
Human Reproduction
Il n'existe aucune différence dans les taux de succès de la FIV réalisée avec les hommes avec ou sans anxiété, et quel que soit, le cas échéant le traitement antidépresseur (Visuel Adobe Stock 441937191)

Cette équipe du Brigham and Women's Hospital n’identifie aucune différence dans les taux de succès de la FIV réalisée lorsque les hommes souffrent ou pas d'anxiété, ou prennent ou pas un traitement antidépresseur. Des résultats encourageants, publiés dans la revue Human Reproduction, donc plutôt favorables à la prise en charge de la dépression chez ces patients.

 

L’un des auteurs principaux, le Dr Zachary Walker, chercheur en endocrinologie de la reproduction et spécialiste de l’infertilité au Centre d'infertilité et de chirurgie reproductive de l'Université de Californie, explique : « malgré les inquiétudes passées concernant l'impact des médicaments antidépresseurs sur la fertilité, le traitement ne devrait pas être refusé lorsque les hommes souffrent d'anxiété ou de dépression ».  

 

La fécondation in vitro (FIV) est une procédure de fertilité qui prend beaucoup de temps et qui induit souvent du stress jusqu’à la dépression. Mais quel est l’impact de ce stress sur le succès de la FIV ? L’équipe de Boston a évalué les effets de l'anxiété et de la dépression chez les hommes sur la fertilité et les résultats de la FIV. Les conclusions confirment l’absence de corrélation entre l’anxiété, la dépression, et quelle que soit l’utilisation des antidépresseurs, sur les résultats de la FIV ou sur le taux de naissance vivante.

L’étude analyse les données d’une enquête menée auprès de 222 hommes ayant participé à une FIV dans entre septembre 2018 et décembre 2022. Leur niveau de dépression a été évalué avec l’échelle HADS (Hospital Anxiety and Depression Scale). Les participants ayant obtenu un score de 8 ou plus ont été considérés comme souffrant respectivement d’anxiété ou de dépression. Les chercheurs ont ensuite évalué la corrélation entre ces problèmes de santé mentale et les résultats de la FIV et les taux de naissance vivante, ainsi que différents paramètres de la santé du sperme, la prévalence de la dysfonction érectile ou d’une baisse de libido chez ces participants. L’analyse révèle que :

 

  • 22 % des répondants souffraient d’anxiété et 6,5 % de dépression ;
  • l’absence de différence notable dans les taux de naissances vivantes entre les personnes anxieuses et non anxieuses ;
  • cependant, les hommes anxieux présentent, en moyenne, un nombre total de spermatozoïdes mobiles plus faible ;
  • les résultats de la FIV et les taux de naissance vivante ne semblent pas affectés par l'utilisation d'antidépresseurs ;
  • aucun résultat statistiquement significatif n’est relevé, concernant la dysfonction érectile ou une baisse de libido.

L’étude tranche ainsi un débat de longue date chez les spécialistes de la fertilité

sur la prescription d'antidépresseurs pendant la FIV en raison du risque d’impact possible sur la fertilité. Cependant, précisent les auteurs, le stress peut modifier les niveaux d’hormones, conduisant parfois à

« un hypogonadisme hypogonadotrope, caractérisé par une réaction par laquelle le cerveau dit à nos organes reproducteurs de s'arrêter parce que nous sommes trop stressés pour concevoir ».

Ainsi, même si les médicaments contre l’anxiété peuvent nuire à la fertilité, le stress aussi. Étant donné que la FIV est naturellement stressante, ces résultats soulignent l’importance de donner priorité à la santé mentale des patients pendant le traitement de fertilité.

 

L’équipe va poursuivre ses recherches sur les facteurs pouvant influencer les chances de succès des traitement de fertilité, notamment en évaluant les niveaux d’hormones des patients tout au long du traitement de fertilité afin de mieux comprendre comment le stress affecte la FIV et les résultats de naissance.

 

Enfin, la recherche souligne l'importance de dépister les patients pour des problèmes de santé mentale avant de commencer la FIV.