DMLA : Bientôt un vaccin à ARNm intramusculaire
Cette équipe de pharmacologues et de biologistes de l’Institute of Science Tokyo (Science Tokyo) a développé un candidat vaccin à ARNm prometteur pour le traitement de la dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA), la principale cause de perte de vision dans le monde. Administré par injection unique par voie intramusculaire, ce vaccin présenté dans la revue Vaccine, offre une alternative pratique aux injections oculaires fréquentes, douloureuses et inconfortables pour les patients atteints de DMLA.
La dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA) touche près de 200 millions de personnes dans le monde. C’est l’une des principales causes de perte de vision chez les plus de 60 ans. Sa forme humide, est causée par la croissance de vaisseaux anormaux dans l'œil, une affection appelée néovascularisation. Ces vaisseaux sanguins laissent s'écouler une accumulation de liquide dans la rétine, ce qui entraîne progressivement une perte de vision en l'absence de traitement.
Actuellement, le seul moyen de ralentir ce processus est l'injection régulière de médicaments anti-angiogéniques qui arrêtent la formation de vaisseaux sanguins directement dans l'œil. Cependant, ces médicaments doivent être injectés régulièrement, et certains patients ne répondent plus au traitement.
Un vaccin à ARNm prometteur contre les maladies oculaires néovasculaires
L'étude préclinique, menée chez la souris modèle de DMLA, apporte les premières preuves de la capacité du candidat vaccin à ARNm à inhiber la croissance anormale des vaisseaux sanguins rétiniens. Ce vaccin, administré par voie intramusculaire démontre chez l’animal :
- une efficacité comparable aux traitements actuels par injection oculaire, tout en offrant une alternative moins invasive ;
- précisément, une forte suppression de la néovascularisation rétinochoroïdienne ;
- après seulement 2 injections intramusculaires administrées à 14 jours d’intervalle, les différents modèles (DMLA « naturelle » et DMLA induite) ont développé une forte réponse immunitaire qui a significativement réduit la croissance anormale des vaisseaux sanguins dans la rétine ;
- les effets étaient visibles dès la semaine suivant la première dose
- au 21e jour, le modèle de néovascularisation induite par laser présente déjà
- une réduction de 85 % des écoulements et de 82 % de la taille des lésions ;
- quant au modèle de DMLA naturelle, la taille des lésions a diminué de 55 % au 28e jour.
Le potentiel remarquable de l'ARNm comme plateforme vaccinale a été mis en lumière par la pandémie COVID, rappellent les scientifiques : « nous avons donc cherché à étendre son utilisation au-delà des maladies infectieuses et du cancer, aux affections oculaires chroniques. À notre connaissance, il s'agit de la première étude démontrant qu'un vaccin à ARNm peut supprimer la néovascularisation pathologique ».
Les vaccins à ARNm contiennent des instructions permettant à l'organisme de produire des anticorps contre les agents infectieux. Dans ce cas précis, le vaccin délivre de l'ARNm codant pour l'alpha-2-glycoprotéine 1 riche en leucine (LRG1), une protéine connue pour favoriser l'angiogenèse et présente en concentrations élevées chez les patients atteints de DMLA. L'organisme produit alors des anticorps qui se lient spécifiquement à LRG1 et l'inhibent.
- Enfin, le candidat vaccin se confirme sûr : il ne perturbe pas la croissance normale des vaisseaux sanguins, n’endommage pas le tissu rétinien et ne déclenche pas de réactions immunitaires nocives dans d’autres organes.
Contrairement aux traitements conventionnels nécessitant des injections intravitréennes répétées, ce vaccin pourrait offrir des bénéfices à long terme
avec une seule dose intramusculaire, réduisant ainsi potentiellement la charge thérapeutique pour les patients.
Son efficacité doit encore être confirmée chez l’Homme.
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