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DIABÈTE : L'exercice gomme les dommages vasculaires du diabète

Actualité publiée il y a 2 mois 1 semaine 4 jours
Faseb Journal
Une seule séance d'exercice suffit à relancer ce processus d’angiogenèse (Visuel Adobe Stock 354922124).

Ce sont de toutes nouvelles preuves de la façon dont l'exercice peut contrer les dommages du diabète qui nous sont présentées par cette équipe d’angiologues du Medical College of Georgia at Augusta University : ces scientifiques révèlent que l'exercice physique peut contrer les dommages du diabète en favorisant l'activation d'un système naturel d’angiogenèse ou développement de nouveaux vaisseaux sanguins- indispensable lorsque les vaisseaux existants ont été ravagés par la maladie. Ces conclusions, publiées dans le Faseb Journal, confirment qu’une seule séance d'exercice suffit à relancer ce processus d’angiogenèse.

 

L'angiogenèse est la capacité à former de nouveaux vaisseaux sanguins, et le diabète non seulement endommage les vaisseaux sanguins existants, mais entrave cette capacité innée, rappellent ces experts du Centre de biologie vasculaire. Leur étude révèle qu’1 séance d’exercice d'intensité modérée de 45 minutes permet à plus d'exosomes, des vésicules microscopiques remplies de substances biologiques actives, de livrer directement aux cellules endothéliales plus d’une protéine, ATP7A, qui déclenche l'angiogenèse. Les cellules endothéliales tapissant nos vaisseaux sanguins et sont essentielles à la croissance de ces nouveaux vaisseaux sanguins.

L’exercice relance la croissance vasculaire

L'étude, menée in vitro, in vivo, et sur un petit groupe de patients diabétiques, par les Drs Tohru Fukai et Masuko Ushio-Fukai, biologistes vasculaires et cardiologues est centrée sur les exosomes. Les auteurs rappellent que ce que ces vésicules microscopiques transportent dépend d'où elles viennent et où elles vont. Certains exosomes livrent une cargaison spécifique aux cellules endothéliale. L’équipe montre :

 

  • que les niveaux d'ATP7A sont réduits dans le diabète. Les exosomes circulant dans le plasma de modèles de diabète de type 2 altèrent réellement l'angiogenèse ;
  • à la fois sur un modèle animal de diabète de type ayant pratiqué durant 2 semaines la course sur une roue et chez un petit groupe de participants cinquantenaires ayant pratiqué une séance de cardio, que ces séances d’exercice ont fait grimper les niveaux de protéine ATP7A dans les exosomes qui « livrent » aux cellules endothéliales ;
  • l'exercice physique incite les muscles à se contracter, ce qui provoque à son tour la libération d'exosomes dans le sang ;
  • si cette activité n'a pas eu d'impact significatif sur le poids des souris, elle a suffi à augmenter un marqueur de la fonction endothéliale et des facteurs tels que le facteur de croissance endothélial vasculaire nécessaire à l'angiogenèse ;
  • l’exercice a également augmenté les niveaux d’un antioxydant naturel, le superoxyde dismutase extracellulaire ou SOD3, alors qu’ATP7A est également connue pour fournir le cuivre minéral essentiel aux cellules, essentiel pour faire bon usage de cet antioxydant…

 

SOD3 un antioxydant naturel clé pour le système vasculaire : SOD3 est produit par les cellules musculaires lisses vasculaires dans les parois des vaisseaux sanguins ainsi que par les cellules musculaires squelettiques et nous aide à maintenir des niveaux sains d'espèces réactives de l'oxygène, ou ROS. Les ROS sont un sous-produit naturel de notre utilisation de l'oxygène qui est un signal cellulaire important, permettant une variété de fonctions. Or, dans le diabète, des niveaux élevés de sucre dans le sang entraînent des niveaux élevés de ROS, ce qui réduit ou inhibe des fonctions de base importantes.

 

Des exosomes synthétiques mimétiques de l’exercice ? C’est la piste ouverte par ces scientifiques, visant avec de tels exosomes où SOD3 est surexprimée, à améliorer la capacité des patients à développer de nouveaux vaisseaux sanguins lorsque le diabète a endommagé leur capacité innée. Les exosomes sont plus généralement une piste très étudiée, en tant que biomarqueurs pour un large éventail de maladies telles que le cancer et le diabète,

ainsi que comme outils précis de délivrance de traitements.

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