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DÉPRESSION : La perte d’astrocytes en cause ?

Actualité publiée il y a 5 mois 3 semaines 3 jours
Frontiers in Psychiatry
L'étude identifie un lien entre la dépression majeure et un tout petit groupe de cellules du cerveau qui soutiennent la fonction neuronale, les astrocytes (Visuel Adobe Stock 121451850)

Cette recherche de neurologues de l'Université McGill identifie un lien entre la dépression majeure et un tout petit groupe de cellules du cerveau qui soutiennent la fonction neuronale : ainsi, les chercheurs identifient des différences de composition cellulaire du cerveau chez les adultes déprimés décédés par suicide par rapport à des personnes en bonne santé mentale. La découverte, présentée dans la revue Frontiers in Psychiatry, qui met à nouveau en avant le rôle clé des astrocytes, laisse espérer des options de traitement mieux ciblées.

 

La dépression clinique, provoque un sentiment persistant de tristesse et de perte d'intérêt, menant à différents troubles émotionnels et physiques graves. Avec approbation du comité d'éthique canadien, l'équipe de l'Institut Douglas (Université McGill) a pu analyser des cerveaux post-mortem pour préciser le rôle des astrocytes dans la dépression.

C’est ainsi que l’équipe identifie une nouvelle cause physiologique possible de la dépression clinique, un nombre réduit d'astrocytes, mis en évidence par la coloration de la protéine vimentine, dans de nombreuses régions du cerveau chez les adultes déprimés. L’auteur principal, Naguib Mechawar, professeur au Département de psychiatrie rappelle : « Ces cellules en forme d'étoile sont essentielles car elles soutiennent le fonctionnement optimal des neurones cérébraux. Nos résultats confirment les conclusions de précédentes recherches qui impliquaient déjà les astrocytes dans la pathologie de la dépression ».

Astrocytes identiques, mais beaucoup moins nombreux

Cette analyse des astrocytes dans le cerveau de personnes décédées par suicide et pour d’autres causes, a utilisé la coloration à la vimentine qui permet d’obtenir une vision claire et complète de la structure cellulaire. À l'aide d'un microscope, les chercheurs ont compté le nombre d'astrocytes dans des coupes cérébrales transversales et ont pu ainsi estimer combien il y en avait dans chaque zone du cerveau. Les scientifiques ont également analysé la structure 3D de plus de 300 astrocytes individuels. Cette analyse post-mortem révèle qu’avec la dépression,

  • bien que le nombre d'astrocytes diffère, les cellules conservent une structure similaire à celle des astrocytes de sujets en bonne santé psychiatrique.

 

La dépression pourrait ainsi être liée à la composition cellulaire du cerveau. La bonne nouvelle, écrivent les chercheurs, est que le cerveau humain adulte produit continuellement de nombreux nouveaux astrocytes. Donc il devrait être possible de renforcer cette fonction naturelle et vérifier si cela permet d’améliorer les symptômes chez les personnes déprimées.

 

« Neutraliser la perte d'astrocytes dans la dépression», c’est une toute nouvelle piste thérapeutique, alors qu’aucun antidépresseur n'a encore été développé pour cibler ces cellules directement. Les auteurs rappellent néanmoins l'action antidépressive rapide de la kétamine, une option de traitement relativement nouvelle, et qui justement, corrige les anomalies astrocytaires.

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