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DMLA : Inhiber RUNX1 en plus de l’anti-VEGF supprime la néovascularisation

Actualité publiée il y a 1 année 3 mois 5 jours
The American Journal of Pathology
Le facteur de transcription 1 lié à Runt (RUNX1) a déjà été lié à la néovascularisation rétinienne et au développement de vaisseaux sanguins anormaux responsables de la perte de vision (Visuel The American Journal of Pathology)

La dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA) est devenue la principale cause de cécité chez les personnes âgées dans le monde. Il existe un traitement par anti-facteur de croissance endothélial vasculaire (anti-VEGF) qui permet de ralentir la perte de la vision et, dans de rares cas de la maintenir. Cette nouvelle approche thérapeutique pourrait contribuer à traiter encore plus efficacement la DMLA : il s’agit, en plus du traitement par anti-VEGF d’inhiber un gène identifié comme impliqué dans la néovascularisation rétinienne. Ces travaux, présentés dans l’American Journal of Pathology identifient ainsi une cible thérapeutique prometteuse qui va contribuer à surmonter les limites du traitement actuel.

 

Le facteur de transcription 1 lié à Runt (RUNX1) a déjà été lié à la néovascularisation rétinienne et au développement de vaisseaux sanguins anormaux responsables de la perte de vision dans la rétinopathie diabétique. Ces scientifiques de l’University Hospital (Spain), formés à l’Institute of Mass Eye and Ear, Department of Ophthalmology, Harvard Medical School (Boston) viennent de découvrir que l'inhibition de RUNX1 est une approche thérapeutique prometteuse aussi dans le traitement de la DMLA.

Une nouvelle approche thérapeutique combinée

La croissance anormale des vaisseaux sanguins, ou angiogenèse aberrante, provient de la choroïde, une partie de l'œil située derrière la rétine. La néovascularisation choroïdienne est ainsi présente dans plusieurs maladies oculaires qui conduisent à la cécité comme la DMLA. Inhiber RUNX1 seul ou en combinaison avec un traitement standard pourrait donc représenter une avancée thérapeutique importante dans le traitement de plusieurs maladies oculaires.

 

Compléter la réponse aux anti-VEGF est un besoin critique pour de nombreux patients atteints de DMLA, explique l’auteur principal, le Dr Lucia Gonzalez- Buendia, spécialiste de la rétine à l'hôpital universitaire Puerta de Hierro-Majadahonda (Espagne). Les chercheurs ont induit des lésions de type néovascularisation choroïdienne chez la souris puis l’ont traitée immédiatement avec une injection intravitréenne de solution saline d'aflibercept (un traitement anti-VEGF approuvé) et d’inhibiteur de RUNX1. La solution permet de réduire de manière significative la taille des lésions en 7 jours. La combinaison réduit les fuites vasculaires plus efficacement que l’anti-VEGF seul.

 

Les inhibiteurs de RUNX1 sont très prometteurs pour compléter (ou remplacer) les thérapies anti-VEGF chez les patients réfractaires au traitement anti-VEGF seul : RUNX1 est détecté dans tous les types de cellules étudiées impliqués dans la pathogenèse de la néovascularisation choroïdienne, ce qui suggère que son inhibition va cibler efficacement non seulement l'angiogenèse, mais également d'autres processus importants dans la pathogenèse de la néovascularisation, tels que l'inflammation et la fibrose. Cet impact vaut sur une grande variété de maladies oculaires, notamment la DMLA, la rétinopathie diabétique, la rétinopathie de la prématurité, les occlusions veineuses rétiniennes et d'autres maladies angiogéniques de l'œil.

 

Selon les auteurs, l'inhibition de RUNX1 présente une approche unique pour le traitement de la DMLA qui doit être rapidement testée par des essais cliniques. D’autant que le traitement actuel de la DMLA s’il a le mérite d’exister est invasif et perd de son efficacité avec le temps. Les patients reçoivent de multiples injections de médicaments anti-VEGF dans l'œil.

 

Environ la moitié de tous les patients rapportent un liquide rétinien persistant provenant de vaisseaux sanguins qui fuient malgré ce traitement chronique, ce qui représente un handicap important pour ces patients- ainsi que pour le système de santé.

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