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DMLA humide : Un réservoir thérapeutique implanté plutôt que des injections répétées

Actualité publiée il y a 4 mois 1 semaine 3 jours
Ophtalmology
Ce dispositif de réservoir de médicament implantable va permettre de supprimer en toute sécurité les injections chez les personnes atteintes de dégénérescence maculaire liée à l’âge

Ce dispositif de réservoir thérapeutique implantable pourrait permettre de supprimer en toute sécurité les injections chez les personnes atteintes de dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA), promet cette équipe de la Johns Hopkins Medicine. Un confort et un gain de temps important pour les patients qui pourront ainsi espacer les visites à la clinique.

 

La forme la plus courante de dégénérescence maculaire liée à l’âge est la DMLA « sèche », qui entraîne une perte de vision progressive. Certaines personnes développent une DMLA « humide », caractérisée par le développement de vaisseaux sanguins fragiles alors que le corps tente de réparer la macula endommagée. Chez ces patients, l'accumulation de débris dans la rétine déclenche la surproduction d'un facteur de croissance appelé facteur de croissance endothélial vasculaire (VEGF). Cette surproduction stimule la prolifération des vaisseaux sanguins qui coulent, provoquant un gonflement et, le cas échéant, des cicatrices sur la rétine. Tout comme l’effet de l'eau sur des fils électriques, le processus interfère avec le réseau de neurones qui permet la vision et cette interférence induit un flou dans la vision.

Délivrer le médicament en continu dans les yeux

L’essai clinique, mené auprès de 220 patients âgés en moyenne de 74 ans, atteints de DMLA humide, multisites (49 sites), avec un suivi de 2 ans, apporte la preuve de sécurité et d’efficacité de cette nouvelle technologie d'implant qui permet de délivrer des médicaments en continu dans les yeux. Si le dispositif montre ici sa capacité à maintenir la vision, les chercheurs précisent que des recherches restent nécessaires sur des groupes de patients plus importants, avant que l'implant puisse recevoir son autorisation de mise sur le marché.

 

Des avantages significatifs par rapport au traitement actuel : les traitements actuels, par injection, nécessitent des visites fréquentes chez le médecin, généralement toutes les 4 à 6 semaines. « De plus, les rendez-vous manqués, qui sont fréquents, peuvent entraîner une baisse irréversible de la vision », explique l’auteur principal, le Dr Peter Campochiaro, Professeur d’ophtalmologie au Wilmer Eye Institute de Johns Hopkins. L’essai montre que l'implant ne nécessite qu'une visite à la clinique et un remplissage tous les 6 mois.

 

Un réservoir à délivrance continue plutôt que des injections : Bien qu'aucun traitement ne soit disponible pour guérir la maladie, plusieurs médicaments suppriment le VEGF et ralentissent la progression de la maladie lorsqu'ils sont injectés directement dans les yeux. Les traitements permettent de préserver la vision centrale mais de manière temporaire, en partie parce que l'effet des médicaments n'est pas durable. Même les injections mensuelles peuvent entrainer des fluctuations relativement rapides de gonflement de la rétine et donc de la vision. Le principe du réservoir implanté permet de maintenir des taux de médicament plus stables. Le réservoir est implanté dans les yeux du patient par une petite incision et libère -dans l’essai 10 à 100 milligrammes par millilitre- de médicament au fil du temps. Et lorsque le réservoir est implanté, les médecins peuvent le recharger en médicament sans le retirer. L’étude montre que les patients dont le le réservoir contenait 100 milligrammes par millimètre de médicament n’ont besoin d’un remplissage que 15 mois après l’implantation. En plus d'améliorer la vue, la technologie s’avère sans danger pour les patients.

 

Des études sont prévues sur un groupe plus large de patients recevant des implants avec un réservoir contenant la dose de 100 milligrammes par millilitre. D’autres traitements qui suppriment durablement le VEGF, tels que la thérapie génique, font également l'objet d'essais cliniques. Ces résultats devraient être disponibles d'ici la fin de l'année.